Concerto des deux mondes pour accordéon et orchestre

libertango par bogdan nesterenko © Section Technicien Supérieur STS des métiers de l'audiovisuel Lycée Jean Rostand Roubaix
libertango par bogdan nesterenko © Section Technicien Supérieur STS des métiers de l'audiovisuel Lycée Jean Rostand Roubaix

Concerto des deux mondes pour accordéon et orchestre

 

Longtemps j'ai gardé dans ma gorge les chants de ce concerto des deux mondes. Tour à tour très rythmiques, mélancoliques, arabisants mais aussi atonaux, ils tournaient dans ma tête. Ils me posaient cette question : Comment concilier l'inconciliable ?

 

Après bien des tâtonnements, j'ai puisé dans ma mémoire l'expérience de la musique de Jean Wiéner. Dans son œuvre et dans sa vie, il savait réaliser cette prouesse : Les concerts-salades des années 1920, qu'il organisait au Théâtre des Champs-Élysée, mélangeant joyeusement la musique contemporaine de l'époque (Stravinski, Milhaud et bien d'autres), le jazz et la musique populaire.

En cherchant encore, j’aboutis à la superposition de deux tonalités distantes seulement d'un demi ton. Ce qui engendra un chant qui correspondait à mes attentes : emmener l'auditeur hors des sentiers battus et sans qu'il s'en rende compte. Le chant est en fa# mineur et l'accompagnement en ré et do# mineur. Ce qui engendre un trouble, souvent consonant, parfois dissonant. Mais il n'est jamais agressif.

 

Dès lors, l'essentiel du concerto était là, dans ses trois miroirs, cœur de l’œuvre. Ils se rapprochent de la variation à ceci près que je n'ai pas utilisé son principe musical de déclinaison obligée, comme l'aimaient les anciens maîtres.

L'accordéon m'apparut comme une évidence en tant qu' instrument soliste. J'ai composé une ouverture et un final qui encadrèrent les miroirs comme un bâti.

 

Ma triple culture, polonaise, arabe et française s'exprime ici plus que dans toutes mes autres œuvres..

 

Ce concerto est dédié à mon ami Denis Cacheux dont la disparition tragique m'a beaucoup troublé.

 

¤Ouverture du marsouin

¤Trois miroirs

-Sahara

-Poème sans paroles

-L'adieu aux armes

¤Éloge de la valse

 

Bogdan Nesterenko, accordéon

Bruno Membrey, direction

Orchestre Symphonique de Douai

Maison folie de Wazemmes, Lille, 26 mai 2011

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