Suite au discours du Président en réponse aux gilets jaunes

La crise des gilets jaunes : - crise économique, - crise démocratique. D’où vient-elle ? Comment répondre ?

Après le discours du président Macron, et d’évidence, la question se pose :

E. Macron combat-il réellement les Causes de la formidable crise de civilisation que nous vivons (et que personne ne peut sincèrement limiter à une « crise des gilets jaunes ») de façon à maîtriser les Conséquences ? Ou bien décore-t-il d’une façon qu’il voudrait séduisante les Conséquences ?

Poursuit-il, consciemment ou non, l’œuvre de cette fabrique de la souffrance, fabrique dont nous constatons tous l’étendue ?

D’où vient cette crise ?

1/ Le retour vengeur de la finance :

Après les 30 glorieuses durant lesquelles ceux que l'on appellera par commodité « les riches » ont vu leur patrimoine écorné par la politique redistributrice du Conseil National de la Résistance, ces mêmes riches ont décidé de regagner le terrain perdu par le jeu des déductions, allègements, exonérations de cotisations ou d'impôts. Les gains de productivité, qui n’ont pas été compensés par une baisse du temps de travail, ont créé un chômage de masse. Les délocalisations l’ont encore aggravé. La concurrence fiscale, empêchant soi-disant d'investir, a entraîné des baisses d'impôt. État et salariés ainsi appauvris n'avaient plus qu'à emprunter, creusant la dette qui était invoquée pour aggraver encore l’austérité. Ce cercle vicieux économique a été gravé dans le marbre des traités européens.

2/ Notre système institutionnel :

Une constitution adoptée il y a 60 ans, en pleine guerre civile, donne au président de la république un pouvoir souverain. Un parlement aux ordres, avec une majorité absolue présidentielle, grâce au financement pervers des partis par les dons privés (qui avantage les donateurs les plus aisés par le jeu des déductions fiscales), et grâce à la possession des principaux médias qui très souvent ont le pouvoir de faire et défaire les élections.

Que répond le pouvoir ?

- Sur les inégalités monstrueuses générées par le capitalisme financier : rien ou peu s'en faut : il n'augmente pas le smic mais la prime d'activité, groupant en une fois ce qui était prévu en 5 ans et n'intéresse que 27% des smicards. Sur les minima sociaux, rien. Sur la rééquilibration par le retour de l'ISF et sur la flat-tax, rien.

- Sur la crise écologique résultant des politiques financières prédatrices : RIEN de RIEN, même pas un mot.

- Sur la crise des institutions, rien. Ah si, le vote blanc (pour quand?). Mais sur la désespérance, le fait de n'être ni reconnu ni représenté, générateur de cette colère qui répond à la violence sociale. Rien.

- Sur une éventualité d'inflexion des « réformes » à venir, rien, si ce n'est une consultation sans contours. Les résultats des consultations précédentes (loi travail, SNCF) ne rendent pas optimistes.

Que propose Nouvelle Donne ?

- un plan climat financé par l’Europe et constituant un projet fédérateur et enthousiasmant : une nouvelle agriculture, un plan d'isolation des bâtiments, une politique cohérente des transports, etc. Avec une création d’emplois massive et pérenne.

- une réforme constitutionnelle avec représentation proportionnelle, référendum d’initiative populaire, tirage au sort des représentants, non cumul strict des mandats, …

- un partage du temps de travail, travailler moins pour travailler tous, semaine de 4 jours, pour achever de réduire le chômage…

- une régulation de la finance : séparation des banques, taxe TOBIN, refonte totale de la politique fiscale, la suppression du verrou de Bercy…

- la lutte contre les paradis fiscaux… etc.

- l’instauration, étape par étape d’un revenu citoyen inconditionnel, associé à une réforme fiscale, tel que défini dans notre programme…

 

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