Un protocole différent contre le cancer…

 

Ce texte provient de la revue "Enquête de santé".

http://www.enquetesdesante.com/revue/index.html

Dossier : La prévention active du cancer

Qu’est-ce que le cancer ?

Le rôle central de la somathormone

«Il y a un siècle, la cause principale de mortalité était la pathologie virale. Elle était représentée par des maladies très diverses qui semblaient n’avoir aucun point commun. Le tétanos ne ressemblait pas à la diphtérie, qui ne ressemblait pas à la grippe. Et pourtant, ces maladies si dissemblables avaient un dénominateur commun : elles étaient provoquées par un virus, et on les fit disparaître par une méthode commune : la vaccination. 

Puis vint la pathologie microbienne qui était aussi représentée par des maladies très diverses apparemment sans lien : la pneumonie ne ressemblait pas à la septicémie, ni à la gangrène. Et pourtant, ces maladies si dissemblables avaient un dénominateur commun : elles étaient provoquées par un microbe, et on les fit disparaître par une méthode commune : l’antibiothérapie.

Puis le relais comme cause principale de mortalité et de morbidité a été pris par la pathologie dégénérative.

Cette pathologie dégénérative est elle aussi représentée par des maladies diverses, qui apparemment n’ont aucun lien : le cancer ne ressemble pas à l’artériosclérose, qui ne ressemble pas à la sclérose en plaques, à Alzheimer ou à la schizophrénie. Et pourtant, ces maladies ont un point commun : elles ne peuvent apparaître ou proliférer qu’en présence ou sous l’influence d’une hormone sécrétée par une glande du crâne : l’hormone de croissance. C’est une hormone nécessaire, comme son nom l’indique, pour que la croissance de l’individu s’effectue dans des conditions normales. Mais dès que la croissance est achevée, elle n’a plus d’utilité, mais continue néanmoins à être secrétée pendant des années, comme l’hormone ovarienne chez la femme après la ménopause. Or, cette hormone de croissance, devenue inutile chez l’adulte, favorise ou conditionne la survenue des principales maladies dégénératives. Cette sécrétion se réduit de plus en plus depuis la naissance pour se tarir d’elle-même chez l’individu âgé. On ne fait donc, en la tarissant, que faire ce que la nature fait spontanément».

Discours d’introduction du Docteur André Gernez, 1991, conférence internationale pour l’unité des sciences à Séoul.

 

Jacques Lacaze                                                                                            Le CyberKnife permet de traiter les tumeurs dans tout le corps

 

Docteur André Gernez

 

 

 

 

 

 

La prévention active du cancer : Mode d’emploi

Une véritable cure de... rajeunissement !

● • Dr Lacaze : «Il faut passer à la prévention active telle que la propose Gernez»

28 ●• Protocole contre le cancer : plan de déroulement et ingrédients

Notre interview du Dr Jacques Lacaze, diplômé de cancérologie, collaborateur du Dr Gernez avec les Drs Pierre Delahousse et Jean-Pierre Willem, et président du Comité de défense et d’Information sur le cancer (CDIC)

Dossier réalisé en étroite collaboration avec le Dr Jacques Lacaze

Dès ses travaux sur le syndrome de Plummer-Vinson à la fin des années 40, le Docteur Gernez comprend qu’il faut intervenir avant l’apparition clinique d’un cancer. Et cette intervention peut se faire avec des moyens très simples et anodins. Il va alors se lancer dans un travail de réflexion et de recherche.

Les rayons, les infections chroniques, les produits chimiques, les carences en certains oligo-éléments, etc. : tout cela peut se retrouver à l’origine de cancers. Il fallait trouver le fil rouge qui reliait tous ces facteurs. La prévention active implique de connaître le mécanisme de survenue d’un cancer, la manière de contrecarrer l’éclosion de ce cancer, souligne le Docteur Jacques Lacaze, diplômé de cancérologie. Il fait partie des collaborateurs du Dr André Gernez avec les Drs Pierre Delahousse et Jean-Pierre Willem.

Et d’expliquer : «À partir de la remise en question de postulats classiques de la biologie: celui de double cycle cellulaire - concernant la division cellulaire -, et de l’adoption de nouveaux postulats : il y a deux types de cellules, les cellules génératrices et les cellules fonctionnelles ou ouvrières - que personne dans la communauté scientifique ne remet en question désormais - le Dr André Gernez a démontré le mécanisme de la carcinogénèse et de la cancérisation, puis il a proposé les principes d’une prévention active».

