Heureusement, aucune victime n'est à déplorer. En tous les cas au moment où j'écris ces lignes. Malheureusement, un village entier dévasté, soufflé. Disparues les maisonnettes chaleureuses avec leurs petites cheminées délivrant de belles volutes de fumée noire grimant doucettement les cieux. À la place, il ne reste qu'une sorte de voie lactée recouverte de débris, brisures de murs, brique écrasée, ciment éparpillé, pierraille incrustée dans le sol. Heureusement que les bulldozers ont œuvré rapidement pour rassembler les décombres de tôles, planches et vieux matelas. Sur une bonne centaine de mètres, il ne reste plus rien. Je pense que les ONG vont rapidement intervenir pour aider au relogement de ces miséreux.
Étonnement aucune alerte, la surprise totale. Rien ne laissait présager une telle violence, monsieur Chaboud, paix à son âme, n'en n'a pas dit un mot sur notre radio nationale. C'est quand même rigolo ces changements climatiques, depuis le temps qu'on nous le dit, ça devait bien arriver un jour.
Il y avait bien une centaine de roms dans ce mini bidonville, ou bien plus qui sait, derrière leur mauvaise palissade, on n'aurait jamais cru qu'ils étaient aussi nombreux. Du jour au lendemain, plus personne. Evaporé le club Med du vagabondage Intramuros ! Ont-ils seulement existé ? Peut-être que ce n'était qu'un rêve. Des fois le matin, sur mon biclou, je finis ma nuit.
C'est rigolo, oui, j'aime beaucoup ce mot, c'est rigolo disais-je, c'est gens du voyage qui n'ont qu'une envie, c'est de se sédentariser et bien grâce à l'état et ses bulldozers, on les aide à renouer avec la tradition du voyage. Et avec celle, plus récente de la course à pied. Au moins, ils auront appris une chose en France : à d'étaler comme des lapins.
Il y a des jours comme ça où j'ai l'humeur vagabonde... Allez savoir pourquoi ?