Si le PS veut bien libérer son « S »... : pour une nouvelle offre à droite

Il suffirait de presque rien pour que l'échiquier politique redevienne lisible... et que les populismes dégonflent...

L'électeur de droite, attaché à des valeurs minimal(ist)es de solidarité et à qui la tête d'Alain Juppé ne revenait pas, a dû récemment se rabattre sur la droite extrême, séparée de l'extrême droite par une feuille de papier à cigarette. Alors qu'une autre offre existe à droite ! Le problème : la tradition (et Dieu sait si la tradition, il y tient l'électeur de droite). La fidélité aux aînés, le besoin impérieux d'une cohérence interne et un évident dégoût du gauchisme hérité du XXe siècle interdisent à ces électeurs de se retrouver dans une autre offre politique, correspondant pourtant mieux à cette droite dans laquelle ils ont grandi. Un « S » se dresse entre eux et l'urne...

Pourtant, il existe bien un parti pour qui les inégalités ne sont pas tout à fait inéluctables, même s'il est un peu vain pour les responsables politiques de vouloir s'y attaquer et qu'en plus, ça risquerait de nous mettre mal avec la Croissance... Un parti qui ne rechigne pas à faire usage de la force publique (et à laisser libre cours à ses dignes représentants d'exercer tout leur art orthopédique) quand les masques de manifestants soit-disant pacifistes cachent de dangereux casseurs. Une formation politique convaincue qu'à côté de la répression et la sécurité, la prise en compte des causes de la radicalisation confine à la scandaleuse « excuse sociologique » ; qui fait le choix de l'honneur de la Nation française contre la binationalité déshonorante. Un parti qui portent haut les Droits de l'Homme mais regarde avec lucidité les capacités d'accueil réduites de la France, qui fait de la protection de la planète une priorité sans négliger l'utilité des 4X4 sur les trottoirs des grandes villes, qui prône la charité mais espère que personne ne fera la manche ce soir devant l'entrée du théâtre... Un parti, enfin, qui prouve chaque jour que la compromission s'avère un remède efficace contre la montée du populisme.

Si le « S » disparaît donc, le « P » à lui tout seul reste à éviter (pour des raisons encore plus sensibles...) mais un épithète quelconque devrait pouvoir se substituer : l'électeur de droite de tradition retrouve une offre moins destructrice et les autres électeurs peuvent retrouver, voire participer à créer, un mouvement à gauche, redistributeur, humaniste et écologiste.

Pas si compliqué en somme...

 

 

 

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