Infox, désinformation, complots & covid-19: le regard de la psychologie sociale

Dans ce texte, nous nous intéressons aux enjeux posés par la prolifération d'informations en rapport avec la pandémie de Covid-19 sous l'angle de la psychologie sociale. Comment faire face à tant d'informations? Quelles sont leurs conséquences sur les individus qui y sont confrontés? Que peut-on faire pour lutter contre celles-ci?

Auteurs: 

  • Olivier Klein, Professeur de psychologie sociale à l’Université libre de Bruxelles
  • Vincent Yzerbyt, Professeur de psychologie sociale à l’Université catholique de Louvain
  • Benoît Dardenne, Professeur de psychologie sociale à l’Université de Liège
  • Laurent Licata, Professeur de psychologie sociale à l’Université libre de Bruxelles

Depuis le début de la pandémie, on constate la diffusion d’informations fausses ou sans fondement en rapport avec la pandémie. Nous utilisons le terme d’infox (fake news) pour désigner ces informations. Le terme d’infox est à distinguer de celui de désinformation, qui implique une intention délibérée et avérée de tromper. Certaines infox correspondent donc à de la désinformation et d’autres pas. Ces infox sont de différents ordres. Elles peuvent concerner (sans exclusive) : 

  • L’origine du virus. Par exemple, l’idée qu’il aurait été créé délibérément par des agents souhaitant faire du tort à leurs ennemis.
  • Sa gravité : souvent minimisée (« pas plus grave qu’une grippe »).
  • La prévention et le traitement de la maladie : exagération des bienfaits de la chloroquine sans base scientifique fiable, ingestion ou injection de désinfectants ou d’eau de javel, nocivité présupposée d’un vaccin éventuel.
  • Les objectifs des politiques mises en œuvre pour lui faire face : la pandémie serait l’occasion de surveiller la population de façon massive, de mettre en place des mesures antisociales ou liberticides, de ‘se débarrasser’ de certains segments de la population.

 Remarquons que certaines de ces informations n’ont aucun fondement solide voire sont manifestement fausses (ingérer de l’eau de javel est clairement nocif) alors que d’autres impliquent d’effectuer des études approfondies rigoureuses avant de pouvoir trancher. La fausseté de l’information n’est donc pas toujours directement identifiable sans contextualisation.

 Ces informations sont souvent articulées les unes aux autres dans un récit plus élaboré. Lorsque ce récit met en cause un groupe d’individus agissant en secret et nourrissant des objectifs funestes, on les qualifie de théories du complot. Par exemple, selon certaines de ces théories, la gravité de la maladie a été exagérée pour forcer la population à accepter des mesures de surveillance dans la perspective d’instaurer un gouvernement totalitaire mondial aux bénéfices de multinationales. Une fois articulées sous forme de théories du complot, les infox évoquent généralement un rapport à un pouvoir puissant, perçu comme un « ennemi ». Ce « pouvoir » correspond souvent à des « élites » politiques ou financières.

Internet permet une diffusion massive de ces infox. Ainsi, certaines vidéos complotistes francophones font état de près d’un million de vues.

Les conséquences négatives de la diffusion de ce type d’infox sont de différentes natures :

  • Utilisation de moyens de prévention et de traitements sans utilité, voire néfastes à la santé.
  • Refus d’adopter les mesures efficaces de prévention.
  • Perte de confiance à l’égard des médecins qui refuseraient d’administrer un certain type de traitement ou refus de la part des malades de suivre les conseils de leur médecin.
  • Perte de confiance dans les autorités vues comme instrumentalisées par des agents extérieurs (ou comme associées à ceux-ci).
  • Mise en œuvre d’actions collectives parfois violentes à l’encontre des prétendus agents d’un complot.

