Un mot, Monsieur Plénel.

Voir : https://www.mediapart.fr/journal/france/191018/les-premieres-decouvertes-des-perquisitions-melenchon

 

 

 

 

Que vous éprouviez de l’antipathie pour Mélenchon, c’est votre droit Monsieur Plénel et vous en usez, mais, fidèle lecteur de Médiapart, je ne veux pas en être éclaboussé.

 

Dans un moment politique dont l’énormité écorche ce qu’il nous reste de la peau de chagrin qu’est devenue notre démocratie, vous avez soudain la dent bien douce pour le pouvoir qui s’est autorisé la farce tragique des perquisitions, et qu’il cherche à nous vendre par médias-dépendants interposés.

Je me serais attendu à ce que, indépendant que vous êtes, vous montiez aux rideaux pour dénoncer cette opération de basse police, vous le célèbre pourfendeur des coups tordus. Mais vous n’avez rien vu là, rien dit non plus ou si peu.

Au contraire, vous avez en toute indépendance tiré vos boulets dans le sens du vent, au dessous de la ceinture, en asticotant la bonne vieille gaudriole qui, si elle n’apporte rien au fond, a le mérite d’allumer des regards égrillards.

Vous envoyez en l’air avec grâce quelque pétard mouillé qui, à défaut de sentir la poudre, développe une odeur douteuse de presse à scandale, celle qui invite ses lecteurs à se glisser sous les lits.

Et moi, je n’y viendrai pas.

Que je sois tout bonnement abonné à un journal de parti pris, c’est peut-être la constatation que je dois faire. La question qui me taraude alors est de savoir lequel. Ou alors lesquels... Et combien ? Et s’il n’y aurait pas quelques contradictions politiques profondes qui vous habiteraient ?

Car votre statue cousue main exige droiture, dignité, pugnacité certes, mais avec un soupçon d’élégance... et je perdrais tout appétit si la blanche colombe du journalisme indépendant venait à confirmer des penchants scatophages.

C’est pourtant pas le grain qui manque !

Olivier Foucher

Insoumis

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