Ethique & communication : peut-on acheter un mot-clé pour informer ?

L’immixtion des mots clés dans la chaîne de l’information a connu un énième rebondissement avec le récent achat par l’UMP du mot « perquisition » sur Google pour atténuer la pression médiatique liée à l’enquête autour de l’affaire Woerth-Bettencourt. Le procédé n’est pas nouveau pour le parti majoritaire qui y recourt depuis 2005 de manière chronique pour attirer l’attention des internautes sur ses argumentaires et promouvoir ses idées politiques. Des entreprises s’adonnent également à l’usage tactique du mot-clé sur les moteurs de recherche pour mieux émerger dans le débat environnant et contrer d’éventuels opposants lors de période de crise. Le géant pétrolier BP y a d’ailleurs fait recours intensivement à la suite de la marée noire provoquée par l’explosion de sa plateforme d’extraction dans le Golfe du Mexique.

Si l’approche marketing et consumériste des mots clés peut se concevoir pour vendre des produits, des marques et des services, peut-on en revanche utiliser les mêmes outils commerciaux de référencement dès lors qu’il s’agit de sujets d’information aux enjeux sociétaux nettement plus sensibles. L’intrusion des mots clés dans l’arsenal du communicant d’entreprise et/ou politique soulève de véritables questions éthiques. Peut-on orienter le débat d’idées et les sujets d’actualité comme on promeut un modèle de voiture ou un site de petites annonces immobilières ? La question mérite d’être posée car elle sous-tend des déviances dangereuses pour la chaîne de l’information déjà suffisamment complexe et brouillée à l’heure actuelle. Lire la suite...

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