 Le public fait aujourd’hui face à une situation d’incertitude liée à une réalité complexe (la pandémie et sa gestion sanitaire et politique). Une situation d’incertitude favorise la recherche d’information en général et, plus particulièrement, l’adhésion à des théories du complot car ces dernières offrent des récits facilement accessibles permettant de donner sens à la réalité (Van Prooijen & Jostmann, 2013) et car elles proposent des solutions simples pour résoudre la crise. Il est clair que, pour appréhender les enjeux de cette pandémie, il est nécessaire d’identifier des sources d’information fiables dès lors que personne ne dispose de l’expertise suffisante pour aborder l’ensemble des éléments. Par exemple, la nature du virus et son mode de transmission, le danger qu’il représente par rapport à la saturation éventuelle du système de santé, les effets possibles d’un confinement ou d’un déconfinement sur la santé publique ou sur l’économie sont des questions qui requièrent chacune, pour y répondre, des formes d’expertises avancées. Toute conviction par rapport à ces questions ne peut donc se nourrir que sur la confiance que l’on éprouve à l’égard de ces sources d’expertise.

Incompréhension de la démarche scientifique

On le sait, « la science » est souvent considérée comme la légitimation la plus forte d’une information. On constate toutefois une forme de dévoiement du rapport à la science, qui peut prendre les formes suivantes :

  • La plus commune consiste à considérer que la parole d’experts reconnus dans leur domaine respectif est forcément légitime. Si un prix Nobel comme Luc Montagnier ou un des virologues les plus reconnus dans son domaine comme Didier Raoult énonce une affirmation, celle-ci aurait nécessairement valeur de vérité scientifique.
  • La seconde consiste à relayer les résultats d’études non publiées (comme, par exemple, l’effet préventif de la nicotine sur la covid-19) mais dont les résultats sont spectaculaires ou ont une haute valeur médiatique.

 Ces deux phénomènes illustrent une incompréhension de la démarche scientifique. Deux des éléments clés qui légitiment un savoir scientifique sont, d’une part, le processus de révision par les pairs (qui se doit évidemment d’être totalement indépendant de l’identité des auteurs de l’étude) et, d’autre part, la reproduction des résultats (Popper, 1973).

 Argument d’autorité

 Donner la parole à des « stars » de la science en considérant que la validation d’une information par leur personne est un gage de vérité est contraire à cette démarche. Cela revient de plus à ignorer le fait que les savoirs scientifiques sont sans cesse en mouvement. L’incertitude est la règle dans des domaines en plein développement comme ceux qui concernent l’origine du coronavirus (différentes hypothèses contradictoires étant avancées par différentes équipes). Donner la parole à une figure célèbre peut donc occulter la réalité de cette incertitude alors que mettre en scène les débats risque paradoxalement de jeter le discrédit sur la science (« même les scientifiques ne sont pas d’accord ») en raison d’une mauvaise compréhension des principes de base de la recherche scientifique. L’application d’une grille de lecture complotiste selon laquelle une élite scientifique refuserait d’écouter un dissident ‘éclairé’ qui ose remettre en cause une vérité établie- est une des conséquences de ce type de personnalisation de l’activité scientifique.

 Production scientifique

 Cette difficulté liée à la compréhension des principes de base de la science est amplifiée par l’ampleur de la production scientifique autour de la covid-19. Celle-ci, vu les délais, est souvent publiée sous forme de pré-publications, sur des sites de partage en ligne. Bien qu’ayant la forme d’articles scientifiques, ces ‘découvertes’ n’ont pas encore fait l’objet d’une expertise (révision par les pairs) et leur qualité moyenne est bien moindre que celle que l’on trouve dans la littérature publiée en bonne et due forme. Les incitations à publier rapidement (notamment favorisées par certaines agences de financement de la recherche) contribuent sans doute à niveler la qualité moyenne de ces travaux vers le bas (Gasziou, 2020). Ceci place les journalistes désireux de diffuser ce type d’information dans une situation délicate, accentuée par leur manque de formation scientifique. Ceci est d’autant plus difficile que les auteurs et les institutions dont ces derniers font partie sont susceptibles de mettre en valeur ces travaux. Les services de communication des universités sont devenues expertes dans la valorisation des travaux de leurs membres (même souvent avant publication). Enfin, le processus de révision par les pairs n'est pas parfait, comme on a pu le constater récemment à travers le "Lancetgate" (un article mettant en question l'efficacité de l'hydrocholoroquine a dû être retiré suite à la découverte d'erreurs ayant échappé au processus d'expertise). Pour malheureux qu'il soit cet incident permet tout de même d'illustrer une vertu du débat scientifique 'officiel', à savoir le fait qu'une erreur ou une faute se trouve à un moment donné  'avouée' et signalée, menant en l'occurrence à un processus de retrait de l'article (pour des problèmes plus mineurs, d'autres démarches sont possibles - comme une réponse des auteurs ou l'expression de réserves officiellement notifiée sur le site de la revue). 

