Grèce : La révolution des patates !

Patates ou pommes de terre, ce tubercule est indispensable à l’alimentation grecque : il est partout. Pourtant, l’histoire de la patate grecque a commencé de façon amusante par son introduction en Grèce par Ioannis Kapodistrias, diplomate grec du début du 19ème siècle.

Patates ou pommes de terre, ce tubercule est indispensable à l’alimentation grecque : il est partout. Pourtant, l’histoire de la patate grecque a commencé de façon amusante par son introduction en Grèce par Ioannis Kapodistrias, diplomate grec du début du 19ème siècle.

Ioannis Kapodistrias

Ioannis Kapodistrias (source Wikipédia)

La manière dont Kapodistrias a introduit la culture de la pomme de terre en Grèce est une anecdote toujours célèbre aujourd’hui. Ayant commandé une cargaison de pommes de terre, il a ordonné qu’elles soient offertes à toute personne intéressée. Toutefois, les pommes de terre ont été accueillies avec une totale indifférence par la population et l’ensemble du système semblaient être un échec.

Kapodistrias connaissant bien les attitudes contemporaines grecques, a ordonné que tout le stock de pommes de terre soit déchargé en public sur les quais de Nauplie, et placé sous un dispositif de sécurité important. Bientôt, des rumeurs ont circulé : pour que les pommes de terre soient si bien gardées, elles devaient être de grande importance. Les gens se sont mis à regarder le turbecule avec un nouvel intérêt et ont commencé à vouloir le voler. Les ordres donnés aux gardes avaient été de fermer les yeux sur de tels comportements, et bientôt les pommes de terre ont toutes été «volées» et le plan de Kapodistrias avait réussi.

Aujourd’hui, une révolution des patates est en marche. Devant le prix des pommes de terres grecques, qui subissent la concurrence française notamment, nombreux sont ceux qui ne consomment pas celles qui sont produites en Grèce. Avec la crise et la réduction forte du pouvoir d’achat grec, le tubercule a lui aussi du mal à se retrouver dans certaines assiettes.

Il y a quelques mois déjà, un producteur avait décidé de distribuer la totalité de sa production à la population d’Athènes en souffrance. Un don qui a fait des émules puisque d’autres donations ont suivis et ont permis de faire des distributions hebdomadaire sur la place Syntagma.

Où est la révolution ?

Désormais, des producteurs se rassemblent et proposent de supprimer les intermédiaires, pour rendre le tubercule accessible à la majorité de la population. Les agriculteurs disent qu’il en coûte environ 20 cents pour produire un kilo de pommes de terre, mais que les grossistes  les achètent pour 10-12 cents pour les vendre dans les supermarchés, qui les vendent pour environ 60-70 cents le kilogramme. Confronté à une perte, de nombreux producteurs disent qu’ils ont même été incapables de mettre leurs produits sur le marché.

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