Rester là ! A les regarder ne rien faire.

Quatre jours de calme plat,
Une mer d’huile, 
Un peu miroir brûlant
Que même les goélands 
S’en sont réfugiés
Sous les voiles affalées
Pendant que nous l’étions 
Dans nos hamacs
Sous la toile de tente
Tendue sur le pont.
Pas un souffle
Pas un pet de vent
Même pas une vaguelette
Pour faire un clapotis
Sur la coque, pour la faire frémir
Pour son éternel amant
Qu’est l’océan.
Seule la radio de temps en temps
Déchirait ce silence pesant
Avec ce flot de nouvelles
Qui nous laissaient en querelle
Faisant de nos moments de ripailles
De véritables champs de batailles.
Nous laissant d’un seul coup
Loups des mers, 
Pour ce dernier tour de la terre
Que nous laisse l’air du temps.
Ou revenir là, sur terre
Profiter encore et encore
De leur manque de laïcité
De leurs inénarrables peurs
De ce savoir sans fin
Où leurs certitudes s’effritent
A ce doute qu’est la vie
Qui nous entoure
Où sans vergogne
On ne fait que nuire
A ce qui nous offre la vie.
Et où d’un seul coup 
Quoique je fasse
Je n’ai plus aucun doute
Sur ma culpabilité
Je ne suis qu’un criminel contre l’humanité
Me pardonneras tu
De vouloir aller aimer
Ce monde que j’ai tant aimé
De prendre le temps
De me faire pardonner
De n’avoir jamais rien fait
Pour apprendre à partager.
Profitant de l’ignorance des gens
Exploitant leurs faiblesses
Exploitant leurs peurs
Les privant de libertés
Dont ils n’ont que faire
Et où la violence 
Au regard de notre mépris mesuré
Reste toujours le rempart 
A nos intolérances
Comme des barbelés
Dans notre mémoire
Qui nous permettent de croire
Que l’on est mieux protégé
Alors que l’on ne fait que se déchirer.
Me laissant d’un seul coup
Ce spectacle atroce
De mon atelier en flammes
Comme un heureux coup du sort
Pour ce dernier rêve
Pour cette vie de rêve
Malgré leurs enfers forcés
Grâce à cette nature de rêves
Qui nous la offerte, 
Sur cette oasis de vie 
Qu’est cette jolie planète
Qui nous a permis 
De l’appeler Terre.
Nous, on est parti
Pour un tour de la Terre
Pour savoir 
Si l’on ne peux pas mieux faire
Que de rester là
A les regarder ne rien faire.

paslebout

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.