Pour comprendre tout d’abord le cancer et sa prolifération de cellules, il faut avant tout en connaître le fonctionnement.

Naissance et mort des cellules

Chaque organisme est constitué d’un ensemble de colonies cellulaires. Ces colonies, à potentiel mitotique (de division), disposent d’un patrimoine génétiquement déterminé et rigoureusement défini de cellules génératrices. Lorsque leur maturation adulte est effectuée, ce stock cellulaire se compose:

- de cellules fonctionnelles ;

- de cellules génératrices (que l’on désigne désormais sous le nom de cellules souches), en phase de repos mitotique constituant la réserve quiescente. Le stock de cellules génératrices est nanti d’un potentiel mitotique limité : environ 70 divisions.

«Sur ces 70 divisions cellulaires disponibles à l’étape initiale, 50 sont nécessaires pour construire l’individu de la conception à la naissance.. Il nous en reste 20 pour le restant de notre vie. Et quand toutes les cellules souches se sont divisées, il est temps de partir (hors pathologie bien sûr), ce qui veut dire que notre longévité maxima possible est limitée», souligne le Dr Lacaze.

Vers la stabilisation

Il faut distinguer la période embryonnaire (au cours de laquelle les cellules issues de l’oeuf fécondé, c’est-à-dire de la cellule initiale, se divisent) de la période adulte.

Durant la phase embryonnaire, la multiplication cellulaire est extrêmement intense : elle se fait selon une progression géométrique (2, 4, 8, 16, 32, et ainsi de suite) pour construire notre organisme.

À l’âge adulte, il existe des cellules souches dans tous les tissus, en proportion différentes selon ces tissus. Leur fonction est de renouveler les cellules fonctionnelles quand celles-ci disparaissent pour différentes raisons : arrivées en fin de vie, destruction par un processus infectieux, une irradiation, l’action d’un toxique etc…. Une cellule souche se divise alors en une nouvelle cellule souche et en une cellule fonctionnelle qui vient remplacer celle qui a disparu. Cela permet la stabilité des populations cellulaires : notre foie ne grossit pas jusqu’à trois tonnes, nous n’atteignons pas une taille démesurée «comme la Tour Eiffel», pour reprendre l’expression du Dr André Gernez.

La prévention active du cancer

Les travaux et recherches du Dr André Gernez, révolutionnnant la biologie cellulaire, lui ont permis de concevoir très tôt un protocole de prévention active contre le cancer. Comprendre comment survient un cancer donne la clé à sa prévention précoce. Explication.

À l’inverse, en matière de cancer, la cellule est perturbée et redevient une cellule avec une double fonction génératrice : les deux cellules filles sont génératrices et donnent à leur tour deux cellules filles génératrices, et ainsi de suite. Le cancer s’accroît ainsi suivant une progression géométrique (1, 2, 4, 8, 16, 32, 64...). C’est la courbe de Collins. La cellule cancéreuse reprend les caractéristiques des cellules embryonnaires. Mais pourquoi ?

La réserve est épuisée

La carcinogénèse est une hyperplasie compensatrice du pauvre, explique le Dr André Gernez. Le pauvre, c’est la population cellulaire : parce qu’elle a vieilli, parce qu’elle a été altérée par des produits chimiques, parce qu’elle a été en partie détruite par les virus, par une amputation ou autre. En résumé, par tout processus cytolique (tueur de cellules). La population cellulaire, pour reprendre l’image du Dr Gernez est une armée décimée qui, pour combler les vides, fait appel à des cellules tarées qu’elle éliminait auparavant. Il n’y a plus de divisions cellulaires, la réserve blastique est épuisée. Il s’agit de cette réserve silencieuse que nous évoquions au deuxième chapitre, constituée de cellules embryonnaires. Elles sont stimulées tout naturellement de façon homéostatique par les facteurs de croissance de la somathormone, secrétée par l’hypophyse, dès qu’un tissu est en état de faiblesse afin de les y intégrer.

