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Billet de blog 21 déc. 2020

La France doit reconnaître et enseigner la langue berbère

Entretien avec Tassadit Yacine, Anthropologue, Directrice d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).

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Enseignant l’"anthropologie de la domination : discours, pratiques et représentation dans les sociétés berbères" à l'EHESS, Tassadit Yacine est membre du laboratoire d’anthropologie sociale (Collège de France), directrice de la revue Awal - Cahiers d’études berbères, dont elle a pris la direction de la publication après Mouloud Mammeri, directrice de la collection Méditerranée-sud à la Maison des Sciences de l’homme et membre du conseil d’orientation du Musée de l’immigration. Auteure de plusieurs publications sur l’anthropologie des littératures berbères, sur le genre et les affects. Sa thèse de Doctorat d’Etat soutenue en 1992 à Paris III, sous la direction de Mohammed Arkoun, portait sur les "Productions culturelles et agents de production en Kabylie : anthropologie de la culture dans les groupes kabyles 16e-20e siècle".

Elle a récemment co-signé, avec deux autres chercheurs parisiens, une tribune intitulée "La langue des immigrés n’est pas l’arabe", publiée le 13 novembre, suite au discours d’Emmanuel Macron, le 2 octobre 2020 aux Mureaux dans les Yvelines, au sujet de "la lutte contre les séparatismes" dans lequel il avait évoqué le renforcement de l’enseignement de la langue arabe en France à destination des jeunes issus de l’immigration nord-africaine. Pour en savoir plus, Masin Ferkal lui posé quelques questions auxquelles elle a eu l’amabilité de répondre. Ci-après l'interview.

Tassadit Yacine © T. Yacine

INTERVIEW.

Tamazgha.fr : Vous avez co-signé récemment un article intitulé « La langue des immigrés n’est pas l’arabe » [1]. C’est un texte qui critique le choix du gouvernement français de renforcer et améliorer l’enseignement de la langue arabe en France. Pourquoi ?

Tassadit Yacine : C’est une réaction à l’annonce du Ministre de l’Education nationale et du Président de la République qui envisagent d’enseigner l’arabe à des populations globalement désignées par « musulmanes » pour les « réconcilier » avec leur identité et leur culture supposées « arabes » sans prendre le soin de les définir et de connaître leur histoire. Ce qui est tout de même problématique car ces populations vivent sur le sol français et sont, pour une grande part, françaises.

Dans l’abstrait, rien n’interdit d’enseigner une langue (quelle qu’elle soit) sauf que, dans le cas qui nous occupe ici, il y a à la base une erreur d’appréciation et une ignorance des réalités du terrain qui peut avoir des effets néfastes car elle contribue à la confusion des identités et des cultures en France qui vient conforter les politiques globalisantes et « homogénéisantes » des pays d’origine qui ont considéré que l’apprentissage de l’arabe allait de pair avec l’appartenance à l’islam.

Je ne crois pas que l’enseignement de l’arabe (pour des populations qui ne sont pas arabes et qui, de surcroit, ont combattu l’imposition de la langue des Arabes dans les pays d’origines) peut contribuer à distendre les liens avec l’islamisme. Cela pourrait même donner l’effet inverse. Il suffit d’ouvrir le dossier de l’arabisation en Algérie.
En Afrique du Nord, l’arabisation (d’après les indépendances) a été déterminante dans la ré-islamisation de la région. Cette forme d’arabisation consistait en réalité à reformater les cerveaux dans un moule arabe et musulman selon une vision idéologique spécifique aux Etats des années 60 au Proche Orient (le Baâth [2]) qui n’a pas manqué d’impacter l’Afrique du Nord .
Il ne s’agit pas ici de condamner l’arabe, mais le contexte dans lequel cette langue s’est transmise et les contenus de cet enseignement. La langue en elle-même ne devrait pas poser problème sauf qu’il ne faut pas qu’elle soit imposée et qu’elle soit considérée, par-dessus le marché, comme une langue maternelle.
Or, ce qui nous a un peu surpris, c’est que des médias (parmi les plus importants comme Le Monde) publient des articles à l’instar de celui de Nabil Wakim qui est un tissu de contre-vérités [3].
Qui peut ignorer que l’immigration en France est majoritairement nord-africaine et berbérophone ? Je pense que c’est de notoriété publique ; en France en tout cas. De plus, « l’arabe n’est pas la langue maternelle de l’immigration », publié dans AOC (avec Pierre Veermeren et Omar Hamourit) a d’abord été envoyé au journal Le Monde qui n’a pas jugé utile de donner la parole à des spécialistes du domaine. Notre article ne fait que rétablir la vérité. Ce refus d’éclairer le public sur la situation réelle de l’immigration relève du déni ; un déni de l’histoire, de la langue et de la culture d’un sous-continent.

