Je n'accuse pas.

Je n'accuse pas, l'erreur est humaine, comme la peur est humaine, comment accuser l'humain quand l'humain est la cible?


Je n'accuse pas, l'erreur est humaine, comme la peur est humaine, comment accuser l'humain quand l'humain est la cible?

Mais que reste-t'il aujourd'hui de la dignité humaine ? Les enfants n'ont plus de visages quand ils sont mis ensemble, quand ils apprennent, quand ils sont confrontés aux regards des autres, les adultes n'ont plus l'occasion de décider de leur santé, leur corps est exposé numériquement a la vue de tous, leur soumission est totale, la seule liberté concédée est une servilité admise, banalisée et morne...
 Peut-être reste-t'il l'espérance.
 On peut lui prendre son cerveau à l'homme, on peut lui retirer les os, et la chair, on peut lui remplacer le cœur, il peut n'être qu'un corps, ou qu'un cerveau, il peut être mis de travers, il peut être défiguré, torturé, piétiné, il restera un homme, un humain, s'il garde l'espérance. 

Un jeune mâle peut mourir, il peut se sacrifier, il peut accepter de mourir, du moment qu'il ne meurt pas pour rien.

Du moment que sa mort n'est pas le massacre de l'espérance.


Il y a des jeunes hommes (et de jeunes femmes) qui ont été tués  en Colombie. Le drame n'est pas qu'ils ou elles sont morts, c'est qu'ils ou elles ont été tués uniquement pour briser l'espérance.

Ils ont été en première ligne, et ils sont morts dans l'indifférence.


Il y a ici aussi des jeunes hommes qui risquent de mourir. Leurs morts sont déjà comptabilisés dans l’arithmétique de l'expérience. Il y aura des jeunes hommes tués pour un voyage, ou pour aller au lycée. On dira : c'était prévu dans la balance bénéfice / risque.


Que de jeunes hommes meurent, c'est normal, les sociétés humaines ont de tout temps envoyés les jeunes mâles au front, ils se sont sacrifiés pour une nation, un tyran, un roi ou une idée, les meurtres de jeunes hommes est un fait militaire, social, nécessaire. Il n'y a rien de sacré dans le corps d'un jeune mâle. On tue bien les coqs, les béliers, les mulets, dans la ruche humaine les jeunes mâles ne servent qu'une fois.

Mais ici on ne les envoie pas à la guerre, on ne les sacrifie pas pour le miel, pour le lait ou pour avoir la paix, on les tue à présent parce qu'ils portent en eux l'espérance de l'humanité.


Certains diront qu'au contraire, ils mourront (en très petit nombre) pour que d'autres, plus nombreux, vivent ! Mais vivent quoi ? Quelle vie est-ce de se savoir coupable de les avoir laissé mourir? Car même s'il n'y en a qu'un seul, sur des millions, nous serons, nous les vivants, les pères, les mères, coupable de sa mort.

Il faut que certains meurent, pour que d'autres vivent... Mais qui tiendra la balance, qui saura quantifier combien peuvent mourir pour combien de vies sauvées? Qui pèse le poids des morts ? Qui pèse le poids des vivants ?

Nous nous sentirons coupable.

Pourquoi ? Parce que ce sacrifice n'était pas nécessaire, parce que la logique de sa mort nous semblera tôt ou tard absurde, parce qu'aucun de ses pères, parce que la société, son père n'a pas su, ou n'a pas pu dire « peut-être pas ». Son père ce sera nous, tout ceux qui n'auront pas dit « peut-être pas ».

Il faudrait dire « peut-être pas » ou « sûrement pas », plutôt que de prendre le risque, non pas de tuer un homme, mais de tuer l'espérance en l'homme.

Car quand un père, quand la société civile, quand les autorités, quand les médecins disent: il n'y a aucun risque, le mal est nécessaire, et qu'il se trompe, quelle confiance peut on encore avoir en l'avenir ?

Il faudra que les fils portent leurs pères aveugles comme dans le roi Lear pour restaurer l'unité, la foi en l'avenir, l'espérance retrouvée.

D'ici là, quel fils fera confiance à son père ?

quel père fera confiance à son fils ?

Le drame actuel c'est que nous sommes en train de semer le chaos. 

Pourquoi le dire? Parce que pouvoir le dire, garder ce pouvoir, le préserver, c'est encore ce qui peut permettre de sauver ce qui apparaîtra plus tard comme un semblant, timide, volontaire, humain, de dignité.

Olivier Schneider.

https://www.sfcardio.fr/actualite/risque-de-pericardite-ou-de-myocardite-apres-vaccin-arnm-contre-la-covid-19

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