Lumière d'août

Chez moi c'est l'hiver. Hémisphère sud. Une lumière crue et aveuglante enrobe la mer, au loin, les feuilles des arbres étincellent dans une crudité de formes et de couleurs aux contours ciselés. Tout paraît plus vif, plus violent, plus exacerbé sous une telle lumière, presque métallique et tranchant. Un climat particulier, au sein duquel aucune sensation ne se dissout, mais au contraire continue de vibrer longtemps sous la peau, d'innerver les tissus survoltés, même après que la nuit est tombée, lourde et soudaine, peuplée de bruits et de frôlements. Sous cette lumière crue, tout semble possible, le cri comme l'éclair. Les ombres elles-mêmes scintillent d'un éclat étrange et sauvage.

D'où me vient que ce "climat" excède mon petit bout de vue et de jardin?

L'avantage d'une telle lumière n'est-il pas de dispenser sa lucidité?

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