Quel est l’intérêt, à votre avis, pour la France de catégoriser les Nord-Africains en faisant d’eux des Arabes et des Musulmans ? Au demeurant, quand bien même ils seraient des Arabes, en quoi ils seraient automatiquement des Musulmans ?

En France, comme dans beaucoup de pays hélas dans le monde, on confond arabes et musulmans, alors que dans le monde musulman (il faut d’ailleurs dire les mondes musulmans), les Arabes constituent une infime minorité. L’Indonésie à elle seule compte 200 millions de musulmans…. Ceux qui pensent ainsi sont sur une fausse piste. En France, il y a des populations musulmanes (pratiquantes ou non) qui ne sont pas arabes (sub-saharienne, iranienne, kurde, comorienne, turque, pakistanaise, afghane, et berbère bien sûr). On peut également être arabe sans être musulman comme les Maronites, il y a des Chrétiens arabes en Syrie, Iraq, etc.
Il faut reconnaître qu’il existe, en France, une frilosité à reconnaître la réalité historique de ce qui s’est passé dans ce pays. La France homogène que nous connaissons n’est pas née par génération spontanée, elle s’est construite historiquement dans la violence en réduisant ses propres expressions régionales.
Encore une fois, il y a une distinction à faire entre des groupes d’étrangers vivant en France dans un cadre juridique déterminé (les réfugiés par exemple) et d’autres qui sont français qui ont choisi de s’enraciner sur le sol français. Cette deuxième catégorie ne devrait rien à voir avec les pays d’origine. Ce n’est ni à l’Algérie ni au Maroc et encore moins aux pays du Moyen Orient de dicter à l’état français sa politique linguistique ni sa pratique religieuse. La population d’Afrique du Nord majoritairement berbérophone doit avoir la possibilité d’apprendre la langue de son choix.

Et cette attitude est partagée également par une grande partie de l’élite y compris universitaire…

En dehors de la politique des Etats, il y a un vieux fond de culpabilité lié à la colonisation. L’histoire de l’Afrique du Nord est mal connue. Le public peu informé est resté sur d’anciens clichés que les colonisateurs ont eux-mêmes fabriqués. Une certaine élite regrette d’avoir révélé ce vieux fonds méditerranéen… Les colonisateurs n’ont inventé ni la langue, ni l’histoire millénaire de l’Afrique, ils les ont seulement étudiées et utilisées. Avec les indépendances des Etats d’Afrique du Nord, ils ont, pour beaucoup, fait dans la négation du fait berbère pour répondre aux attentes politiques négationnistes des Etats arabes. Les Berbères d’Afrique du Nord sont comparés aux Bretons, aux Occitans, aux Basques, qui, rappelons-le, ne sont guère appréciés.

Dans votre article, vous avez évoqué la négation de la berbérité par les Etats en place en Afrique du nord, vous avez également pointé la « tragédie culturicide » qu’a été l’histoire médiévale et coloniale pour les Berbères, et vous écrivez qu’il « serait regrettable que ce scénario se rejoue ici en France, à leur dépens ». Mais ceci n’est-elle pas une réalité et une politique de la France depuis plusieurs décennies ? La France ne participe-t-elle pas à cette politique d’arabisation et d’islamisation des Berbères en France, et ce depuis 1962 ?

Je pense que la politique d’arabisation par la France a été antérieure à 62. Elle était présente déjà sous la colonisation…en particulier à partir de 1930. Ce serait trop long de revenir sur le sujet. Mohand Ait Ahmed a montré dans sa recherche les différentes étapes de l’arabisation perçue comme une politique de normalisation linguistique et culturelle [4]. Il fallait ouvrir des mosquées, développer l’enseignement dans les médersas (franco-musulmanes etc.)…pour permettre aux Algériens d’accéder à un enseignement de la langue arabe non sans lien avec la dimension religieuse (ce que regrettait Mohammed Arkoun [5]… car la laïcité n’a pas été appliquée à l’Algérie par le pouvoir d’alors). La volonté des politiques de l’époque (comme ceux d’aujourd’hui) à tort ou à raison a favorisé la maîtrise de l’arabe et de l’islam. Le berbère n’avait pas un statut de langue mais de dialecte. La dimension orale ne pouvait pas être prise en considération par l’élitisme et l’évolutionnisme de la fin du XIXe siècle.
Dans la vision coloniale, l’arabe savant, tout en étant dominé, avait le statut de langue écrite et savante. N’ayant pas de « religion » spécifique ni de langue écrite, les Berbères furent désignés par le sens commun par le terme générique d’« arabes. »

