C'est quoi ton histoire d'effondrement ?

"On trouvera bien quelque chose", "y’a sûrement un type dans un bureau qui va nous pondre une solution à ton problème", voire même "t'inquiète y’aura une guerre comme à chaque fois et on redémarrera". Des réponses fréquentes face aux doutes documentés qui s'expriment de plus en plus sur la durabilité de nos sociétés. Explication nécessaire pour mes amis, ma famille, et pour les autres aussi.

Sans faire un recueil scientifique ou idéologique, l'objectif est ici d'expliquer en quoi nos sociétés sont au bord de l'effondrement, sans filtre et sans exhaustivité, et surtout en essayant de se débarrasser des croyances qui nous empêchent de prendre les problèmes à bras-le-corps.

Les publications des climatologues se démultiplient pour mettre en garde l'opinion publique et les décideurs sur le réchauffement global. Les écologues tentent de nous sensibiliser sur la menace qui pèse sur de nombreux écosystèmes terrestres, entre autres choses la progressive disparition des barrières de corail et donc à terme de l'ensemble de la faune sous-marine. Les énergéticiens nous alertent sur l'épuisement des ressources, le pétrole déjà, mais aussi de nombreux minéraux nécessaires à la transition numérique et, plus grave encore, indispensables à la transition vers les énergies renouvelables. Des économistes pointent du doigt la dangereuse accélération de la concentration des richesses. Les géographes ont montré la déconnexion entre lieux de production et lieux de consommation et ainsi la dépendance sans cesse croissante à l’automobile consommatrice d’une énergie que nous n’aurons bientôt plus. Les textes scientifiques majeurs obtiennent un écho, souvent trop faible bien sûr, dans les médias généralistes, mais ne sont jamais mis en lien pour envisager une perspective globale sur notre société dans son présent et dans son avenir. Ces problématiques sont évoquées de façon parcellaire et sans analyse globalisante, et seule une lecture systémique nous permet d’apprécier les défis face auxquels nous sommes confrontés, nous. Pas nos enfants ni nos petits-enfants, mais nous, ici, aujourd’hui et demain. Pablo Servigne et Raphaël Stevens ont recueilli suffisamment de données fournies par des organes reconnus et officiels pour constituer leur ouvrage de référence Comment tout peut s'effondrer ?, paru en 2015.

NOTRE MODE DE CONSOMMATION EST LE PROBLÈME  

La conscience globale pour les questions environnementales existe, il suffit de voir la sympathie témoignée aux pandas, aux ours polaires, aux gorilles pour s'en convaincre. Cette biodiversité romantique mise en valeur à travers les jouets pour enfants est en danger et cette disparition constitue la sixième extinction de masse à l'échelle des temps géologiques. 58% des vertébrés ont disparu entre 1970 et 2012, 90% des grands prédateurs marins ont disparu, des espèces s'éteignent chaque jour, mais qu'avons-nous fait, concrètement, pour enrayer cette dynamique macabre ? Nous n'avons pas interdit la déforestation, nous n'avons pas réussi à arrêter le braconnage, nous n'avons pas lutté contre l'acidification des océans, nous n’avons pas réussi à réguler la surpêche... Parce que nos intérêts à court terme ne sont pas là. Notre mode de consommation est le nœud du problème, nous pouvons vilipender les entreprises qui ruinent les écosystèmes tropicaux afin d'y planter des palmiers à huile, mais nous achetons leurs produits car cette plante permet d'obtenir l'huile végétale la moins chère du marché, et donc des produits accessibles pour nous, consommateurs. Malgré les alertes lancées par les ONG, par nombre de reportages, nous ne faisons pas évoluer nos modes de consommation, pire, le goût pour les accessoires inutiles, la viande industrielle et le recours systématique à l’automobile s’exportent dans les pays en développement. Pour vous dire à quel point la conscience environnementale existe : les derniers orangs-outans de Bornéo, n'ayant plus de milieu naturel puisque nous le détruisons, deviennent pour les travailleurs des mines et des exploitations de palmiers à huile, des esclaves sexuels. Oui, vous avez bien lu. Déjà en 1971 l’anthropologue Claude Lévi-Strauss nous invitait à réinventer notre rapport à ce qui constitue à nos yeux l’altérité, le vivant : “Quand ils proclament, au contraire, que « l'enfer, c'est nous-même », les peuples sauvages donnent une leçon de modestie qu'on voudrait croire que nous sommes encore capables d'entendre. En ce siècle où l'homme [la civilisation, ou l'homme civilisé] s'acharne à détruire d'innombrables formes vivantes, après tant de sociétés dont la richesse et la diversité constituaient de temps immémorial le plus clair de son patrimoine, jamais, sans doute, il n'a été plus nécessaire de dire, comme font les mythes, qu'un humanisme bien ordonné ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l'homme ; le respect des autres êtres avant l'amour-propre.

