L’outrance peut-elle être une stratégie de communication politique viable ?

Les bisbilles fleuries et les dérapages verbaux ont toujours émaillé les débats politiques en France. En revanche, ces dernières semaines ont vu un seuil alarmant être franchi. Désormais, l’outrance et la caricature sont devenues le modus operandi des politiciens de droite comme de gauche. N’importe quelle opportunité est bonne pour donner de la voix, biaiser la réalité, injurier si besoin et tenter d’exister au détriment de l’autre. Au risque non-négligeable de servir la communication des extrêmes qui n’en demandent pas tant.  

Certes, le climat délétère n’aide guère à la sérénité des esprits. Courbe obstinément haussière du chômage, floraison obsessionnelle de taxes en tout genre, matraquage fiscal des petites entreprises, coups de boutoir à répétition sur l’euro et creusement inexorable du fossé entre riches et pauvres, tout cela ne concourt guère à des visions politiques de lendemains enchanteurs. Il y a quasiment un an, Nicolas Sarkozy avait été tenu pour comptable de la déliquescence et du désespoir dans lesquels s’enfonce le pays. Dix mois plus tard, son successeur cristallise tout autant (sinon plus) un rejet diffus mais virulent où s’expriment pêle-mêle crispations militantes, déceptions électorales et attentes irréalistes. La solution réside-t-elle dans l’outrance des discours ?

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