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Billet de blog 5 novembre 2011

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Coups de flash sur un désastre européen

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De la séquence des 2 sommets de crise européens et du G20 je retiens comme une série de flashs. Une lumière brutale et crue vient d’exposer aux yeux de tous le désastre qu’est devenue la construction européenne. Les différentes composantes de ce désastre, et les liens entre elles apparaissent cruellement.1/ Médiocrité des dirigeants. Que la quasi totalité des dirigeants des pays comme des instances européens soit à ce point médiocre, sans envergure et sans courage ne peut être le fait du hasard. Comme Todd parle du « symptôme Sarkozy », on pourrait aussi parler du symptôme Berlusconi, Papandréou, Barroso, ou même Merkel. Ou sont les Helmut Schmitt, les Helmut Kohl et les Mitterrand ? Comment nos systèmes démocratiques peuvent-ils à ce point dysfonctionner pour que nos représentants manquent à ce point de vision et de pouvoir ?2/ Ils s’auto félicitent de bien gérer les crises, sans avoir l’honnêteté de reconnaître que ces crises n’auraient jamais du arriver s’ils avaient bien fait leur boulot. Cette gestion de crise révèle une crise de la gestion et là encore un échec du processus démocratiques. Illustration parfaite de la « théorie du choc », les décisions dans l’urgence, lorsque la maison brûle, ne peuvent physiquement être ni débattues ni contestées. La crise est vendue, admise, incontournable, non négociable, le citoyen n’a plus son mot à dire.3/ Ces crises sont des crises financières Nous sommes en crise uniquement parce que nous n’avons pas d’argent à la fin du mois pour rembourser les banques. Point. L’argent, les puissances financières sont devenus nos maîtres incontestables. Nous sommes apparemment devenus les esclaves des institutions financières, et cela sans que personne ne le conteste.4/ Nous sommes dépendants de nos créanciers parce que nous avons choisi d’avoir des dettes publiques. La dette publique de la France est de 1600 Milliards d’Euros. Les Avoirs financiers privés des Français (principalement en Assurance Vie) est de plus de 3000 Milliards d’Euros. Par idéologie pure, mais aussi par manque de contrôle démocratique, nous avons choisi d’avoir une dette publique et des avoirs privés. 5/ Nous sommes tenus par les banques internationales privées à qui nous avons « vendu » nos dettes nationales publiques. Nos avons choisi de nous vendre aux « marchés ». Nous aurions pu choisir un autre moyen que l’intermédiation des banques privées pour vendre nos « bons du trésor ». Les Etats Européens, ou plutôt leurs dettes, donc leurs peuples, sont vendus au plus offrant. La notion de « souveraineté » a-t-elle encore une réalité quelconque ?6/ Pour servir nos maîtres, nous choisissons d’équilibrer les comptes en sabrant dans les dépenses plutôt qu’en augmentant les recettes et en combattant la fraude. Résultat de notre idéologie, de notre bêtise et du manque de contrôle démocratique, nous sommes incapables de taxer les capitaux, d’imposer les plus riches et surtout de combattre fraude et corruption. Arnaque à la TVA (du fait de l’Europe !!!) : 10 Milliards d’€ par an. Arnaques aux systèmes de santé, financement d’entreprises privées multinationales, évasion fiscale, détaxation des héritages… tout est fait pour laisser les plus riches s’enrichir plus encore tout en creusant la dette publique.7/ De fait, nos Etats Européens ne servent plus leurs peuples, mais les plus riches, ceux qui détiennent les capitaux. Les pauvres (individus comme Etats) sont devenus des gêneurs. Le choix pour ou contre le plan de redressement est devenu un choix « dans ou hors de l’Euro ». Il faut maintenant cracher du cash ou sortir. Même le FMI (qui avait prévenu il y a longtemps que le plan de redressement grec n’était pas tenable) passe pour tendre face aux exigences des institutions Européennes. Il semble me souvenir de mes cours d’histoire que la deuxième guerre mondiale était le résultat de l’humiliation des peuples. L’écroulement maintenant très probable de l’Euro va-t-il permettre aux peuples de (re)prendre leur destin en main et de rebâtir l’Europe sur des principes démocratiques ?

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