Pourtant l’on voit remonter à la surface assez souvent la fameuse expression de « mythe berbère » ou encore « mythe kabyle » notamment lorsque les Etats en Afrique du nord et leurs alliés adeptes de l’idéologie arabo-islamique tentent de discréditer et stigmatiser les Berbères en les présentant comme ennemis de la Nation et « amis » de la France. Une notion employée également par une certaine élite en France même si ce n’est pas, bien entendu, pour les mêmes raisons. Comment expliquez-vous tout ça ?

Là aussi il faut voir ce qu’il y a derrière ces dénominations. Je crois qu’il faut renvoyer aux structures mentales de ceux qui les ont produites. Les Berbères ne sont pas responsables de la politique de la France ni de la manière avec laquelle l’histoire s’est écrite à leur dépens. Il faut revenir à l’histoire de France pour comprendre l’Algérie. L’Etat post-révolutionnaire français s’est construit contre les langues (désignées par patois), les régions et les cultures pour se diluer dans une seule langue. Il a fallu de la violence pour réduire les résistances régionales d’où la détestation de la diversité et de la multiplicité culturelle. Ils ont transféré ce modèle comme LE MODELE, par excellence sur l’Algérie « colonisée » (que reprendra sans coup férir l’Algérie indépendante) : un peuple, une langue, même si c’est fondé sur l’arbitraire. C’était une véritable croyance (en particulier sous le royaume arabe de Napoléon III) malgré l’existence de faits, de recherches qui révèlent que ce modèle ne correspond pas à la réalité.
A partir du moment où l’on sort de cette position (l’officielle), cela pose problème parce que cela casse le schéma. Le problème berbère (kabyle en réalité) a surgi avec force lorsqu’en 1871 une population (ce n’était pas une armée) composée de femmes, d’enfants et de vieillards, livra bataille à une armée organisée, avec des armes « modernes » (pour l’époque) pendant près de deux ans. Même si on avait une idée des Kabyles pendant les luttes antérieures, ce n’était pas suffisant pour qu’il y ait une prise de conscience de la capacité de résistance de ces « montagnards ». Il fallait mieux les connaître pour mieux les combattre. De là paraitront nombre d’études sérieuses mais aussi des textes de propagande… C’est aussi à ce moment précis de l’histoire qu’on essaiera de distinguer et de diviser les populations de ce pays. La crainte est qu’il ne fallait pas que l’insurrection kabyle fasse tache d’huile et que d’autres groupes en fassent de même. Le système politique d’alors ne souhaitait en aucun cas avoir à faire à une résistance populaire généralisée. L’Algérie a payé un tribut à la France. Cela a donné lieu au pouvoir colonial de séquestrer plusieurs millions d’hectares. Mais la Kabylie a payé chèrement sa rébellion. Elle a dû régler la dette que la France devait à l’Allemagne autour de 5 milliards francs or. Les femmes ont pris part à l’impôt de guerre en se délestant de leurs bijoux. La misère économique et morale de la Kabylie a commencé à la fin de cette insurrection. Terres confisquées, cheptel décimé, tribus démantelées, villages incendiés, hommes tués, emprisonnés, envoyés dans les bagnes en Calédonie, à Cayenne etc. Ceci pour expliquer le pourquoi de l’émigration qui sera la seule alternative de survie lorsque ce sera possible.

Pour revenir à l’enseignement du berbère en France et la reconnaissance de la culture berbère, qu’attendez-vous concrètement du gouvernement français ?

