Le film d'une exposition qui célèbre la lumière, le jaune... et les Gilets Jaunes.

Sortie ce 17 novembre 2019 d’un film qui fête à sa manière le premier anniversaire du soulèvement mondial en cours. Ce "petit pan de mur jaune" est construit pour les amateur.ices de peinture jaune. Bon anniversaire!

https://youtu.be/FGDVzkBe6LI

Pour l’exposition "ENFERMEMENT" du 13 avril au 8 octobre 2019 au musée de Saint-Denis, cité-tombeau des rois de France, Olivier LONG propose une série de peintures et d’affiches qui mettent en rapport l’intérieur et l’extérieur du musée. La réalisatrice Anne DE GALZAIN a fait un film de cet événement.

Olivier LONG, "Mes amours jaunes" installation pour l'exposition "Enfermement", musée d'art et d'histoire de Saint-Denis. © Jean-michel Fickinger Olivier LONG, "Mes amours jaunes" installation pour l'exposition "Enfermement", musée d'art et d'histoire de Saint-Denis. © Jean-michel Fickinger

Le cloître de l’abbaye de Saint Denis est un ossuaire, des moines y sont enterrés à même le sol. On marche ici sur des dalles de pierres gravées qui indiquent des présences spectrales. Entre vitrail et radiographie, Olivier Long expose en ces lieux des peintures de méditation.

À la manière des shamans qui visualisent les corps au rayon X pour y lire des maladies initiatiques, qui sont autant de détresses du corps social, cette peinture transparente, à double vue, exhibe dans la stratification des couches, une histoire à la fois proche et lointaine, celle d'une Méditerranée qui est le pays des peintres mais aussi celui des souvenirs d'enfance d'Olivier Long, issu d'une famille de la diaspora corse.

Un regard perspicace reconnaîtra dans ces toiles des os, des organes, des corps noyés, des fragments d'avions de chasses, des armes démontées, des âmes mortes ainsi que de nombreux vestiges de l’histoire coloniale.

Exotique, « la couleur est un paradis » disait Matisse, mais le fantasme d’une Arcadie édénique (Matisse, Miro, Signac, Klee, Gauguin…) n’est-il pas aujourd’hui le tombeau de nos rêves ? C’est la raison pour laquelle, à la manière des vitraux de la cathédrale de Saint-Denis, cette peinture post-exotique porte à la lumière une dimension secrète de nos existences : une dimension biopolitique de l’abstraction y refait surface.

Entre utopie et paradis, manifestation ou procession, qu’elle soit banderole ou bannière, toute affiche, toute image, ne dit-elle pas aussi la revendication d’un monde autre ? C’est la raison pour laquelle, en complément des salles de l’exposition permanente consacrée par le musée de Saint-Denis à la Commune de Paris, des affiches jaunes rendent hommage au grand mouvement qui soulève la France en ces années 2018-2019. De Paris à Santiago du Chili, la révolte des Gilets Jaunes est à l'origine d'une déflagration qui a réveillé, de manière apatridaire, une soif de justice et d'égalité sur toute la planète. Il convenait d'en célébrer l'onde de choc et d'accueillir au musée Paul Éluard de Saint-Denis des affiches produites pour ces événements.

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