"Hagards", vous avez dit "hagards", comme Le Monde est hagard ...

De retour de quelques jours à Thessalonique (1) pour un colloque consacré aux "Récits de la Crise", je lis Le Monde, en attendant mon train en retard, comme de juste, à la Gare TGV du terminal 2 de Roissy.

Je lis que le correspondant du Monde à Berlin (2) nous "informe" que les Grecs sont "hagards", faisant la queue aux distributeurs de billets, pour "retirer leur argent des banques" et "sauver leurs économies".

C'est fort étonnant, ce regard perçant sur la Grèce depuis Berlin...

En fait, les distributeurs de billets à Thessalonique sont souvent le lieu de files d'attente, le plus souvent de 5 à 10 personnes, parfois jusqu'à une trentaine.

Quoi de plus logique, quand on est limité à retirer 60 euros par jour...

Les files sont plutôt bon enfant. On y discute du referendum. Rares sont ceux qui envisagent de voter "oui"... Mais les journalistes qui font les images pour la propagande de la troïka les trouvent et les interviewent.

Le correspondant du Monde à Berlin nous dira sans doute comment on "retire ses économies" au rythme de 60 euros par jour...

Il confond les Grecs avec ses fréquentations habituelles, pour qui la fuite des capitaux se fait pourtant par des jeux d'écriture et non sur un ATM...

En fait, il prend ses désirs pour des réalités et formule une prédiction qu'il espère auto-réalisatrice.

Il manifeste son mépris pour les Grecs...

A l'image des créanciers, dont il assure la "Com."

Propagande, caricature, mensonge, double-vue ...

Quand on voit le monde avec les lunettes déformantes et malveillantes de Monsieur Schaüble, on déconsidère son journal, durablement.

(1) Thessalonique est en GRÈCE.

(2) Berlin est en Allemagne.

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