Lire et reconnaître les travaux réalisés en France par des chercheurs pour mieux comprendre la situation des Berbères qui, pour beaucoup, sont des citoyens français et ne souhaitent en aucun cas être renvoyés à la politique des pays d’origine. C’est tourner le dos à l’histoire que de ne pas tenir compte de la lutte des berbérophones pour la reconnaissance de leur langue. La langue berbère est reconnue aussi bien au Maroc qu’en Algérie et il est surprenant qu’en France on continue de faire comme si cela n’existait pas. Encore une fois, vous soulevez la question de la langue ; c’est important mais il faut encore aller plus loin. Apprendre la langue berbère, c’est aussi s’ouvrir à une culture très riche et très variée. Même si beaucoup sont musulmans, il en est qui restent attachés à leurs traditions, à leur vision du monde contraire à l’orthodoxie. Les Berbères vivant dans leur monde d’origine ont toujours placé leurs traditions au-dessus de toute loi n’émanant de leur groupe (la charia étant méconnue jusqu’à la pénétration coloniale qui a généralisé le droit musulman au détriment du droit coutumier). Les relations hommes / femmes, par exemple, sont régies par la coutume (au niveau vestimentaire, de leur propre code de conduite) et non par le droit islamique. Dans le Souss par exemple, la communauté des biens (entre époux) s’est toujours pratiquée. La colonisation, en soulevant le fait berbère, a servi de prétexte aux nouveaux Etats de vouloir à un moment donné de l’effacer de l’histoire et de la mémoire.
Donner à l’enseignement du berbère la place qui lui revient en France relève de la logique parce qu’il y a une communauté importante, active et parce que cette communauté est en demande de moyens pour développer et pour diffuser plus largement cette langue. De plus, nous touchons un point essentiel de la Déclaration universelle des droits linguistiques [6] de Barcelone, il s’agit de la reconnaissance des langues qui est un point essentiel des droits linguistiques. Encore une fois, il faut que les Berbérophones de France soient en phase avec l’enseignement du berbère enseigné en Algérie et au Maroc.

Et les Berbères eux-mêmes, notamment par la voix des nombreuses associations qui existent à travers l’Hexagone mais aussi leur élite, doivent-ils agir ? Et comment ?

Je pense qu’il suffit d’une petite enquête pour se rendre compte de l’importance démographique de cette population (Kabyles, Chaouias, Rifains, Chleuhs, Amazighs, Touaregs etc.) et de son apport culturel (chanteurs, écrivains, peintres, chercheurs etc.). Les associations berbères sont très actives et il faut s’en féliciter. Il leur appartient de se mobiliser pour rendre visible leur langue. Cette langue et cette culture le méritent amplement d’autant qu’on doit à cette terre (celle de la migration) l’existence d’un éventail culturel extraordinaire. C’est en France, en particulier, qu’on a vu émerger les grandes figures de la chanson (Slimane Azem, Chérif Kheddam, Idir Djurdjura, etc.) et qu’on a édité les grands auteurs : Mammeri, Feraoun, Kheir-Eddine, Taos et Jean Amrouche, etc. C’est dommage de ne pas reconnaitre le rôle du fait migratoire dans la formation des élites nord-africaines.

Propos recueillis par
Masin Ferkal.

Notes

[1] Tassadit Yacine, Pierre Vermeren et Omar Hamourit, "La langue maternelle des immigrés n’est pas l’arabe", AOC, 12 novembre 2020 : Lien vers l’article

[2] « Baâth », « Ba’th », « Baas » ou encore « Bassisme » est une idéologie pan-arabiste qui tient ses origines du Parti socialiste de la renaissance arabe“Baath”, fortement structuré qui, dépassant les frontières des États, se veut un mouvement unitaire arabe et socialiste. Fondé en 1943 à Damas, en Syrie, par un chrétien orthodoxe, Michel Aflak, Salah al-Din al-Bitar et Zaki al-Arsuzi. L’objectif principal de ce mouvement, et qui est la colonne vertébrale de son idéologie, est la réalisation de l’unité dans le cadre de la « grande nation arabe ».

[3] Nabil Wakim, « Le bon arabe, c’est celui qui choisit d’être meilleur en français plutôt qu’en arabe », Le Monde, 30 septembre 2020.

[4] Mohand Ait Ahmed, La grande Kabylie. Arabisation coloniale et histoire fragmentaire, L’Harmattan, 2019

[5] Mohamed Arkoun (1928-2010) est un intellectuel kabyle considéré comme l’une des grandes figures de la pensée philosophique et anthropologique du fait religieux de la deuxième moitié du XXe siècle. Historien, islamologue et philosophe, il a œuvré et milité pour une refondation humaniste de l’islam.

[6] Signée à Barcelone, en Catalogne, en juin 1996, par l’UNESCO et nombreux organismes et organisations non gouvernementaux, la Déclaration universelle des droits linguistiques est un document plaidant pour les droits linguistiques des individus ou des collectivités. C’est à l’initiative du PEN Club International et du CIEMEN (Centre international Escarré pour les minorités ethniques et les nations) que ce document a vu le jour. Cette initiative a eu le soutien moral et technique de l’UNESCO. L’objectif principal de cette déclaration est la protection des langues des peuples sans Etats tels les Catalans, les Basques, les Gallois, les Sorabes, les Berbères, les Kurdes, les Acadiens, etc.
Accéder à la Déclaration et la télécharger

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