L'ÈRE DE L'ANTHROPOCÈNE

La biosphère est une chaîne, où chaque espèce a sa place, où chaque phénomène naturel a son intérêt, où la complémentarité, seul préalable à sa durabilité, est nécessaire. Si votre chaîne de vélo perd un maillon, vous continuerez d'avancer sur quelques mètres, mais si vous n'avez pas suffisamment anticipé le moment où vous allez poser le pied à terre, vous risquez la chute, et ce qui est certain, c’est que le vélo n’avancera plus. Une étude a montré que la disparition de la “mégafaune” (les grands mammifères) entraîne dans les milieux secs une augmentation des feux de forêt, alors que dans les milieux humides les grands éléphants garantissaient une canopée fournie et une captation de CO2 plus importante. Lorsque nous participons activement à l’extinction d’espèces, nous provoquons de lourds déséquilibres naturels, et ainsi nous nous attaquons nous-mêmes. La tendance à nous projeter hors-nature, comme une force transcendante imperméable aux éléments, est encore la vision majoritaire dans nos sociétés occidentales. Il est désormais impératif de nous inclure, dans notre perception du monde, au système-Terre. Nous constituons une puissance géologique destructrice plutôt qu’une superpuissance capable de réguler à sa guise les variables naturelles.

Oui, nous détruisons. La croissance économique sur laquelle nos sociétés occidentales se fondent dépend a fortiori de l'activité économique, par définition consommatrice d'énergie, que ce soit par la production ou par le déplacement. Et cette sacro-sainte croissance, qui ne cesse de s’affaisser, et dont dépend notre système social entier, devrait bientôt atteindre… la récession, non pas comme un nouveau modèle décroissant choisi par nos sociétés, mais comme une conséquence de la réduction des disponibilités énergétiques.  

Produire, c’est consommer de la nature. Au-delà de la menace que représentent la production et les déplacements pour les ressources naturelles, le moindre déplacement en transport carboné émet du dioxyde de carbone, non compensé par la plantation de végétaux consommateurs de CO2. Jour après jour, déplacement après déplacement, les quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère augmentent, inlassablement, provoquant des effets déjà mesurables et qui ne cesseront de s’aggraver. D’ici plusieurs décennies, des régions entières du globe, parfois très peuplées, seront inhabitables, entraînant des exodes massifs vecteurs de conflits. La France peine depuis trois ans à accueillir quelques dizaines de milliers de migrants, la population est-elle prête à venir en aide aux centaines de millions de personnes qui demain frapperont à notre porte ? Le péril climatique va entraîner des bouleversements des équilibres géographiques et économiques, même si nous parvenons à lutter contre les causes de ce réchauffement, ce dont on peut légitimement douter, car, pour respecter les engagements signés à Paris, il est nécessaire que chaque habitant de la planète divise ses émissions de gaz à effet de serre par six. Sommes-nous collectivement prêts à ne plus prendre la voiture, ni l’avion, sommes nous-prêts à ne plus consommer de biens manufacturés, à ne plus acheter de viande industrielle ?

LE MIRAGE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE

Nombreux sont les gouvernements, les entreprises et les citoyens à appeler de leurs voeux un développement durable. On ne peut pas développer une économie sans s’attaquer à l’environnement naturel, de l’énergie est nécessaire pour produire ou se déplacer. Quelle activité économique ne nécessite ni électricité, ni pétrole, ni matériaux ? Certaines formes d’agriculture peuvent s’affranchir d’énergie fossile et de technologies perfectionnées, tous les autres secteurs économiques sont par essence destructeurs car consommateurs de ressources, à des degrés différents certes, mais même les initiatives les plus socialement louables comme l’économie sociale et solidaire ou le commerce équitable sont dépendantes des énergies fossiles. Le recyclage est mis en avant comme solution afin de réemployer certains matériaux si précieux par leur valeur d'usage, certes c’est indispensable, mais, là encore, la transformation est prédatrice d'énergie et donc de ressources. De plus, comme l’a montré Philippe Bihouix, le recyclage est imparfait, car des alliages complexes à recycler sont utilisés, la miniaturisation des appareils rend la tâche difficile, les matériaux utilisés sont toujours plus nombreux ce qui rend le recyclage toujours moins efficace.  Le développement durable est un rêve et le réveil semble imminent.

Entre 95 et 98% de l'énergie dépensée dans la mobilité des hommes est directement tributaire du pétrole. Le pic pétrolier - brut et non-conventionnel - est pour très bientôt, et une fois la production déclinante, nous n'avons aucune garantie de la pérennité de l'accès au pétrole, qui conditionne nos déplacements, nos activités économiques et même notre agriculture. Là encore, la solution mise en avant est l'électrique. Nous allons tous acheter des Tesla et des Zoé pour régler le problème. Avec quel lithium ? Avec quel cobalt ?