8 ans et 3 mois

Bien sûr, le processus de cancérisation met du temps. Pour le cancer du sein par exemple, entre l’apparition de la première cellule et le premier nodule senti au niveau du sein par la femme ou son médecin, il se produit 8 ans et 3 mois. Cette première cellule se divise, dans l’année qui suit sa naissance, quatre fois pour la majorité des cas. D’une cellule, cela passe donc à 16 au bout d’un an, 256 à la fin de la deuxième année, et ainsi de suite.

 Sur les cellules souches...

Il n’existe pas deux fonctions pour une cellule (révision du dogme du double cycle cellulaire, voir ci-contre), mais deux types de cellules : les cellules génératrices et les cellules fonctionnelles. Une cellule génératrice donne une cellule génératrice et une cellule fonctionnelle qui travaille et qui meurt à l’issue de son travail. Tandis que la cellule génératrice donne une autre cellule génératrice et une autre cellule fonctionnelle qui mourra à son tour. Ce mode de fonctionnement permet l’homéostasie, c’est-à-dire le maintien dans sa fonction et dans son volume de tout le parenchyme. Dr Pierre Delahousse

 

La courbe de Collins

Le cancer atteint une masse de 1 milliard de cellules (soit un gramme ou 1 cm de diamètre) vers la 8ème année de son évolution, c’est alors qu’il est décelable. « Le cancer du poumon est lui décelable 11 ans après l’apparition de la première cellule, les sarcomes, 15 ans après, etc., » souligne le Dr Lacaze.

Et pendant ce temps-là, on n’a rien fait...

À la lumière de l’analyse des étapes de la cancérisation, la détection précoce du cancer s’avère insuffisante. Le stade de détection (1 milliard de cellules)  est bien trop éloigné du seuil d’irréversibilité (1 million de cellules). Il est possible d’agir bien avant : c’est le principe de prévention active telle qu’elle est proposée par le Docteur Gernez. Et il s’agit bien d’intervenir AVANT le stade de diagnostic clinique, comme il en avait eu l’intuition en 1949. •

 Le Dr André Gernez a construit le concept de cellules souches à la fin des années 40.

 Dr Jacques Lacaze : «Il était admis que la régénération de nos tissus se faisait selon le processus qui consiste à ce qu’une cellule différenciée, fonctionnelle se dé-différencie, se multiplie par mitose en se divisant en deux nouvelles cellules qui, elles, se re-différencient en deux cellules fonctionnelles. C’est ce qu’on désigne sous le nom de double cycle cellulaire. Ce mécanisme ne permettait pas d’expliquer le mécanisme de la cancérisation, ni l’ensemble des mécanismes qui se déroulent dans notre organisme. Par contre, si on postulait que les cellules qui se divisent et celles qui fonctionnent ne sont pas les mêmes - c’est l’image de la ruche où la reine est génératrice et engendre de nouvelles abeilles, tandis que les «ouvrières» sont stériles, fonctionnelles - alors on pouvait accéder à la construction du mécanisme de la cancérisation, ainsi qu’à celui des maladies dégénératives, et surtout à des solutions thérapeutiques, logiques, simples dans leur principe. C’est le travail qu’a fait Gernez durant plus de 20 ans pour le cancer. Il a construit un concept qui permet de penser les; cellules souches et les mécanismes biologiques.Depuis la fin du XXe siècle, plus personne - ou presque - ne conteste la réalité des cellules souches, y compris dans le cerveau.

En 1973, quand le Docteur Gernez a affirmé qu’il existait des cellules souches dans le cerveau, il a été critiqué d’une façon très virulente. Le numéro de février 2010 de la revue «Sciences et avenir» reprend quasi intégralement les conceptions gernéziennes, sans toutefois mentionner son nom».

 Révision d’un dogme... qui a permis d’expliquer le cancer

La somathormone (STH) ou hormone de croissance est l’une des sept hormones sécrétées par l’hypohyse. C’est elle qui stimule le rythme des divisions cellulaires de l’ensemble de notre organisme grâce aux facteurs de croissance qu’elle libère. Plus précisément, et c’est un point central : la STH stimule les divisions surtout au niveau des cellules quiescentes blastiques, c’est-à-dire embryonnaires. L’hormone de croissance est essentielle, comme son nom l’indique, pour la croissance. Elle devient inutile après qu’elle soit achevée, «mais elle continue à être secrétée pendant des années comme l’hormone ovarienne chez la femme après la ménopause », souligne le Dr André Gernez. «Or, cette hormone de croissance, devenue inutile chez l’adulte, favorise ou conditionne la survenue des principales maladies dégénératives». Dont le cancer. Pour rappel, ces maladies (cancer, artériosclérose, sclérose en plaques ou encore schizophrénie) ne peuvent apparaître ou proliférer qu’en présence ou sous l’influence de l’hormone de croissance. Et ce,  à cause de son rôle de stimulation de divisions, comme décrit ci-dessus. La solution : tarir la sécrétion de la STH.

