Médiapart serait-il anti Nouvelle Donne ?

 

À la lecture de l'article de Yannick Sanchez dans votre lettre de Médiapart du 1er mars, j'ai ressenti comme un malaise qui s'explique à la relecture par des imprécisions, des contre sens, et des erreurs non flagrantes mais qui dénotent comme un parti pris qui avance caché. Vous pourrez voir ci-dessous quelques éléments que j'ai pu relever. J'ai mis en gras les citations de l'article.

L'article note ceci :Libération écrit qu'il [Pierre Larouturou] « n'est pas loin d'adhérer au PRG ».Le lien sur Libé renvoie à un article du 26 janvier 1998 où le nom de Pierre Larouturou n'est même pas cité ! Très décevant de la part de Médiapart alors que l'exactitude des sources s'affirme comme une de ses valeurs.

Dans le même paragraphe :« Notre objectif, c’est de créer une contre-révolution culturelle qui va sortir des clivages gauche-droite », déclare le nouveau porte-parole du parti Joseph Boussion…et Sanchez de conclure :le parti ne semble pas s'affranchir de l'échiquier politique traditionnel droite-gauche.Cette incohérence relève du déni sans étayage et n'est pas digne d'un journaliste de Médiapart.

« Tous ceux qui voulaient qu’on parte de la base pour organiser le mouvement ont été écartés, stigmatisés », déclare Jean-François Saunoi, ancien responsable du comité local de Saintonge… « Tous ceux qui étaient opposés aux statuts n’ont pas pu s’exprimer ».Mr Jean-François Saunoi nous a complètement saoulés dans la région et sur le forum par une logorrhée à tonalité paranoïaque. Il avait lui-même écrit des statuts pour ND avant la co-construction, sans doute ne supportait-il pas que toutes ses idées ne soient pas reprises. Il a largement participé à une lettre d'info s'auto-réclamant de ND « Le trait d'union » qui s'est rebaptisée « Le Lien » dont le N° 4 est une critique fleuve des instances ND et où la mauvaise foi se double d'une agressivité manifeste. J'ai d'ailleurs envoyé un droit de réponse où je démonte point par point leurs affirmations. Évidemment, pas de réponse. Voilà les néodonniens dans leur manière de faire. Mais quelles sont leurs motivations ? J'ai personnellement participé aux questionnaires de la co-construction en tant qu'adhérent de base et j'ai eu l'agréable surprise de voir que mes propositions avaient été entendues.

« Ils essaient de nous faire croire que tout part de la base mais tout se gère au bureau national », affirme Sylvia Langin, ancienne membre du collectif Drôme-Ardèche et également « néodonienne ».Nous sommes en présence d'un phantasme anarchique. Il y avait une nécessité de cohérence sur certains plans (charte graphique, positions nationales etc.) mais l'organisation des Comités locaux et les actions locales ont toujours bénéficié d'un principe de subsidiarité qui ne s'est pas démenti chez nous et la citation se poursuit : « Nous n’avons par exemple pas accès au fichier des adhérents. J’ai voulu envoyer des convocations aux membres du collectif mais on m'a empêchée de les diffuser », jure-t-elle. La première phrase est vraie mais la seconde est fausse. Tant que les comités locaux n'étaient pas structurés avec un règlement intérieur validé avec des référents désignés démocratiquement, les instances nationales provisoires ne s'autorisaient pas à donner un listing à une personne qui pouvait ne représenter qu'elle-même. Je comprends parfaitement que cela aurait pu poser un problème légal au regard des règles de la CNIL. Dans notre comité local, les informations distribuées aux adhérents locaux par le national n'ont jamais été censurées même si certains adhérents ne les recevaient pas toujours à cause de difficultés informatiques non discriminantes.

ND dérange beaucoup de monde et les attaques sont acerbes de la part du Front de gauche, du PA… et du PS. Certains se sentent en situation de concurrence alors même que les adhérents de ND viennent essentiellement de non encartés et d'abstentionnistes humanistes qui ne se reconnaissent pas dans les partis classiques. Ce jeune mouvement n'est donc pas à l'abri de manœuvres destructrices par une infime minorité alors que la grande majorité des adhérents et celle des sympathisants travaillent positivement à la construction du mouvement.

Emmanuel Chaumery, devenu le 31 janvier dernier secrétaire national, n'a pas hésité à insulter les « néodoniens », « tout ce petit monde de peigne-cul », cette « bande de connards », sur le forum interne accessible aux 11 000 adhérents. « Personnellement, j'attends que les statuts soient votés pour lancer une opération de foutage de mon pied au cul à cette bande de salopards qui ne méritent que ça », écrit-il encore avant de répudier la charte éthique. « Qu'on ne me mette pas la charte en face de mes écrits, je m'en cogne. »L'agressivité est contagieuse et s'il a été harcelé, comme certains d'entre nous en Poitou-Charentes, on peut comprendre ce dérapage mais je regrette qu'Emmanuel Chaumery s'y soit laissé prendre. Je n'ai pas retrouvé ces propos dans le forum mais je pense qu'il a été recadré par des gens qui n'en pensent pas moins mais restent courtois. Que Médiapart relève avec complaisance ce genre de sorties n'est pas à son honneur. N'y a-t-il pas de sujets plus intéressants comme la lutte contre le clientélisme, le professionnalisme et le respect des minorités par l'introduction du tirage au sort et des décisions par consentement ? Tous les adhérents ont pu participer à la structuration démocratique du mouvement ! Je ne suis pas loin de penser que ce mouvement extraordinaire est historique et fera date ! 

Elle [Isabelle Maurer]avait d'ailleurs publié une lettre de démission que le parti avait refusé de diffuser à ses adhérents.En fait, dans sa lettre elle dit ceci :«…À présent je reste provisoirement une simple adhérente et à ce titre je me comporterai comme telle. Je me réserve bien entendu le droit de démissionner ou de ne pas renouveler mon adhésion si de tels agissements devaient perdurer. » Et Madiapart de conclure :Le départ d'Isabelle Maurer, dont le profil n'a pas non plus été enlevé du site du parti, [départ]que nie Pierre Larrouturou, illustre les dysfonctionnements en interne.En fait, elle n'a pas démissionné du parti mais de ses fonctions dans les instances. Ce manque de rigueur de la part de Yannick Sanchez montre qu'il se laisse aller à un a priori négatif que je n'attendais pas de Médiapart. Cela met en doute à mes yeux la fiabilité d'autres informations du journal.

Si Médiapart pouvait faire un petit correctif, cela me rassurerait sur ses capacités d'autocritiques. « Pan sur le bec dirait le Canard »

Bien cordialement

Olivier Schmitt

Adhérent de base à Nouvelle Donne

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