Messieurs les pêcheurs breton, vous devriez essayer de faire coter votre poisson à la bourse de Chicago. Vous pourriez ainsi espèrer que des spéculateurs inventent des produits dérivés sur la sole, le cabillaud ou la langouste. Il faut passer au 21ème siècle messieurs ! Est-ce que l'on entend les agriculteurs se plaindrent de l'augmentation du prix du gasoil? Pourtant, leur coût de production est fortement lié au cours du pétrole : gasoil pour les tracteurs, mais surtout engrais, dont la production nécessite énormément d'énergie. Alors, abandonnez votre vente à la criée, archaique, et qui vous oblige à écouler votre production le jours même, au cours du jour. Vendez à terme ! Utilisez le levier que sont les quotas pour faire monter les cours.
Plus sérieusement, la mort annoncée des pêcheurs français est un exemple de ce que j'expliquais dans mon précédent billet. Si l'on veut protéger les pêcheurs, il me semble que la meilleure solution et de fixer un cours plancher par catégorie de poisson, ou alors taxer les importations. Cela nous empêcherait d'acheter du poisson pêché par des gens qui ne respectent pas les quotas, les techniques de pêches "durables", et ne paient pas de charges sociales. Ou alors, il faudra m'expliquer que tous les pêcheurs du monde ont les mêmes contraintes et que seuls les pêcheurs français n'arrivent pas à s'en sortir ? A ceux qui m'objecteront que ce genre de mesure serait défavorable au consommateur, j'apporterai deux réponses :
* une augmentation de 50% du prix d'achat aux pêcheurs ne représenterait qu'une hausse de 2 ou 3 euros au kilo, c'est à dire moins de 10% du prix de vente au consommateur final.
* le poisson va devenir un produit de luxe dans les années qui viennent, quoi qu'on en pense. Les populations de la plupart des espèces sont en forte décroissance, certaines menaçant de disparaître (thon rouge par exemple). Comme pour le pétrole ou pour le blé, augmenter le prix d'une denrée rare n'a rien de choquant... sans toutefois entrer dans la logique de la spéculation, même si les producteurs ne s'en plaignent guère..
J'imagine qu'un des obstacles à la fixation des prix sont les règles européennes...cela ne fera que confirmer qu'elles ne sont pas faites pour protéger les populations européennes, mais uniquement le fruit de l'idéologie libérale