La phrase présidentielle: de l'ambiguité à la prudente insignifiance

Le style solférinien nous a habitués à de pompeuses insignifiances, telles "le choc de simplification", ou "l'inversion des courbes". Le Président maintenant s'exprime par phrases au sens indiscernable, probablement pour prévenir tout "choc de vérité"....

Indécidable, la phrase de Hollande:

" Il n'y a pas d'alternative au pouvoir à gauche en dehors de la ligne que je représente. »

On nous la livre sans ponctuation, ce qui est logique, puisque la phrase a été notée au vol de son oral télévisuel.

Il s'agit d'une phrase dont l'interprétation est "indécidable", c'est-à-dire que selon la construction que l'on y comprend ... on doit choisir entre deux significations inconciliables... Le genre de panier où une chienne ne retrouve pas ses petits...

1 - La seule "alternative au pouvoir à gauche" est "la ligne que je représente": cad, si vous voulez éviter l'accession de la gauche au pouvoir, soutenez la candidature de Hollande ...

2 - La seule hypothèse de pouvoir à gauche, c'est celle de ma candidature... il n'y a pas d'alternative.

Il faut néanmoins noter aussi qu'en bonne logique il y a, dans la réalité, au moins  une "alternative au pouvoir à gauche", à savoir le pouvoir à droite, ce qui nous sort de la problématique d'une "alternative"(choix à deux options)  pour envisager un choix à au moins trois options.

Hollande est devenu prudent, échaudé par la réception du "Discours du Bourget". Il évite maintenant de parler clairement... Au moins on ne l'accusera plus de mensonge. Puisqu'il parle dorénavant pour ne rien dire....

Ce qui s'explique par un fait simple: parmi les "présidentiables", le Président est le seul dont il est certain qu'il ne sera pas élu en 2017.

Bientôt il amramanonnera dans son jardin de tulle: "Moi, Président, mmmm, Moi, Président, mmm" et fera rouler sur la pelouse son petit scooter téléguidé.

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