 Bénin et sans effet secondaire

La corrélation positive entre entre l’hormone de croissance et la pathologie dégénérative aboutit donc à proposer le tarissement de cette hormone chez l’adulte à des fins de prévention et de traitement précoce de ces pathologies. «Cette sécrétion se réduisant de plus en plus depuis la naissance pour se tarir d’elle-même chez l’individu, on ne fait donc, en la tarissant, que faire ce que la nature fait spontanément», conclut le Dr Gernez. 

Mais comment tarit-on cette hormone de croissance ?

 Le rôle central de la somathormone

La DHEA ou DHA (Déhydroépiandrostérone) ou prastérone est une hormone stéroïdienne sécrétée par la zone réticulée du cortex de la glande surrénale.  Normalement présente dans l’organisme,  elle tend à décroître avec l’âge. La DHEA est réputée (même si son efficacité reste controversée) pour ses effets antivieillissement, et pourtant... Agissant comme une hormone de croissance, la DHEA va stimuler l’hypophyse, qui va elle faire ses divisions.

Pendant ce temps, on notera effectivement une embellie tissulaire, au niveau de la peau ou encore au niveau de la sexualité. Mais ces nombreuses divisions accélérées agissent de telle sorte que, très vite, le stock de cellules blastiques et de cellules tout court est épuisé. Les 70 divisions ont été faites. Autrement dit : on a réduit la longévité des souches cellulaires, et on a ainsi accéléré leur appauvrissement, risquant alors d’induire leur cancérisation.

«Cet effet n’est pas visible immédiatement, précise le Docteur Jean-Pierre Willem,  et c’est là son principal danger ; il ne peut être statistiquement perçu qu’après une ou deux décennies».

 

La DHEA, accélérateur de... vieillissement !

 Lexique :

Quiescent : Se dit d’un organe en repos, d’un processus temporairement arrêté dans son développement, d’une cellule vivante qui ne se multiplie pas.

Homéostasie : Processus physiologique permettant de maintenir certaines constantes du milieu interne de l’organisme (ensemble des liquides de l’organisme) nécessaires à son bon fonctionnement.

Hyperplasie : Prolifération anormale des cellules normales composant un tissu ou un organe.

Parenchyme : Ensemble des cellules constituant le tissu fonctionnel. Il s’agit d’un tissu fonctionnel (contrairement au tissu conjonctif, présentant les caractéristiques d’un organe).

Stéréotaxie : Méthode de repérage en trois dimensions de haute précision, principalement utilisée en neurologie et pour les tumeurs cérébrales.

 

Le CyberKnife permet de traiter avec précision les tumeurs dans tout le corps, et non simplement intracrâniennes. Une technique de radiochirurgie robotisée ultra-précise. Le 100e CyberKnife vient d’être installé en France, à Lille

Le procédé a été défini dans les années 70, dans le cadre du traitement des rétinopathies diabétiques.  La méthode consiste, pour obtenir une inhibition de l’hormone de croissance,  à l’inclusion, au cours d’une intervention stéréotaxique dite stéréo GIHF  (stéréo gammathérapie intersticielle hypophysaire frénatrice), d’une particule d’or 118 radioactive au niveau de la selle turcique. Une intervention bénigne et sans effets secondaires. Sachant que la suppression naturelle de l’hormone de croissance (l’organogénèse de toutes les populations cellulaires étant achevée) tout comme son tarissement chirugical ou radiothérapique ne s’accompagne d’aucun effet pathologique, immédiat ou retardé  (Linquette, Schaub, 1979). Et étant donné la corrélation positive entre l’hormone de croissance et la pathologie dégénérative (due à une hypersécrétion de la somathormone, que l’on retrouve également dans l’acromégalie et la rétinite diabétique), la thérapie proposée par le Dr Gernez consiste en un flash d’irradiation hypophysaire, réalisable au moyen d’un appareil conventionnel, ou élaboré (par exemple le Gamma Knife) au niveau de la selle turcique.

