Oliv92
Supply Chain
Abonné·e de Mediapart

105 Billets

2 Éditions

Billet de blog 16 août 2015

Oliv92
Supply Chain
Abonné·e de Mediapart

Retard économique et confiance au Mali

Oliv92
Supply Chain
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Depuis 6 mois au Mali, je découvre une règle de base des "affaires", allant tellement de soi ou presque en Europe qu'on l'oublie: "pas de business sans confiance".

Comme dans les transactions entre brigands (qui, par nature, ne peuvent se faire confiance) la négociation pour faire travailler quelqu'un porte avant tout sur "quand paie t'on et selon quelles règles".

* si je te paie avant que tu ne commences à travailler, je crains que tu ne files avec mon argent sans rien faire

* si je travaille sans avance, j'ai peur de ne pas être payé à la fin de la journée.

Ce manque de confiance, gênant au niveau d'une petite transaction (faire réparer sa climatisation par exemple) devient un handicap fondamental pour fonder une Société, investir dans une usine ou lancer un projet. Quand personne ne peut faire confiance aux autres, comment être capable de la moindre initiative commune ? Sans confiance, pas de Société Anonyme. Et sans Société Anonyme, aucun développement économique substantiel n'est possible.

Ce problème de confiance est relevé aussi dans un article sur les affaires en Chine. Il relève 4 raisons fondamentales à ce manque de confiance, encore plus vérifiables au Mali qu'en Chine :

1/ Un système judiciaire faible. On ne peut pas compter sur la justice pour faire respecter un contrat.

2/ La culture. Les Maliens sont des grands commerçants, très mobiles, voyageurs. Dans la tradition Peule (un des groupes ethniques importants du Mali), la ruse a une place importante. Toute belle arnaque sera reconnue comme une preuve d'intelligence. Seules quelques ethnies (comme les Dogons) ont la droiture comme valeur centrale.

3/ La corruption. Aucune administration n'est digne de confiance car chaque fonctionnaire est susceptible d'être corrompu.

4/ La recherche du profit immédiat. Du fait du délitement de la famille traditionnelle, chacun cherche à se protéger, et la meilleure protection est d'économiser. La perspective d'un gain rapide aura le dessus sur une relation long terme et durable. Même à l'intérieur d'une famille.

 Comment, dans ces conditions, s'engager sur des projets conséquents à plusieurs, sur plusieurs années? Très peu d'individus ont les moyens d'investir dans une usine ou une grosse exploitation agricole. Les autres, craignant de s'associer, restent à un niveau très faible.

 Comment exploiter des terres aussi riches (voir la photo prise hier au sud du pays), comment investir dans du matériel agricole, comment obtenir un prêt, croire aux promesses d'un client, signer un contrat... sans confiance.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Soupçons d’emploi fictif : une vice-présidente du RN visée par une enquête du Parquet européen
Selon nos informations, une série de perquisitions est en cours lundi 5 décembre, visant deux élus RN, dont Edwige Diaz, vice-présidente du parti, dans le cadre d’une enquête du Parquet européen. La justice se penche sur des soupçons d’emploi fictif, lorsque la députée était assistante parlementaire européenne en 2018-2019.
par Marine Turchi
Journal — Europe
Ukraine : la guerre, « un puissant accélérateur » pour les droits LGBT+
Depuis le début de l’invasion russe, de plus en plus de soldats ukrainiens portent publiquement les revendications des personnes LGBT+, en particulier la demande d’une union civile entre partenaires du même sexe. L’enjeu, en temps de guerre, est capital. Des hommes et des femmes meurent au combat, sans que leurs proches ne puissent revendiquer aucun droit sur leur corps.
par Mathilde Goanec
Journal
Comment le gouvernement veut rattraper le retard français
Dans un contexte de risque élevé de tension sur le réseau électrique cet hiver, l’Assemblée nationale examine, à partir du lundi 5 décembre, le projet de loi visant à accélérer le déploiement de l’éolien et du solaire en France.
par Mickaël Correia
Journal
États-Unis : en Géorgie, une enquête sur l’élection de 2020 menace Donald Trump
L’ancien président a moins de souci à se faire au sujet de la défaite attendue de son poulain, Herschel Walker, lors de la sénatoriale de Géorgie du mardi 6 décembre, que de l’enquête de la procureure Fani Willis, au terme de laquelle il pourrait être inculpé pour fraudes et ingérences électorales.
par Alexis Buisson

La sélection du Club

Billet de blog
L'électricité est-elle un bien commun ?
[Rediffusion] L'électricité est-elle un bien commun, comme Yannick Jadot l'a fait récemment ? La formule produit un effet électoraliste garanti. Mais cette opération rhétorique est sans intérêt s’il s’agit, à partir de la fonction sociale actuelle de l’électricité, de faire apparaître dans le système énergétique des options qui méritent un positionnement politique.
par oskar
Billet de blog
Les coupures d'électricité non ciblées, ce sont les inégalités aggravées
Le gouvernement prévoit de possibles coupures d'électricité cet hiver : j'ai vraiment hâte de voir comment seront justifiées l'annulation de trains et la fermeture d'écoles pendant que les remontées mécaniques de Megève ou Courchevel continueront à fonctionner. Non ciblées sur les activités « non essentielles », ces coupures d'électricité pourraient aggraver les inégalités.
par Maxime Combes
Billet de blog
Nationalisation d’EDF : un atout pour la France ?
Le jeudi 24 novembre, c’est dans un contexte bien particulier que le nouveau PDG d’EDF Luc Rémont prend ses fonctions. De lourds dossiers sont sur la table : renationalisation du groupe, relance du parc nucléaire et des renouvelables, négociation avec Bruxelles sur les règles du marché de l’électricité et gestion de la production avant les trois mois d’hiver.
par Bernard Drouère
Billet de blog
L’électricité, un bien commun dans les mains du marché
Le 29 août dernier, le sénateur communiste Fabien Gay laisse exploser sa colère sur la libéralisation du marché de l’électricité : « Ce sont des requins et dès qu’ils peuvent se goinfrer, ils le font sur notre dos ! ». Cette scène témoigne d’une colère partagée par bon nombre de citoyens. Comment un bien commun se retrouve aux mains du marché ?
par maxime.tallant