Usine des 1000 vaches : un choix de société


La ferme-usine des 1000 vaches est devenue un symbole : celui de l’industrialisation de l’agriculture. Un élevage démesuré, voué à alimenter un méthaniseur sur-subventionné, du lait écoulé à prix cassé qui conduit à la faillite les exploitations voisines. Au-delà de l’usine des 1000 vaches, c’est toute l’agriculture que les politiques actuelles poussent à l’industrialisation, et donc à la disparition des paysans.

Hélas, au lieu de lancer un débat de fond et d’organiser une transition rapide vers un nouveau modèle plus durable et plus humain, le gouvernement cède aux lobbies productivistes : fin 2013, entre Noël et nouvel an, le gouvernement a publié un décret permettant de construire des porcheries accueillant jusqu’à 2.000 truies sans enquête publique donc sans étude d’impact. Sur l’usine des 1.000 vaches, le Ministre de l’Agriculture dit qu’il est hostile au projet mais il laisse faire l’industriel qui le conduit !

Pour faire cesser ce scandale, pour alerter les citoyens et susciter le débat, des militants de la Confédération Paysanne ont investi le chantier de la ferme-usine des 1000 vaches le 25 mai au matin pour démonter la salle de traite. Ils n’ont commis aucune violence. Aucune dégradation si ce n’est le démontage de quelques éléments de la salle de traite.

Manifestation contre le projet des 1000 vaches Manifestation contre le projet des 1000 vaches

 

Ce jour-là, en début d’après-midi, Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération, est mis à terre par les services de sécurité de Stéphane Le Foll alors qu’il apportait tranquillement des pièces de la salle de traite au Ministre.

En fin d’après-midi, alors qu'il se rendait à Abbeville pour soutenir les quatre paysans gardés à vue depuis le matin, Laurent Pinatel a été violement interpellé en gare d'Amiens et placé en garde à vue pour recel aggravé.

Nouvelle Donne s'indigne de ces méthodes : la répression de l'action syndicale ne peut être la réponse des pouvoirs publics face à la légitime indignation des paysans.

A la veille du procès des neuf militants de la Confédération paysanne, Nouvelle Donne demande à la Garde des Sceaux, Christiane Taubira, de rappeler publiquement et solennellement son attachement aux libertés syndicales et à la protection des lanceurs d’alerte.

Nouvelle Donne demande instamment au gouvernement d’organiser enfin un débat national permettant de clarifier le modèle agricole vers lequel nous souhaitons aller : une agriculture paysanne, plus riche en emplois, capable de fournir des produits de qualité en limitant les pollutions et les intrants couteux en énergie. Une agriculture qui respecte le travail humain, le bien-être des hommes et des femmes au travail. Une agriculture qui protège la biodiversité, respecte le bien-être animal et respecte les sols. Une politique agricole qui respecte aussi le principe de souveraineté alimentaire de tous les peuples de la planète.

Pour prouver notre solidarité avec la Confédération paysanne, soyons le plus nombreux possible devant le palais de justice d’Amiens le mardi 1er juillet de 8 heures à 15 heures.

Isabelle ATTARD et Pierre LARROUTUROU, co-présidents de Nouvelle Donne

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