 Enjeux économiques de la diffusion de l’information

Etant donné leur appétit pour de l’information, les médias sont particulièrement avides d’éléments permettant de répondre à l’inquiétude de la population. Il y a donc un intérêt économique objectif (ne fût-ce qu’en termes de « clics ») à diffuser de l’information qui répond à cette inquiétude, fût-elle non vérifiée. Certains la communiquent de bonne foi, souvent par manque de compréhension de la démarche scientifique. D’autres le font de façon purement cupide ou stratégique. Les consommateurs d’information sont rarement clairvoyants quant à ces motivations et prennent ces informations pour argent comptant. Ce travers est d’autant plus probable que la crédulité est la tendance la plus naturelle des individus face à de nouvelles informations (Gilbert et al., 1993, Pantazi, Klein & Kissine, 2018).

 Sources de l’infox

 On constate que les théories du complot et, plus largement, l’infox proviennent surtout de deux sources a priori indépendantes : d’une part, l’extrême-droite, principalement américaine (par exemple à travers le mouvement QAnon, Meleagrou-Hitchens & Crawford, 2020), qui craint une limitation des libertés (notamment à travers l’utilisation de la 5G) et, d’autre part, des mouvements issus des médecines douces, opposés à la vaccination, et favorables à un mode de vie plus « naturel », qui voient dans la pandémie l’occasion d’une mainmise politique et technologique sur leur mode de vie. La diffusion de ces informations s’effectue par le biais de figures bénéficiant déjà d’une large audience dans ces milieux et qui, souvent, amplifient des messages diffusés par des acteurs relativement obscurs. Le public visé par ces acteurs est souvent déjà engagé et trouve donc dans la désinformation une occasion d’alimenter ses convictions et de faire du prosélytisme. L’adhésion à cette information s’inscrit donc souvent dans le cadre d’une identité collective. Croire à une information diffusée et partagée au sein du groupe participe d’un processus d’intégration sociale et de mobilisation collective.

 Les audiences visées par ces communications sont dès lors confrontées à des formes de désinformation qui peuvent être articulées en un récit cohérent mais qui divergent de celui qui est véhiculé par les médias dits traditionnels. Ceci renforce la défiance vis-à-vis de ceux-ci, perçus comme relayant un discours « officiel » commun et trompeur. Dans cette lecture groupale, les défenseurs de ce récit officiel apparaissent comme un « exogroupe» antagoniste.

 Attrait de l’infox

 On peut émettre quelques hypothèses quant à la raison de l’attrait de ces formes d’infox auprès de leur audience, en particulier lorsqu’elles sont articulées sous forme d’un récit de type complotiste. On ne peut pas appréhender cet attrait sans considérer l’identité de ceux qui diffusent ces informations et les stratégies argumentatives qu’ils utilisent pour séduire leur audience :

Ces informations offrent des explications simples et aisément compréhensibles face à une situation anxiogène. Comprendre est évidemment une des premières étapes nécessaires pour faire face à l’anxiété. Ces explications sont d’autant plus convaincantes pour leur audience qu’elles se greffent sur une grille de lecture pré-existante. Par exemple, pour les adeptes des médecines douces, l’idée que la technologie cherche à nous séparer de la nature est centrale et rend la théorie du complot d’autant plus vraisemblable (tout en renforçant la pertinence de cette idée).

