L'indécence n'est pas là où on croit

Nous sommes fatigué·e·s. Fatigué·e·s de subir et d'être sacrifié·e·s. Aujourd’hui en France, il n’y a pas que le Covid qui tue. La précarité, elle aussi, fait des morts. Silencieuses celles-là. Alors oui, à l’image de Corinne, nous sommes un peu plus nu·e·s chaque jour, à chaque contrat que nous ne signons pas, à chaque droit que nous perdons.

Madame la Défenseure des droits,

Monsieur le Procureur de la République, 

Nous avons l’honneur, par la présente, de porter à votre connaissance notre réaction quant à l’attaque portée à l’encontre de madame Corinne Masiero pour avoir eu l’indécence de dénoncer, nue, la détresse des personnes précarisées qui subissent les effets des restrictions actuelles. Nous vous prions, Madame, Monsieur, de recevoir notre appel.

Nous : précaires, travailleurs.ses discontinu.e.s du spectacle, de l’hôtellerie, du tourisme, chômeurs.ses par intermittence, travailleurs.ses-étudiant.e.s voyons nos secteurs d’activité empêchés depuis un an. 

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Les uns après les autres, nous perdons peu à peu nos moyens de subsistance.

Du fait de leur fermeture, les théâtres, cafés-concerts, restaurants, secteur de l’événementiel… n'ont pas pû et ne peuvent toujours pas nous embaucher. Ce qui nous prive d’emploi.

Le fait d’être privé.e d’emploi provoque, de fait, la baisse de nos revenus, mais également la perte de nos indemnités chômage qui ne peuvent plus se renouveler par manque de cotisations.

Par manque de cotisations également, ceux et celles qui parmi nous, par malheur, sont ou seront malades, ainsi que celles qui s'apprêtent à accueillir un enfant n'ont droit à aucune indemnité de la part de la sécurité sociale.

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Dans cette situation déjà insupportable et alors que nous constatons chaque jour l’aggravation de notre situation sans perspective d’amélioration, nous allons subir l'application de la seconde partie de la réforme d’assurance chômage qui va faire baisser drastiquement les indemnités de ceux qui, par chance, avaient réussi à maintenir leurs droits. 

Nous sommes fatigué.e.s. 

Fatigué.e.s de subir et d'être sacrifié.e.s. Aujourd’hui en France, il n’y a pas que la Covid qui tue. La précarité, elle aussi, fait des morts. Silencieuses celles-là. 

Alors oui, à l’image de Corinne, nous sommes un peu plus nu.e.s chaque jour, à chaque contrat que nous ne signons pas, à chaque droit que nous perdons, à chaque protection que l’on nous refuse. 

Nous vous le demandons donc publiquement : Où est l’indécence ? Du côté du corps nu de Corinne Masiero ? Ou du côté de l’inaction du gouvernement face aux deux millions de travailleurs et travailleuses empêché.e.s et aux étudiant.e.s précarisé.e.s qui demandent à être soutenu.e.s ?

Nous aussi, nous pensons que les droits de chacun doivent être défendus.

Nous vous prions d’agréer Madame, Monsieur l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Les Occupant.e.s du Théâtre de l’Union - CDN du Limousin

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