Le leurre ridicule d'une motion de censure "de gauche", en fait de contre-feu ...

L'épisode de la course à une "motion de censure de gauche" n'était qu'un jeu de rôles, visant à donner aux frondeurs du PS une consistance qu'ils n'ont pas. Aujourd'hui, les députés sincèrement engagés contre la loi scélérate ont la possibilité d'agir vraiment; voter la motion de censure qui peut être majoritaire.

Hier à l’Assemblée, çà a été show !

La 5° République finissante n’en finit pas de ridiculiser son Parlement.

Ainsi, nous venons d’apprendre que depuis de longs mois une loi de silence protégeait un vice-président, dans l’intérêt de la « famille », contre la publicité de ses délits répétés de harcèlement et d’agression sexuelle…

Hier, les chargés de communication et les journalistes qui suivent l’Assemblée nous ont fait vivre au rythme d’un suspense inouï : les « frondeurs » du PS allaient-ils réunir assez de députés pour déposer une motion de censure.

Pantalonnade et mensonge…

1 – Pantalonnade : l’agitation d’une deuxième motion de censure ne constituait pas une menace pour le gouvernement dans les actuelles procédures de l’Assemblée, au contraire il s’agit d’un contre-feu, évitant que suffisamment de voix rejoignent la motion qui pourrait être majoritaire. Les frondeurs, une fois de plus, mettaient en scène une gesticulation faussement critique, dont  la logique était de sauver la mise au gouvernement, tout en entretenant la fiction de l’existence d’une opposition critique au sein de la représentation socialiste.

2 – Mensonge : les médias ont suivi l’événement avec autant de halètement que si les députés socialistes allaient véritablement avoir le courage d’être assez nombreux pour se mettre sur une liste publique d’opposition au gouvernement, alors que tout le monde savait bien que les chefs du protocole médiatico-politique avaient fixé précisément la toise à "N-2 députés-de-gauche-affranchis", avant que la séquence comique ne soit lancée… En fait nous avons assisté à un épisode de « télé-réalité », de « télé-mensonge » …

Le jeu de rôles a en effet ses limites… et la rue de Solférino n’aurait pu paraître cohérente en renouvelant les fiefs parlementaires de signataires d’une motion de censure contre le gouvernement, ce qui reviendrait à avouer publiquement et clairement que tout cela n’est que mise en scène …

Après ce gag lamentable, les députés effectivement hostiles à la loi EL Kohmri ont la possibilité de mettre en accord leurs actes avec leurs « positions » et opinions : voter la motion de censure.

La machine médiatique, et le haut management du PS sont déjà à la manœuvre pour les en dissuader. Ce serait là « mêler leur voix à celle de la droite », nous matraque-t-on (la matraque médiatique est le complément de celles de Cazeneuve, elle a le même but, museler toute expression démocratique) …

Comme si ce n’était pas le gouvernement qui par le diktat du 49.3 avait amalgamé les oppositions à son texte …

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