Lettre Ouverte à mes Amis les Casseurs (Violences policières loi travail Sivens

Mes amis

 Mes amis d'abord, parce que je partage vos convictions, les banques que vous fracassez sont le symbole d'une dictature de la finance, je partage votre désarroi, qui mène à votre brutalité, face à ces chiens de garde que sont les forces de « l'ordre » qui, systématiquement sèment la pire violence qui soit. Je comprend tout à fait qu'après avoir été  victime ou témoin de ces horreurs, on ait envie de cogner. J'ai moi même été à deux doigts, le 1 novembre, de prendre le pavé qui gisait à mes pieds, pour le lancer sur la horde de robots agressifs (je les appelerai les « R.A. »)dignes du meilleur des mondes, que j'avais à portée de jet !

J'adhère à votre colère...

Je comprend très bien qu'elle soit devenue aveugle...

Mais...

 Essayons justement d'y voir plus clair.

 Ce qui va suivre n'engage que moi. Je ne cherche pas vous convaincre, j'essaye juste de poser ouvertement les questions que je me pose, dans un souhait de débat philosophique.

Je constate, par ma présence sur les lieux, que, systématiquement, dans les manifestations, ce sont quatre ou cinq personnes masqués qui lancent les hostilités. Ensuite, les R.A. En profitent pour gazer et tabasser à qui mieux mieux. À ce moment, vous changez de tenue et débutez le combat. Combat légitime.

La question se pose : qui sont ces quatre ou cinq personnes qui mettent l'étincelle ?

Des R.A. En civil ? Des zadistes ? Des éléments venu juste pour casser ?

J'ai ma conviction la dessus, je suis loin d'être le seul, suivez mon regard, vers la première proposition... Mais bon, je n'en tire pas de conclusions.

Le fait est que les R.A. (qui ont un grand savoir en matière d'infiltration même à Sivens, il ne faut jamais l'oublier) ont besoin de cette étincelle pour justifier leurs immondices. Alors dans ce cas, pourquoi la leur donner ?

Casser des banques. Quelle jubilation monte en moi à l'idée de participer à ce projet. Mais seulement lorsqu'il sera coordonné et de grande ampleur !

En effet, ici, la banque fait juste marcher son assurance, récupère un matériel certainement plus flambant neuf qu'avant, voir plus performant car neuf. L'assurance de la banque, qui est une filiale de la banque elle même, va augmenter les cotisations de ses plus pauvres adhérents qui payeront une facture gonflée, elle même, de conflits d'intérêt, etc...

Envisageons maintenant, dans un soucis d'efficacité, la lutte armée.

La lutte armée nécessite d'abord, évidemment, d'avoir un adversaire. C'est pas si évident !

Qui est notre adversaire ? Les flics ? les gendarmes ? L'armée ? les cons ? Le ministre ? Lequel ? Le président ? Le régime capitaliste français ? Européen ? Mondial ? Les fonds de pensions américains ?

L'adversaire, est-ce que c'est l'abruti qui, pour se nourrir, pour se vêtir, n'a d'autre idée que de se faire serviteur, chien de garde du pouvoir en place, aussi fasciste soit il ?

Ou est-ce que c'est le donneur d'ordre ?

Le répond : les deux !

J'aime pas les cons, mais je n'irai pas en tuer un, même en frapper, d'abord par principe puis par risque légitime d'être le con d'un autre.

Mais, plus pragmatiquement voyons les choses. A l'instar de ce que j'ai pu déjà dire au sujet des banques. Je pourrai adhérer à une action violente contre ces humains là, mais seulement si elle était absolument nécessaire, et je ne crois pas que cela soit le cas ici. Et encore faudrait elle qu'elle soit d'ampleur et coordonnée afin que le plus grand nombre de vie soit épargnées. Car que cherchons nous, finalement dans ces luttes ? Pour ma part, je cherche à faire avancer les choses, car la juste révolution qu'on propose ne doit pas finir avec des ministres sous la guillotine ou des femmes rasées par des résistants de la dernière minute, parce qu'elles auraient couché avec un président de la république capitaliste.

Pour ce faire, sans oublier les principes humains qui nous unissent, il s'agit de voir un petit peu plus loin que le bout de son nez rouge, comme savent très bien le faire ces extraordinaires clowns.

Nous sommes au XXIè siècle, les média et leurs emprises ont réussi à vous isoler car, au regard des pauvres gens qui, harassés de travail, de violence patronales, de violences sociale, n'ont plus la force d'aller chercher l'information.

Ces médias qui détournent la vérité pour que des gens continuent de dormir en rêvant secrètement de révolution sans savoir que faire, pour que d'autres gens prennent peur et se réfugient dans ce qu'ils croient vraiment être l'ordre.

Ces media, ces ordures, qui détournent à ce point l'attention que le décès de Rémi Fraisse est retourné, malaxé, digéré dans un souci d'oubli et vomi si besoin d'audimat

Il s'agit de ne plus donner de grain à moudre à ces média. Quel est l'objectif ?

Nous n'y arriverons pas avant d'avoir un million de personne dans la rue convaincu, car plus aucun mensonge ne sera possible, que la violence vient de l'état, soumis à la finance, que c'est cette Vème république qu'il faut foutre par terre, qu'il faut rendre inéligible à vie tout ces fauteurs de troubles fourrés aux conflits d’intérêt, par exemple, ce roi du Tarn, Président depuis 23 ans, digne d'une république bananière.

 Mes amis les casseurs, j'ai l'horreur de vous dire que vous êtes manipulés, par les média, par les R.A. en civil, par l'état.

J'ai l'horreur de vous demander, le ventre et les tripes pleins de cette putain d'injustice, de cesser de donner des images aux média qui coupent à loisirs les scènes qu'ils diffusent. Je prend pour exemple la manifestation à Rouen, où l'on voit, grâce au comportement pacifique de la foule, très clairement les agissements abjectement violents des RA. Alors prenons de la distance, cherchons l'efficacité. On est pas loin, ne gâchons pas tout !

Notre lutte est juste, notre colère est juste ! Alors ne lâchons rien, refusons d'être manipulés, ne jouons plus leurs jeu.

Merci à vous

V.Mayet

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