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Billet de blog 21 avr. 2022

Battons Marine le Pen dans les urnes

Certains d’entre vous hésitent encore. Depuis ses origines, rien n'a fondamentalement changé à l'extrême-droite. Ses partisans détestent la République et de défendent une vision raciste de la société. Si Marine le Pen était élue, cela aboutirait à des privations de droits sans précédent pour des millions de personnes et aux pires injustices inscrites jusqu'au cœur de notre constitution.

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Pour la seconde fois consécutive, l’extrême-droite s’est qualifiée pour le second tour.

Alors sans détour, sans hésitation, sans regret mais sans illusions nous prendrons le seul bulletin de vote à notre disposition, celui d’Emmanuel Macron pour empêcher Marine le Pen d’accéder au pouvoir.

Nous savons que certains d’entre vous hésitent encore à cette heure, certains déçus d’autres en colère d’avoir à choisir entre deux projets de société dans lesquels ils ne se retrouvent pas.

A nos concitoyens qui se trouvent dans cet état d’esprit, nous vous disons que nous ne voulons vous donner aucune leçon, mais nous voulons partager avec vous quelques réflexions sur la filiation politique de l’extrême-droite qui, nous le pensons, éclaire les mesures phares du programme de leur candidate.

Ce courant politique réactionnaire, se structure sur la scène politique française avec l’affaire Dreyfus et agrège autour de l’antisémitisme et de l’hostilité à la République parlementaire. Il va connaître une consécration de ses idées dans le régime de Vichy. Ses ligues vont fournir les plus zélés collaborateurs avec l’ennemi nazi et ses militants seront les piliers de la milice. Cette force supplétive de la Gestapo, assume son identité fasciste, anticommuniste, antisémite et antirépublicaine et se rend coupable des plus atroces exactions pendant la deuxième guerre mondiale.

Pendant la guerre d’Algérie, les militants d’extrême-droite des organisations politico-militaires factieuses, justifient l’utilisation de la torture, multiplient les attentats terroristes et fomentent une tentative de coup d’état. Ils se rassembleront quelques années plus tard pour fonder, autour de Jean-Marie le Pen, le Front National.

Malgré les tentatives pour maquiller sa véritable identité et dissimuler son projet, rien dans le programme de Marine le Pen n'a véritablement changé. Il est toujours le projet antirépublicain, raciste et injuste, qui provoquerait une fracture irréparable à notre Nation s'il était placé en tête au second tour.

Pourquoi veut-elle remplacer le droit du sol par le droit du sang et inscrire la préférence nationale dans la constitution ?

Car il n’y a rien que l’extrême-droite ne déteste plus qu’une nation dont le ciment sont les valeurs universalistes héritées de la Révolution française. Leur projet est d’imposer un nouvel ordre social qui institutionnalise la différence ethnique ou culturelle (pour ne pas dire raciale). Voilà pourquoi ils envisagent de modifier la Constitution pour fonder la légitimité d’une société inégalitaire. En arrivant au pouvoir, les droits de millions de personnes seraient niés, leur droit à se loger, à se soigner ou à se déplacer. D'innombrables familles seraient séparées.

Pourquoi veut-elle remettre en cause la prééminence du droit international ou européen ?

Car l’extrême-droite n’a jamais cessé ses coups de boutoir contre l’état de droit et la hiérarchie des normes dont il procède. Partout où ses alliés sont au pouvoir, comme en Hongrie ou en Pologne, ils menacent l'indépendance des pouvoirs. Loin d’être un débat d’expert, la remise en cause de l’ordre juridique est la première étape pour imposer une lecture autoritaire et antidémocratique qui permet à l’Etat de se soustraire au principe de légalité. Dès lors, le régime organise l’arbitraire. Il supprime les possibilités de recours et rend possible l’impunité de ses crimes.

Pourquoi veut-elle privatiser la radio-télévision publique ou supprimer l’enseignement des langues et cultures d’origine ?

Car rien n’est plus intolérable pour un pouvoir d’extrême-droite que la liberté de penser, d'apprendre, de critiquer et de dire. Partout où ils prennent le pouvoir la presse libre et indépendante est attaquée, les journaux fermés ou contrôlés et les journalistes emprisonnés. Le récit qui convient au régime doit s’imposer à la société, par tous les moyens.

Le projet de Marine le Pen, la vision du monde viriliste et la fascination assumée pour la violence de ceux qui l’entourent doit nous inquiéter au plus haut point. Car ils sont organisés et préparent une politique de contrôle, d'ingérence et de réduction des libertés à tous les niveaux. Ils avancent masqués sur ces sujets mais regardons le Brésil, la Pologne, la Russie, la Hongrie. Dans tous ces pays, le droit des femmes à disposer de leur corps est remis en cause, le droit à l’avortement recule ou est supprimé, les droits des personnes LGBT+ systématiquement niés.

Pourquoi veut-elle introduire la présomption de légitime défense des policiers ?

Il n’y a rien qui horripile plus les militants d’extrême-droite que les mobilisations contre le racisme et les violences policières. La négation de l’existence du racisme dans les rangs policiers est leur mot d’ordre. Aux slogans Black Live Matters en réaction aux crimes racistes perpétrés par des policiers aux États-Unis, comme celui de Georges Floyd ou à l’affaire Adama Traoré en France, les militants d’extrême droite répondent Blue Lives Matter, ou racisme anti blanc.

Si cette proposition de présomption de légitime défense des policiers était appliquée elle conduirait irrémédiablement à l’impunité des crimes racistes lorsqu’ils sont commis par des personnes dépositaires de l’ordre public.

Pourquoi veut-elle mettre fin au regroupement familial et obliger les fonctionnaires à dénoncer la présence de clandestins, ou encore obliger les demandes de droit d’asile à être effectuées depuis l’étranger ?

Car l’extrême-droite n’a jamais cessé d’entretenir sa détestation de l’étranger. L’étranger, celui venu d’Afrique, du Maghreb ou du Moyen-Orient, surtout lorsqu’il est musulman, n’est plus celui qui vient voler le travail des français. Désormais, l’argumentation a évolué. Il vient substituer à la culture hôte la culture d’origine. Cette idéologie fantaisiste du grand remplacement, théorisée par Renaud Camus et son corollaire de la remigration, par le force ou par la peur, aboutit à des privations de droits sans précédent, à la séparation de très nombreuses familles, à la rupture avec notre devoir moral d’accueil des personnes fuyant la guerre ou dont la vie est menacée. C’est au nom de cette théorie qu’un terroriste d’extrême-droite a assassiné 51 musulmans dans deux mosquées de Christchurch en 2019.

Ne nous trompons pas d’élection. Viendra dans quelques semaines le temps des élections législatives. Ce sera l’occasion de faire échec dans les urnes au projet antisocial du président Emmanuel Macron. Mais pour l’heure nous devons protéger nos concitoyens du danger imminent en battant Marine le Pen dimanche 24 avril.

Aux urnes !

Michelle Bonneau et Olivier Stern
Co-Président·es du groupe des élu·es Socialistes à Montreuil

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