“L'ÉNERGIE PROPRE N’EXISTE PAS”

Peu d’idées font consensus, l'une d'elles est la nécessité de s'affranchir des ressources fossiles en concentrant les investissements énergétiques sur le renouvelable. Certains rêvent au tout-renouvelable. Alors oui, l'idée de produire localement l'énergie électrique, tout en réduisant ses émissions carbonées, est séduisante. Malheureusement elle n'est pas soutenable à long terme, et “l'énergie propre n'existe pas” nous dit Jean-Marc Jancovici. Les panneaux photovoltaïques utilisent des minéraux rares comme l’indium, dont on voit déjà le tarissement des réserves, les éoliennes tant dans les convertisseurs (néodyme) que dans la construction des pales (argent) emploient des minéraux soumis à un futur épuisement. De très nombreux articles parlent du “boom du renouvelable”, de “l’essor du solaire”, ou encore d’un pays à la pointe qui produit presque toute son électricité sur une journée grâce à l’éolien ; ces informations très relayées sont à relativiser, car de 2000 à 2014, la consommation de charbon a augmenté trente-cinq fois plus que la production grâce au solaire, et dix fois plus que l’énergie éolienne. L’énergie à l’échelle mondiale est encore très largement carbonée, y compris pour la production électrique.

Une possibilité pour une énergie non-carbonée et relativement pérenne est l'emploi de l'énergie nucléaire, mais, techniquement, cette technologie est soumise à un entretien coûteux, ainsi qu'au recours au pétrole pour extraire la matière première, pour assurer la maintenance du matériel et la sécurité de l'infrastructure. Les méthaniseurs ne pourront pas fournir une énergie suffisante pour maintenir notre activité. De même pour l'hydrogène (l'électrolyse de l'eau est gourmande en énergie) ou la fusion nucléaire (pas du tout au point), des pistes de recherche passionnantes mais pour le moment infructueuses. C'est pourtant le plan A de nos sociétés : trouver une source d'énergie capable de soutenir nos activités ad vitam aeternam alors que pour l'instant nous n'avons rien de tel. Et si nous ne trouvions pas avant que le pétrole ne vienne à manquer ?

Nous sommes face à ce que les Anglo-Saxons appellent un "predicament", un problème sans solution. Enfin si, il existe des solutions, et nous serons vraisemblablement contraints de les mettre en oeuvre :  l'arrêt de toutes les activités humaines de production de biens de consommation superflues, l'arrêt de tous les déplacements carbonés non-vitaux, le retour à une agriculture vivrière non-mécanisée, et sans engrais phosphatés (car oui, le phosphore subira aussi son pic de production d'ici une dizaine d'années). Beau programme pour une élection politique, non ?

UN MONDE AUX RESSOURCES FINIES NE PERMET PAS UN DÉVELOPPEMENT INFINI

Rabhi souhaite une sobriété heureuse, mais nous subirons la sobriété forcée. L'idée de se serrer la ceinture pour le bien commun est mise en avant par les libéraux afin de réduire la dette publique. La contrainte face aux enjeux climatiques, énergétiques et écologiques nous obligera à nous serrer la ceinture dans d'autres proportions. Un cran ne suffira pas. Nous serons contraints de remonter de plusieurs crans, et pour supporter cela il n'y a pas mille possibilités, nos sociétés devront "maigrir". On ne peut physiquement pas faire croître notre niveau d'activité indéfiniment. Un monde aux ressources finies ne permet pas un développement infini.

Les Romains ont vu leurs ressources énergétiques se réduire et les menaces se multiplier, les Mayas n’ont pas réussi à s’adapter aux changements climatiques et aux sécheresses répétées. Plus récemment la Syrie ou la Grèce, partiellement, sont des exemples d’effondrements systémiques. Les causes sont multiples et corrélées, chaque fois différentes, mais l’approvisionnement énergétique et alimentaire, les évolutions environnementales, et la dépendance vis-à-vis de l’extérieur demeurent trois constantes. Nos sociétés occidentales ne sont préparées à aucun de ces facteurs d’effondrement.

