En prison, des unités de vie familiale fermées faute de personnel

Depuis 2009, toute personne détenue peut selon la loi bénéficier d’au moins une visite trimestrielle dans une unité de vie familiale. Sauf que dix ans après, plus des deux tiers des prisons en sont encore dépourvues – à commencer par les maisons d’arrêt. Et même quand elles sont bel et bien construites, à portée de main, les UVF restent parfois inaccessibles...

"Proches de détenus", 2/15.

Les unités de vie familiales, appartements meublés de 50 à 80 m2 situés dans l’enceinte de la prison mais séparés de la détention, permettent aux personnes détenues et à leurs proches de se retrouver, pour des durées de 6 à 72 heures, dans une plus grande intimité qu’aux parloirs. Depuis la loi pénitentiaire de 2009, toute personne détenue, qu’elle soit prévenue ou condamnée, doit en principe pouvoir bénéficier d’au moins une visite en UVF* par trimestre. Dans les faits, c’est loin d’être le cas. Et pour cause : seuls 51 établissements pénitentiaires sur 185 en sont dotés. Les maisons d’arrêt, qui hébergent pourtant la majorité des détenu.e.s, sont tout bonnement exclues du programme de construction d’UVF.

Autre situation pour le moins aberrante : certaines UVF dont la construction est pourtant depuis longtemps achevée ne sont pas mises en service, par manque de personnel. « Il y a, comme chaque année, dans la partie du budget allouée à la construction, une ligne consacrée aux UVF, mais pas au niveau des ressources humaines : on ne prévoit pas les moyens humains pour la faire fonctionner », explique Damien Pellen, représentant du Syndicat national des directeurs pénitentiaires (SNDP). Résultat : la plupart des établissements qui ont vu leurs UVF terminées ces deux dernières années n’ont pas les personnels pour les ouvrir. C’est le cas du centre de détention d’Argentan et des centres pénitentiaires de Lorient, Saint-Quentin-Fallavier et Varennes-le-Grand. Certains établissements ferment parfois provisoirement des UVF par manque d’effectifs. « Quand il y a des arbitrages à faire en matière de ressources humaines, c’est le premier poste qui saute », déplore Damien Pellen. D’après le SNDP, le problème serait toutefois en passe d’être résolu : les UVF devraient ouvrir progressivement d’ici à mai 2019, avec la sortie de la prochaine promotion de surveillants de l’École nationale de l’administration pénitentiaire.

Par Anne-Charlotte Begeot de l'Observatoire international des prisons-section française.

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* Article 36 de la loi pénitentiaire.

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