Très ciblée, cette brève irradiation inhibe sélectivement l’hormone de croissance, ne «s’attaquant» nullement aux autres stimulines. L’effet est acquis après une latence de 6 à 18 mois. C’est une des solutions thérapeutiquesproposées par le Dr Gernez contre les maladies dégénératives ; l’autre étant, dans le cadre précis du cancer, d’appliquer un protocole dit de prévention active à travers une cure annuelle (comme nous le verrons page 24).

 

Après le Gamma-Knife, le CyberKnife

 Si le Gamma-Knife se «limite» (ce qui est déjà pas mal) au traitement des tumeurs intracrâniennes, il existe aujourd’hui un système de radiochirurgie robotisé capable de traiter certes ces tumeurs dans le crâne, mais également dans tout le corps, avec des effets secondaires limités dit-on : il s’agit du CyberKnife. Il vient de fêter sa 100ème installation, et c’est en France,  à Lille précisément. Depuis son lancement dans le monde en 2002, le nombre de traitements extracrâniens  (notamment le rachis, le poumon, le foie, ou le pancréas) a ainsi doublé chaque année.  Plus de 30 000 patients ont déjà été traités ainsi dans le monde.n

 Le fonctionnement du CyberKnife

Le CyberKnife associe des techniques de guidage par imagerie à un accélérateur linéaire mobile monté sur un bras robotisé pouvant se déplacer, pour effectuer l’irradiation, dans trois dimensions en fonction du plan de traitement. Une technique de radiochirurgie qui permet de cibler très précisément la tumeur, épargnant ainsi les tissus environnants sains.

Cette haute technologie ne nécesite plus aucune immobilisation du corps du patient : le système est en effet capable de repérer et poursuivre la cible (la tumeur, donc) en temps réel, corrigeant automatiquement la position du robot en fonction des mouvements du patient (dûs à la respiration ou autre) ou des déplacements de la tumeur.

 

Une compétition se produit entre les cellules normales (orthoplasiques) et les cellules mutées (dysplasiques), explique le Dr Jacques Lacaze Dans l’immense majorité des cas, cette compétition se fait en faveur des cellules orthoplasiques. Il s’agit de favoriser dans la compétition cellulaire les cellules normales et de défavoriser les cellules anormales potentiellement cancéreuses.

Comment ? Par le biais d’une cure annuelle, renouvelable. «On a la certitude d’attaquer, dans sa toute première phase, un cancer éventuel en voie de formation, alors qu’il est très vulnérable parce qu’il ne compte qu’un nombre restreint de cellules. S’il survivait à la cure quelques cellules, elles seraient détruites l’année suivante».

Nous l’avons vu, le seuil de réversiblité du cancer étant de l’ordre de 106 cellules (1 million), celui-ci n’étant atteint que 5 à 6 ans après son début, un cancer en formation court ainsi 5 à 6 fois le risque d’être détruit par les cures annuelles, ce qui est une marge de sécurité très large, précise le Dr Lacaze. Cette cure consiste en une réduction alimentaire, une supplémentation en vitamines et oligo-éléments, une bonne oxygénation et la prise d’anticancéreux.

Évidemment, cette dernière, sous formulation et contrôle médicaux.

 

La restriction alimentaire

La première étape de restriction alimentaire, avec réduction des matières grasses, du sucre et du sel, implique une période de jeûne relatif qui permet de diminuer la sollicitation métabolique des cellules de l’organisme, mais surtout qui induit dans l’organisme un état d’acidose. 

«L’acidose constitue un état défavorable au développement de la cellule cancéreuse, l’alcalose contribuant à son éclosion». René Reding.

Otto Heinrich Warburg (prix Nobel de physiologie ou médecine en 1931), a été le premier à en faire l’observation et à l’expliquer, dans les années 20 : à partir d’un certain degré d’acidification, le cancer ne peut plus utiliser le sucre dont il est friand.

Ainsi que le précise bien le Dr Lacaze : «une acidose sanguine entraîne une alcalose des tissus qui, elle, peut être toxique. La solution mais par période pour concourir à éliminer les cellules mutées».