  1. L’infox est vue comme une information « dissidente », allant à contre-courant du discours dominant. En y croyant, on peut se croire dépositaire d’un savoir « occulte », qui nous distingue des « moutons » s’abreuvant du discours « officiel » relayé par les médias traditionnels (Lantian, Muller, & Nurra, 2018).
  2. Le message complotiste est fédérateur. Les figures les plus importantes sont suivies par une communauté clairement structurée sur les réseaux sociaux. Adhérer à la théorie du complot, c’est donc aussi s’insérer dans un groupe, établir des liens sociaux, ce qui est important dans le contexte d’isolement suscité par le confinement.
  3. Les théories complotistes s’insèrent généralement dans des mouvements politiques (au sens large) qui proposent des actions collectives permettant de faire avancer leur projet. La théorie du complot offre donc non seulement un moyen de comprendre mais aussi d’agir face à un ennemi clairement identifié, ce qui répond au désœuvrement que peut susciter la pandémie et le confinement.
  4. L’un des moyens d’action privilégiés est extrêmement peu coûteux : il s’agit de diffuser le message complotiste à travers un simple partage. Ce faisant, son diffuseur peut non seulement répondre à un sentiment de perte de contrôle face à la pandémie mais aussi bénéficier d’une gratification « narcissique » car il éduque son audience en lui révélant une vérité à laquelle elle n’avait pas accès.

 Lutte contre l’infox

 L’une des solutions les plus communes pour faire face à l’infox est le « fact checking », qui consiste à corriger les informations fausses. Plusieurs médias (les « Décodeurs » du Monde, « Checknews » de Libération, le « Vrai-faux du coronavirus » sur RTBF-La première) ont recouru à ce genre d’approche et le font de façon fort sérieuse.  

 L’efficacité du fact checking est toutefois limitée par les facteurs suivants :

  • Limitation de l’exposition: Les personnes adhérant à ce type de croyances sont peu susceptibles de consulter ces sources.
  • Manque de confiance: ces sources peuvent elles-mêmes faire l’objet d’une défiance (les faits « supposés » étant alors présentés comme contestables et biaisés).
  • Soutien social: les consommateurs de ce type de sites ne sont pas isolés et sont susceptibles de réagir collectivement au fact-checking avec le concours d’autres convaincus. De toute évidence, le modèle d’un consommateur individuel qui traiterait l’information de la façon la plus rationnelle possible doit être remplacé par celui d’un conflit entre deux groupes. Dans ce type de dynamique, le fact-checking peut dès lors avoir l’effet opposé à celui qui est attendu dès lors qu’on se conformera d’autant plus aux normes associées à l’identité collective (ici de « sceptique par rapport au discours officiel »).
  • Les autres atouts de l’infox: La diffusion et le partage d’une infox ne reposent pas seulement sur un examen critique de l’information. Celle-ci peut être partagée parce qu’elle est susceptible de divertir l’audience, surprenante ou encore tout bonnement ridicule. Ces motivations ne risquent pas d’être affectées par une correction de l’information.
  • La conviction profonde: L’adhésion au complot répond souvent à un sentiment plus profond qui trouve dans les faits qui l’étayent une confirmation. Mais le fait que certains de ces faits s’avèrent non fondés n’ébranle pas ce sentiment plus profond, qui trouvera alors d’autres bases pour l’étayer. Les théories du complot reposent sur une masse de faits distincts (et souvent de faible valeur argumentatives considérés individuellement, cf. Bronner, 2013) de telle sorte que l’édifice persiste même si l’un ou l’autre de ceux-ci est mis à mal (Cialdini, 1993 ; Festinger, Riecken & Schachter, 1956).  

Pour contrer l’infox et à côté du fact-checking, la « technique de l’inoculation » s’appuie sur la métaphore de la vaccination contre les idées fausses en exposant des personnes à des techniques de désinformation (de façon limitée et contrôlée). Il s’agit d’ « armer » préventivement les personnes sur le plan cognitif face à de l’infox que l’on s’attend à voir surgir (cette méthode s’est révélée relativement efficace : Rozenbeek & Van der Linden et al., 2019). Outre ces initiatives médiatiques, des démarches d’éducation aux médias sont aussi les bienvenues. Des campagnes visant à détecter les « fake news » ou les théories du complot ont été mises en œuvre mais leur efficacité demande encore à être évaluée.

