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Billet de blog 12 nov. 2017

OFNI #15 / LES GARCONS SAUVAGES, de Bertrand Mandico

Critique du film LES GARÇONS SAUVAGES, de Bertrand Mandico, projeté en avant-première pour le 15ème festival OFNI en présence de Mathilde Delaunay (Ecce Films), Mathilde Warnier et Diane Rouxel.

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Les Garçons Sauvages (B. Mandico) - Ecce Films © Bertrand Mandico - Ecce Films

 
« Je faisais partie d’une bande, unie pour le meilleur mais surtout le pire. »

C’est ainsi que se termine la bande-annonce du premier long-métrage de Bertrand Mandico. C’est aussi une des premières phrases qui est prononcée dans ledit long-métrage, vu en avant-première le 10 novembre 2017 au Dietrich.

Le postulat du film est simple, une bande de cinq « Garçons Sauvages », après un crime violent, sont punis et envoyés sur un voilier avec la simple compagnie du Capitaine, une croisière qui les remettra sur le droit chemin et les « rendra doux ».

Le film, en lui-même, est moins simple. Il est construit un peu comme un poème, conté par deux voix-off aux accents traînants, un poème lugubre et sinistre. L’image joue de cette ambiance, également, avec une magnifique photographie en noir et blanc, plus noir que blanc, ce qui rend les blancs tellement contrastés.

L’univers est onirique, presque chimérique, quand les Garçons arrivent sur une île, « l’Ile aux plaisirs. », le paysage et la végétation deviennent étouffants, omniprésents, sexués et sexualisés.

Mais tout est organique, sur ce bateau dont la voile est recouverte des cheveux d’autres Garçons Sauvages passés là avant eux cinq, sur cette île où l’on mange des fruits poilus, où l’on se retrouve englué dans des arbres, sur cette plage où on finit recouvert de sable collant.

Les Garçons Sauvages, Bertrand Mandico © Bertrand Mandico - Ecce Films

Mais tout est beau, sublimé, en particulier par la justesse de chaque plan, par la précision de la photographie, par les paillettes qui sont jetées çà et là. Même la scène du crime, qui pourtant reste un crime abject, est esthétisée. Sans bien sûr qu’elle en fasse l’apologie. Parce que c’est bien de viol que sont coupables ces cinq garçons, et la punition à ce crime n’est que la mise à mal de cette virilité effroyable, de cette masculinité brutale.

On peut trouver un certain manque de subtilité dans la profusion de symboles phalliques tout au long du film – des fleurs-pénis, une bite d’amarrage, voire même les sexes des garçons et du Capitaine – mais cette abondance de symboles n’est là que pour souligner la question la plus importante de ce long-métrage, celle de l’identité sexuelle, celle du genre.

Sans raconter la fin ni même le milieu, les questions de genre et d’identité sexuelle sont remises en question, bousculées, en effet les Garçons Sauvages sont incarnés par des actrices - Mathilde Warnier, Vimala Pons, Pauline Lorillard, Diane Rouxel et Anaël Snoek – les codes sont chamboulés.

L’évolution des cinq Garçons est le but entier du long-métrage, et pour les questions qui en découlent, pour les conventions qu’il bouscule, c’est un film à voir.

Bénédicte Fernandez

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