Concrètement, cette étape de restriction alimentaire correspond à la réduction d’un tiers de la ration alimentaire habituelle pour obtenir en trente jours une diminution de poids corporel de l’ordre de 3%. La perte de poids doit être limitée à 1% sur une période de deux semaines chez les personnes âgées de plus de 65 ans, avec renouvellement de la procédure six mois après (soit deux cures annuelles).

 La supplémentation

Certaines carences en vitamines favorisant la concurrence que les cellules anormales font aux cellules saines et favorisant donc le cancer, il est préconisé une supplémentation en vitamines C, D, B, ainsi qu’en magnésium, oligo-éléments, sélénium, bêta-carotène, etc. On y ajoutera également quelques milligrammes d’aspirine.

 

La prévention active contre le cancer :

 Mode d’emploi

Il faut savoir

"À chaque instant, il se produit au sein de chacune des colonies cellulaires qui constituent nos organes des altérations de la structure des chromosomes", explique le Dr Jacques Lacaze.

Les causes en sont multiples, des produits chimiques aux radiations ionisantes en passant par les carences alimentaires. La cellule agressée meurt, guérit ou subit une mutation, c’est-à-dire une lésion transmissible. Parmi les mutations ainsi induites, certaines peuvent altérer la régulation des mitoses. Dans l’immense majorité des cas, ces cellules mutantes ou la lignée qu’elles engendrent ne survivent pas. •••

 Une bonne oxygénation

Pour les personnes sédentaires, il est conseillé de pratiquer une activité physique quotidienne : une heure de marche en forêt, campagne, bord de mer, avec exercices respiratoires profonds.

L’intérêt de cette oxygénation ? On sait depuis longtemps que «s’il survient dans un tissu une cause quelconque qui le prive d’oxygène, les cellules capables de se nourrir par fermentation subsistent seules. De cette façon s’opère une sélection entre les cellules qui pourront non seulement continuer à vivre mais encore à se développer plus activement». Otto H. Warburg.

 

Or, ces cellules qui peuvent se passer d’oxygène en lui substituant une fermentation, ce sont les cellules cancéreuses. Les cellules saines sont tributaires, elles, de l’apport d’oxygène. Il faut donc favoriser cette oxygénation.

 Chasse terminale des micro-cancers

Durant les derniers jours de la cure, il est souhaitable de procéder à la destruction médicamenteuse directe des micro-cancers ayant pu survivre à la cure orthoplasiante par des produits anticancéreux, explique le Dr Jacques Lacaze. Cette purge des éventuels embryons résiduels de cancer encore réduits à un faible nombre de cellules (16 en moyenne à la fin de la première année, 1000 cellules au bout de trois ans) qui pollueraient encore les organes, complète le nettoyage de l’organisme.

Bien sûr, l’usage de ces médicaments se fait à très faible dose. Mais la technique doit se conformer au principe de synchronisation, qui consiste à bloquer les cellules en phase mitotique (de division, en phase de vulnérabilité) par un premier agent, et de donner les jours suivants un agent éradicateur.

L’agent de blocage des divisions cellulaires (dérivés de colchique, pervenche, etc.) est administré les deux premiers jours, l’agent d’éradication suit sans discontinuité les deux à quatre jours suivants.

L’hydrate de chloral est un agent faiblement anti-mitotique, mais comme cette action est proportionnelle au nombre de cellules, un agent faible est suffisant.

Combien de temps doit durer cette cure, quand doit-elle être effectuée,  qui s’adresse-t-elle ? Nous verrons tout cela ci-après. •

 

Préconisés

Les crucifères : chou, chou-fleur, chou rouge, brocoli (surtout ce dernier qui a une haute teneur en soufre, puissant anti-cancéreux) ; ail ;

persil ; préparations vinaigrées.

 

Autorisés :

Poissons maigres ; viandes maigres cuites au gril ; légumes

rouges, légumes cuits ; salades vertes ; crudités ; fromage blanc maigre ; yaourt nature (au lait de brebis de préférence).

 

À consommer avec modération :

Pain complet ; céréales complètes ; riz complet ; pâtes soupes de légumes peu salées ; lentilles ; pois ; oignons

; artichauts ; pommes de terre ; champignons ; fromages maigres non salés ; compotes non sucrées ; lait

écrémé.

