Ma voix

Sans leçon de morale, sans outrance et sans développements complexes que je laisse à d'autres plus compétents et plus habiles que moi, je tenais à faire entendre ma voix d'insoumise, qui va donner sa voix.

Ne pas aller voter, ou voter blanc dimanche m'apparait comme irrationnel  et contre-productif.

Les idées du front national, banalisées à la fois par la gauche et la droite, n’ont jamais été aussi fortes. Avec une abstention à gauche et un report de voix à droite, Le Pen peut passer. A ce compte, même si j’avais juré les grands dieux qu’on ne m’y prendrai plus, j’estime que je n’ai pas le choix, ou plutôt, pour être précise, j’estime que le choix que j'ai ne me remet en cause ni dans mes convictions, ni dans ma dignité, au contraire.

Me soustraire à ce choix en revanche, serait faire preuve de mauvaise foi absolue: je ne le ferais qu’en espérant que d’autres veuillent bien aller se salir les mains à ma place. Je veux placer mon espoir ailleurs.

Me soustraire à ce choix, serait renoncer à la lutte contre le fascisme, porté par les républicains de tous bords qui fait l’ADN de la gauche, au moment même où le fascisme est en passe de gagner la bataille des urnes. Je veux placer ma combativité ailleurs.

Me soustraire à ce choix, serait céder du terrain à la confusion, à la désespérance et à la peur qui se trouveraient renforcées par un score élevé de Le Pen au second tour des présidentielles et par la même occasion balayer le formidable travail de la FI que je soutiens. Je veux placer mon imaginaire ailleurs.

C’est donc en insoumise que j’irai voter dimanche, par choix, le choix de la démocratie contre le fascisme, avec mon espoir, mon imaginaire et ma combativité entières pour organiser la résistance à la politique libérale que j'appelle de mes voeux.

Fraternellement.

 

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