D’autres méthodes plus systémiques sont aussi envisageables (Commission Européenne, 2018). En particulier :

  • Une plus grande transparence dans l’identité des sources de diffusion de l’information et de leur mode de financement
  • Une demande de transparence auprès des plateformes de réseaux sociaux sur l’utilisation des algorithmes (qui peuvent alimenter la désinformation en favorisant l’exposition à des contenus qui correspondent à ceux qui ont été appréciés précédemment)
  • Le développement d’indicateurs de qualité de l’information sur les plateformes de réseaux sociaux
  • En dernier recours, certains contenus peuvent être retirés (s’ils présentent un danger manifeste pour la santé publique ou appellent à la violence).

 Au-delà du travail sur la diffusion de l’information, il importe de souligner que l’adhésion aux « fake news » et à la désinformation reflète un manque de confiance dans le pouvoir et en les autorités (Imhoff, Lamberty & Klein, 2018). C’est donc fondamentalement un problème de rapport au politique, et au fonctionnement démocratique tel qu’on le connait, qui se pose.  Ce problème touche particulièrement des personnes qui se sentent marginalisées ou abandonnées. Pour lutter contre le complotisme et la désinformation, il est nécessaire que ces personnes puissent se sentir représentées par les autorités, ce qui implique un travail sur la gouvernance et, plus particulièrement, la représentation des minorités.

 On le voit, une lutte efficace contre l’infox implique un vaste programme. On est bien loin de l’idée qu’il suffira de dire plus haut et plus fort les informations exactes, si tant est qu’on les connait.

Pour aller plus loin:

L'ouvrage Psychologie Sociale deVincent Yzerbyt et Olivier Klein (De Boeck), propose un panorama de la discipline. 

Le blog d'Olivier Klein consacré notamment à la "psychologie sociale du coronavirus". 

Références

  • Bronner, G. (2013). La démocratie des crédules. Presses universitaires de France.
  • Cialdini, R. (1993). Influence : The Psychology of Persuasion. New-York : Harper Collins.
  • Commission Européenne (2018). A multi-dimensional approach to disinformation. Report of the independent High level Group on fake news and online disinformation. Bruxelles: Rapport.  
  • Gilbert, D. T., Tafarodi, R. W., & Malone, P. S. (1993). You can’t not believe everything you read. Journal of Personality and Social Psychology, 65(2), 221–233. https://doi.org/10.1037/0022-3514.65.2.221
  • Festinger, L., Riecken, H.W., and Schachter, S. (1956). When Prophecy Fails. New York: Harper and Row.
  • Gasziou, P. (2020). A deluge of poor quality research is sabotaging an effective evidence based response. British Medical Journal, 369:m1847. Doi : 10.1136/bmj.m1847
  • Imhoff, R., Lamberty, P., & Klein, O. (2018). Using power as a negative cue: How conspiracy mentality affects epistemic trust in sources of historical knowledge. Personality and Social Psychology Bulletin, 44(9), 1364-1379.
  • Lantian, A., Muller, D., Nurra, C., & Douglas, K. M. (2017). “I Know Things They Don’t Know!” Social Psychology, 48(3), 160–173. https://doi.org/10.1027/1864-9335/a000306
  • Meleagrou-Hitchens, A. & Cawford, B. (2020). 5G and the Far Right: How Extremists Capitalise on Coronavirus Conspiracies. https://gnet-research.org/2020/04/21/5g-and-the-far-right-how-extremists-capitalise-on-coronavirus-conspiracies/.
  • Pantazi, M., Kissine, M., & Klein, O. (2018). The power of the truth bias: False information affects memory and judgment even in the absence of distraction. Social cognition, 36(2), 167-198.
  • Popper, K. (1973). La logique de la découverte scientifique. Paris: Payot.
  • Roozenbeek, J., & Van Der Linden, S. (2019). The fake news game: actively inoculating against the risk of misinformation. Journal of Risk Research, 22(5), 570-580.
  • Van Prooijen, J. W., & Jostmann, N. B. (2013). Belief in conspiracy theories: The influence of uncertainty and perceived morality. European Journal of Social Psychology, 43(1), 109-115.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.