 

 Interdits

Tous les aliments fumés ; gras (charcuterie, sauces, mayonnaise, vinaigrette, frites, chips) ; salés ; sucrés (pâtisseries, viennoiseries, glaces, confitures, sodas, limonades, chocolat) et les conserves, à l’exception des surgelés. Et bien sûr, les aliments comportant des colorants ou pesticides.

Exclure également

Côté cuisson : le barbecue et la surchauffe en auto-cuiseur.

Côté emballages : les présentations en plastique de contact et les barquettes en aluminium.

 

Les aliments

En plus de faire la guerre aux cellules cancéreuses (favorisant ainsi les lignées saines), cette cure annuelle constitue une véritable cure de désintoxication, voire de rajeunissement, grâce à une restriction alimentaire observée durant toute cette période.

 

Combien de temps ?

La cure doit durer suffisamment de temps. La majorité des cellules de l’organisme doit en effet avoir le temps de passer par une phase divisionnelle, s’effectuant ainsi dans des conditions spécifiquement anti-cancéreuses et permettant que l’action sur les cellules mutées puisse avoir lieu. Cette période correspond biologiquement à 40 jours.

 

Quand ?

La meilleure époque pour pratiquer la cure anti-cancer est le début du printemps (en mars préférentiellement) ou la fin de l’hiver.

 

À qui s’adresse-t-elle ?

D’après ce qui ressort de l’observation de la courbe de morbidité ci-dessus, elle est surtout indispensable aux hommes et femmes âgées de 35-40 ans à 70 ans.

Avant 35-40 ans, le risque de cancérisation est statistiquement

peu élevé (sauf dans des groupes prédestinés par leur métier, leur hérédité, etc.). Après 70 ans, la mortalité tend à diminuer au profit d’autres causes, que la cure combat aussi d’ailleurs, quoique non spécifiquement.

 

Ce qu’il faut éviter

Il faut éviter durant cette cure les facteurs susceptibles de favoriser les cellules cancéreuses.

En particulier :

- le don du sang, qui stimule les divisions cellulaires ;

- les traitements cortisoniques, pour la même raison (la cortisone

est utilisée durant la phase médicamenteuse) ;

- le tabac, qui diminue l’oxygénation ;

- tout aliment contenant des colorants ou des arômes de

synthèse, des conservateurs chimiques. n

1 - période de 25 jours de réduction alimentaire, avec apport (à dose habituelle) de vitamines, magnésium, sélénium et une petite dose d’acétylsalicylique (aspirine : 250 mg par jour). Peuvent être ajoutés : chrome, cobalt, silicium... Et une bonne oxygénation.

2 - période de 8 jours avec utilisation de colchichine (1 mg/jour), assurant le blocage des cellules en phase de division.

3 - période de 3 jours avec un produit qui relance la division cellulaire

(cortisone).

4 - période de 2 à 3 jours avec un anti-mitotique léger, par exemple : l’hydrate de chloral (500 mg 3 fois par jour).

 

Une véritable cure de... rajeunissement !

L’ hydrate de chloral : découverte du premier anti-cancéreux

«Au milieu des années 30, on a constaté, en Grèce d’abord, que les malades mentaux internés avaient un taux de cancérisation quasiment nul, tandis que les personnes non internées avaient le même risque de cancérisation que la population générale. Or, dans ces asiles, on utilisait un sédatif : l’hydrate de chloral. C’est un sédatif mineur, qu’on a découvert en 1902, et c’est ainsi le premier anti-mitotique, anti-cancéreux, découvert en même temps. Et c’est un anti-mitotique tellement léger, tellement faible, qu’il n’a pas été maintenu dans l’arsenal thérapeutique de la lutte anti-cancéreuse». Dr André Gernez.

L’hydrate de chloral a été retiré du marché en 2001, en France. «Pourtant, on avait la confirmation expérimentale humaine et non animale d’un produit d’une innocuité totale». Comme dit Claude Bernard : «Rien n’est poison, tout est poison. C’est la dose qui fait le poison».

 Estimation de l’incidence et de la mortalité par cancer en France de 1980 à 2005 (Source InVS)

 Les concepts et la théorie du Dr Gernez sont d’une importance primordiale, s’appliquant à de nombreux domaines comme le cancer, la sclérose en plaques, Alzheimer…, des maladies qui n’ont a priori rien à voir entre elles, mais ont un dénominateur commun. Pourquoi rencontre-t-on encore de nombreuses réticences ?