LA FRAGILITÉ DU SYSTÈME FINANCIER

Considérer la crise des subprimes comme point de départ des chutes successives peut sembler judicieux, car il est important de se rendre compte de l’absence totale de remise en cause du modèle financier, ce choc aurait dû nous amener à gagner en résilience, à réfléchir aux causalités, aux rétroactions et à l’ultra-dépendance de nos structures sociales vis-à-vis des marchés spéculatifs. Les dettes publiques comme privées ont explosées depuis 2007, et les interdépendances entre les différents acteurs indiquent que si, par exemple, un certain nombre d’étudiants Étatsuniens sont dans l’incapacité de rembourser tout ou partie de leurs emprunts, ce qui est vraisemblable face au mur énergétique qui se profile et la baisse d'activité qui suivra, alors les banques se retrouveront dans une situation encore plus dramatique qu’il y a dix ans. Rien n’a été fait pour réduire le risque d’effondrement financier, au contraire, les étincelles potentielles se sont multipliées. Il nous est difficile collectivement de prendre les décisions pour changer en profondeur notre modèle de développement. Les politiques publiques sont essentiellement des facilitateurs économiques, il est donc hasardeux de compter sur elles pour un quelconque changement.

L’espérance dans la faculté humaine à trouver des solutions est un aveuglement face à la complexité et à la globalité des obstacles qui se profilent. Certains nous ont alerté, dès les années 1960, adoptant des approches différentes que ce soit Jean Dorst, Pierre Fournier ou les époux Meadows, mais personne n’avait alors intérêt à les écouter. Personne non plus ne remet sérieusement ces faits en cause, et personne n’est en mesure aujourd’hui d’entrevoir une sortie de l’impasse dans la dignité et dans le respect de toutes et de tous. Le sort des moins favorisés demeure déjà dramatique, ils seront encore les plus fragiles face aux évolutions environnementales et sociétales.  L’effondrement de nos sociétés thermo-industrielles apparaît inévitable, la question des délais est polémique et se livrer à une estimation précise est cavalier.

UNE REMISE EN CAUSE COLLECTIVE ?

Nous nous rêvons à l’apogée de l’évolution et maîtres de notre monde, nous sommes en fait dépendants et inconscients. Toute forme d’engagement est souhaitable, mais vaine, il ne s’agira pas de changer notre monde, qui changera par la force des choses, mais de réussir à s’adapter aux renversements en cours. Parmi les raisons qui empêchent une remise en cause collective, l’impossibilité d’utiliser nos sens pour percevoir les changements en cours, décrite par Dominique Bourg : on ne voit pas le réchauffement, on n’entend pas la fin du pétrole, on ne touche pas la fragilité financière. Une chose est possible cependant, regarder l’emballement démographique, facteur supplémentaire à prendre en compte dans ce raisonnement, en direct ici. C’est l’un des grands paradoxes de l’écologie, la vie est magnifique et la liberté de chacun à disposer de son corps et de mener sa vie comme il/elle l’entend est essentielle et nécessite dans certains pays des luttes quotidiennes ; mais nous savons que la croissance démographique n’est pas soutenable pour que chacun puisse disposer d’un minimum de ressources, à commencer par l’eau.

NI LA FIN DE L'HUMANITÉ, NI L’APOCALYPSE

L’effondrement n’est ni la fin de l’Humanité, ni la mise en danger de la planète, ni l’apocalypse. C’est une transition d’une société industrielle où la création de richesses demeure le facteur de diagnostic et d’action, où les régions du monde sont souvent interdépendantes, à un ensemble de sociétés locales non dépendantes des ressources fossiles, arrêtant de fait l’éclatement des lieux de vie entre travail, école et loisirs. Autres aspects importants, l'autosuffisance alimentaire redeviendra la norme, et la consommation de produits manufacturés ou alimentaires provenant de l’autre bout de la planète ne sera plus possible. Nous devons tendre vers ce paradigme plus humain, reconstituer un rapport à notre environnement non prédateur, aborder les événements et l’évolution de notre milieu avec une indispensable résilience, sans croire que le tout-technologique permettra de pérenniser notre modèle actuel, et sans tomber dans une approche survivaliste vectrice de conflits et ne répondant en rien aux enjeux.


Nous sommes dans une voiture, roulant à vive allure, se dirigeant vers un ravin ; soit nous décidons d’accélérer en exploitant la pleine puissance et la capacité technique maximale de notre machine, au risque de dégâts énormes mais avec l’espoir fou que la voiture réussisse seule à s’envoler, soit nous décidons de ralentir pour envisager un autre trajet, plus long, dont on ne connaît pas précisément le détail de l’itinéraire, sûrement moins rêveur, mais sans doute moins risqué. Les disputes insupportables dans le véhicule pour décider du bon chemin à suivre commencent tout juste, opposant les transhumanistes persuadés des capacités de la machine, aux résilients voulant éviter un avenir à la Mad Max. Pendant ce temps, à la radio, Serge Reggiani chante comment, ayant conscience de sa propre fin, il est possible d’éviter lamentation et isolement : “combien de temps encore ? Des années, des jours, des heures, combien ? Quand j’y pense, mon coeur bat si fort, mon pays c’est la vie, [...] je l’aime tant, le temps qui reste. [...] Quand l'orchestre s'arrêtera, je danserai encore ! Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul ! Mais je t’aimerai encore, d’accord ?

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