La 5e république méprise les élections départementales… ce n’est pas une raison pour faire comme elle...
Notre système politique est fait d’un ensemble d’institutions et pouvoirs combinés qui, ensemble, constituent la 5° république réelle, dans laquelle nous vivons politiquement et que la « constitution de la 5° république », lamentable palimpseste sans cesse rapiécé par une représentation nationale démissionnaire, toujours plus effacée sous l'autoritarisme présidentiel, ne représente que partiellement.
Pour l’essentiel, la 5° république réelle (c'est-à-dire rectifiée Jospin-Chirac + traités européens) d’aujourd’hui articule un autocrate, élu au suffrage universel mais prenant ses missions de l’étranger et des institutions capitalistes, européennes et atlantiques, avec un Parlement domestiqué, réduit à la compétition entre deux claques concurrentes de présidentiables, et les institutions européennes, issues de traités tous entachés de leur genèse anti-démocratique avec les institutions atlantiques souveraines ,l’OTAN en premier lieu et bientôt le TAFTA, qui achèvera de soumettre toute institution démocratique au pouvoir de l’oligarchie capitaliste.
Ce dispositif politique est arrimé au dispositif médiatique dominant, qui met en scène la vie politique selon les intérêts de l’oligarchie, dans le mépris total de la vie politique réelle de nos concitoyens.
Il suppose la mise en scène des deux partis, concurrents pour les bénéfices et avantages dérivés des écuries présidentielles, de l’alternance sans changement.
La promotion de ces deux partis-siamois suppose de leur donner une mission présentable, c’est donc le combat contre le troisième personnage structurant de la 5° république, l’extrême-droite fascisante, héritière du pétainisme et de l’OAS, vétérane de l’antisémitisme et du racisme, nouvelle croisée des « valeurs chrétiennes », rebaptisées « laïcité », par un immonde tour de passe-passe… alors qu’elles n’ont rien à voir avec le message chrétien ni a fortiori avec la laïcité…
Et il ne faut surtout pas déranger ce bel arrangement, aussi passe-t-on sous silence l’existence des milliers de militants de la gauche d’opposition, des « Rouges » comme dirait Pascale Fautrier, de leur action politique quotidienne, et, aujourd’hui de l’alliance qu’ils sont en train de construire pour sortir de la situation politique bloquée par laquelle la 5° république assure son maintien et la reproduction de ses "élites », majoritairement incompétentes, carriéristes, cyniques, cumulardes et souvent corrompues.
Dans ces conditions, l’élection des conseillers départementaux est radicalement indigeste pour ce système politico-médiatique…
Les candidats aux élections départementales ne se classent pas facilement sous les étiquettes des écuries présidentielles ?
- Qu’à cela ne tienne, les sondeurs d’opinion et les commentateurs politistes pré-annoncent néanmoins les résultats selon ces étiquettes obsolètes. Ils utilisent le mot « gauche » comme un fourre-tout, y amalgamant les socio-libéraux au pouvoir avec ceux qui en combattent la politique austéritaire et autoritaire… Ils utilisent le mot « républicain » y amalgamant les socio-libéraux coutumiers de la répression policière brutale des ouvriers et citoyens en lutte et les umpistes coutumiers des manipulations financières des fonds publics, fauteurs de guerre pour des raisons inavouables, promoteurs d’une politique « d’identité française » foncièrement raciste et ouverts de plus en plus à la fusion avec l’extrême-droite, dont ils partagent l’électorat comme un dessert…
- Ils ne proposent de lire les élections départementales qu’au prisme des futures présidentielles, celle qui permettront de « tout » résumer dans un débat face-à-face à la télévision entre deux jocrisses dévidant les « éléments de langage » préparés dans l'ombre par des Buisson ou Attali laissés dans la coulisse…
Les candidats aux élections départementales ne se classent pas facilement sous les étiquettes parisiennes, d’autant plus qu’on ne votera pas à Paris, qu’à cela ne tienne, le ministère de l’Intérieur et TF1 préparent déjà des « camemberts » représentant les résultats en forme d’hémicycles, structurés par les couleurs des écuries de présidentiables...
C’est pourtant autre chose qui se joue avec les élections départementales. Les citoyens ont la possibilité d’élire ceux qui orienteront, gèreront, mettront en œuvre les politiques de solidarité, d’aménagement, de culture, d’éducation dans les départements.
Traditionnellement, c’est à ce niveau là que les partis de l’alternance sans changement font commencer la carrière de leurs cumulards, promis ensuite au Sénat, à l’Assemblée, aux cabinets ministérielles, aux strapontins de secrétaire d’état, aux portefeuilles de ministre. C’est là aussi que la machine électorale néo-pétainiste (ceux qui baptisent des rues du nom de putschistes de l’Algérie Française) veut banaliser l’élection de ses agents.
Politiquement, c’est là qu’il faut commencer à élire d’autres élus, d’autres mandataires de la volonté citoyenne. Ni les factieux de l’extrême droite lepéniste, ni les potentats des partis alternants. Mais bien des citoyens, engagés contre l’austérité, contre le capitalisme – sous son masque social-libéral comme avec le complet- veston et la Rolex du bourgeois triomphateur – pour l’écosocialisme. Des citoyens partisans de la limitation des mandats, de la révocabilité et de la responsabilité des élus. Des citoyens qui feront passer les intérêts et besoins communs avant les impératifs de profit. Des citoyens qui mettront leur mandat au service des collectivités et non à celui de l’ambition présidentielle de menteurs bellicistes instrumentalisés par le capital.
La citoyenne ou le citoyen a la possibilité dans environ les 2/3 des cantons de voter pour de tels candidats. Les candidats pour une nouvelle façon de faire de la politique. Les candidats qui voient plus loin que la 5° république et n’ont pas l’intention de laisser la commission européenne et le TAFTA dicter leur budget aux collectivités locales.
Ils n’ont pas une étiquette unique dans toute la France, mais il n’est pas difficile de reconnaître les alliances de la gauche affranchie du social-libéralisme.
Au soir du premier, puis du second tour des élections, ce sera un combat de visibiliser le résultat de ces candidats, seul véritable enjeu électoral de ces élections. Tout sera fait par le système médiatique et le ministère de l’intérieur, pour en brouiller la lisibilité.
Le premier moyen d’agir pour cette visibilité est évidemment d’aller voter pour ces candidats. Plus leur nombre d’élus sera grand, plus les élections départementales auront favorisé la démocratie.
Vous en avez marre du mépris des citoyens, des budgets étiques de la solidarité, l’éducation et la culture, de la corruption de la 5° république, du blocage budgétaire et économique par l’Europe, de la dictature capitaliste sur l’économie, l’environnement et le travail… Votez en conséquence.
Votez pour les candidats de la gauche unie affranchie des socio-libéraux !