Le Docteur Gernez a simplement généralisé le mécanisme de division cellulaire et en a fait un mécanisme universel, sous le nom de néo-postulats biologiques, seul capable de rendre compte – outre la longévité maxima des individus – des mécanismes des pathologies dégénératives, en particulier neurologiques (schizophrénie, sclérose en plaques, maladie d’Alzheimer).

Quand on me pose la question des réticences des institutions scientifiques et médicales, j’évoque la conversation que j’ai eu en 1983, au moment où le ministre de la Santé du premier gouvernement Mauroy avait mis en place une concertation nationale sur le cancer, dont on a perdu la trace depuis… J’avais rencontré à cette occasion le directeur du Centre anti-cancers de Lille, le Professeur Demaille. À mes questions et propositions, il avait répondu, «nous ne le ferons jamais» (il parlait d’essais thérapeutiques), «et je vais vous en dire plus, nous, institution, ne le ferons jamais, car il y a trop d’intérêts personnels et matériels en jeu».

 Ce qui signifie ?...

Je pense qu’il faut que les découvertes soient économico-compatibles avec le capitalisme et donc le complexe médico-industrio-pharmaceutique... Puis il est quand même difficile d’admettre pour un grand nom de la science qu’il s’est «gouré» durant un demi-siècle. Il n’empêche que les emprunts aux théories et propositions de Gernez sont fréquentes, à commencer par la notion de cellules souches.

 

Le nombre de cancers ne cesse d’augmenter à une vitesse vertigineuse chaque année. Quelles en sont les raisons selon vous et que peut-on faire ?

Dans l’augmentation de l’incidence des cancers interviennent deux séries de causes principales. Les causes liées à l’environnement, à la pollution, à l’alimentation, aux conditions de vie et de travail, et les causes génétiques. Si les causes liées à l’environnement, peuvent être répertoriées, étudiées et faire théoriquement l’objet d’un processus d’élimination progressive, les causes génétiques ne sont pas accessibles à un tel processus de prévention et sont relativement stables.

Malheureusement, l’éradication des causes environnementales est un leurre. Non seulement elles sont peu ou pas éliminées, mais il s’en ajoute tous les jours. C’est pourquoi - sans baisser les bras dans la lutte contre les facteurs favorisant ou induisant des cancers - il faut passer à la prévention active telle qu’elle est proposée dans son principe par le Docteur Gernez. Alors qu’on nous annonce aujourd’hui deux cancers sur trois dans la population, il est temps d’agir maintenant.

 

Pourquoi rien n’est fait selon vous ?

On parle de santé, de système de santé. Les laboratoires pharmaceutiques se présentent comme des industries de santé. C’est d’une hypocrisie incroyable. Ce sont des industries de la maladie, qui prospèrent sur la maladie à telle enseigne qu’elle paient à prix d’or des «spécialistes» dont le travail consiste à inventer artificiellement de nouvelles maladies pour vendre de nouveaux médicaments. Ainsi la ménopause est devenue une maladie qu’il faut soigner d’urgence par des hormones… qui ont provoqué une épidémie de cancers du sein en particulier. L’arrêt d’utilisation de ces hormones de la ménopause a permis de réduire le nombre de cancers du sein….

Si le choix de société vise à mettre l’humain en tête des préoccupations

des pouvoirs publics, alors il faut exclure l’ensemble du système de santé de la sphère marchande. En faire par exemple un ensemble non lucratif et placé sous le contrôle des citoyens librement éclairés.

 En savoir plus

- «Le Scandale du siècle», DVD 1 et 2, Jean-Yves Bilien (Voir les films sur www.filmsdocumentaires.com ou les commander à l’adresse

suivante : Jean-Yves Bilien, BP 70, 47 240 Bon Encontre)

- «Néo-postulats biologiques et pathogéniques», «La carcinogénèse

- Mécanisme et prévention», «Le cancer - Dynamique et éradication», «Lois et règles de la cancérisation», trois mémoires formulés par André Gernez en 1969 et 1970.

- «Anticancer», David Servan-Schreiber, Éd. Robert Laffont, 2010

- Sur Internet : www.jacques-lacaze.com ; prevention-cancer.overblog.com

 

 

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