Moi, Je, Président, représente le peuple, l'ensemble du peuple...

"Parfois on fait des caricatures, en pensant que ce qu'on dit un moment à quelqu'un, de bonne foi, ce serait un message vers tous les Français, a-t-il regretté (BFMTV, le 16 janvier 2019). Faut-il vraiment lui expliquer ce qu'est la dimension présidentielle ?

"Moi, là où j'habite, en traversant la rue, je peux vous dire on en trouve", du travail, a-t-il rétorqué sans se démonter, en allusion au quartier huppé autour de l'Elysée. "Parfois on fait des caricatures, en pensant que ce qu'on dit un moment à quelqu'un, de bonne foi, ce serait un message vers tous les Français, a-t-il regretté... En oubliant qu'il est président de tous les Français... Justement lui, président, doit se placer AU DESSUS de ça. Il parle toujours à tous les Français, car il est tout le temps, en tous endroits, leur président, à tous. Visiblement il y a une dimension présidentielle qu'il néglige d'incarner, à moins qu'il n'en soit pas capable... Hollande s'y était fait prendre,  lui aussi, dans l'intimité de son domicile, avec les "sans dents"...

"On est au temps du numérique, de l'info en continu, je suis comme ça je ne changerai pas", a-t-il tranché. "Moi, Je, Président"serait égal à "Nous, la France" ??? Le numérique a bon dos...

Il semble être le produit caricatural de sa formation, de son milieu et itinéraire social, de sa génération.

L'individu (la personne) Emmanuel Macron a été élu président de la France, donc de tous les Français. Il serait bon qu'il apprenne qu'une partie de lui-même, depuis son élection, ne lui appartient plus, qu'il se doit d'incarner quelque chose de plus que l'individu Emmanuel Macron. Je ne doute pas un instant qu'il en soit théoriquement convaincu. Pourtant dans tous ses comportements, pour le moment et à peu près une fois par jour, cela semble réellement ne pas l'effleurer, particulièrement quand il parle "au peuple", à l'ensemble du peuple... Visiblement, il oublie qu'il parle toujours au peuple, à l'ensemble du peuple, des plus riches aux moins riches, tout le temps, où qu'il soit car "on est au temps du numérique". Le peuple, lui, visiblement ne s'y trompe pas. Il semble confondre une forme de "technologie" présidentielle avec l'incarnation présidentielle... Mais de sa technologie, il n'a pas retenu le mode d'emploi, résultat = gilets jaunes +++++

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