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Billet de blog 21 janv. 2015

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"Je suis Syriza!"

Discours de Liêm Hoang Ngoc lors du meeting de soutien à Japy le lundi 19 janvier dernier.

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Discours de Liêm Hoang Ngoc lors du meeting de soutien à Japy le lundi 19 janvier dernier.

Mes chers amis,

J’ai envie de dire pour commencer : grâce à Syriza, la gauche ne mourra pas ! Nous sommes tous conscients qu’une victoire de Syriza ouvrirait de nouvelles perspectives en Grèce et en Europe. C’est sans doute pourquoi les tenants de la pensée unique prête à nos camarades grecs les pires intentions. Avant même le résultat des élections, la Grèce est déjà sommée de respecter ses engagements auprès de la Troïka.

Or l’action de la Troïka souffre de nombreuses zones d’ombres, mises en lumière par le rapport d’enquête du Parlement européen. Notre rapport montre notamment que l’intervention de la Commission et  de la BCE au sein de la Troïka ne repose sur aucune base légale solide. Il souligne que la BCE a outrepassé ses prérogatives en se mêlant du budget des Etats et en privilégiant systématiquement les intérêts de la finance.

Cette absence de légitimité démocratique est d’autant plus grave que des désaccords manifestes entre le FMI, la BCE et la Commission sont apparus. Les mémorandums ont donc été imposés le pistolet sur la tempe aux Etats sans avoir auparavant été l’objet d’un débat dans le cadre de la méthode communautaire habituelle. Le Parlement européen n’a jamais été consulté. C’est en réalité à la BCE et à l’Eurogroupe, instance informelle, où la voie de l’Allemagne prédomine, que les décisions les plus controversées ont été prises.

Trois exemples montrent qu’on aurait pu faire autrement :

Premièrement, la dette grecque aurait pu être restructurée immédiatement pour éviter l’impact récessif d’une austérité budgétaire trop brutale. Telle était la position du FMI. Malheureusement, l’Allemagne, la France et M. Papandréou lui-même se sont opposés à cette restructuration car les banques françaises, allemandes et grecques refusaient de prendre des pertes. Du coup, la combinaison d’une austérité budgétaire brutale et d’une baisse des salaires (pudiquement appelée dévaluation interne) a plongé la Grèce dans une récession qui a amputé Le PIB de 25% en quatre ans.

Deuxièmement, lorsque que la situation était devenue intenable, la restructuration fut mise en œuvre en 2012. Elle n’est intervenue qu’après que La BCE ait racheté 34 milliards de dette grecque aux banques pour leur éviter de trop perdre. C’est pourquoi la BCE pourrait parfaitement prendre ses pertes dans le cadre d’une nouvelle restructuration, jugée inévitable par le FMI.  Je souligne pour les initiés que cela équivaudrait à créer de la monnaie, et que cela  s’avèrerait particulièrement compatible avec le « quantitative easing » que la BCE s’apprête à lancer.

Troisièmement, la BCE s’est, depuis, forgé un « bazooka » permettant d’affronter la spéculation des marchés, en menaçant de racheter, le cas échéant, des titres souverains en quantité illimitée. Cette arme a malheureusement été dégainée trop tard, en septembre 2012, alors qu’elle aurait pu éviter la contagion au Portugal et à Chypre.

Mes chers amis,

Contrairement à ce qu’affirme la Troïka, la Grèce ne va pas mieux. La dette grecque était de 129% du PIB avant la mise en œuvre des memorandums. Elle culmine désormais à 177% du PIB. Le chômage, la pauvreté et les inégalités ont explosé.

Alors que la légitimité démocratique et le bilan économique de la Troïka sont précaires, les créanciers de la Grèce gagneraient à considérer avec sérieux les propositions faites par Syriza.

Syriza propose en premier lieu une restructuration de la dette d’un montant permettant de libérer 12 milliards d’euros pour appliquer un programme de relance, sans lequel la dette continuera d’exploser.

C’est pourquoi Alexis Tsipras propose, en second lieu, d’augmenter le pouvoir d’achat pour soutenir la reprise, et d’indexer le remboursement de la dette sur la croissance.

Mes chers amis,

Ces propositions sont parfaitement réalistes.

Tout le monde regarde aujourd’hui la France … La France entendait réorienter la Construction européenne. Nombre d’électeurs de gauche ne comprendraient pas que François Hollande n’appuie pas les propositions de Syriza !

Je voudrai rappeler pour conclure que 60% de ceux qui ont voté « non » au référendum de 2005 étaient des électeurs socialistes. Il n’est pas improbable qu’ils disent dimanche soir : « Je suis Syriza » !

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