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Billet de blog 24 mai 2014

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Correspondances syriennes :

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Lors du festival "Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient" (du 29 avril au 11 mai) dont la programmation à la fois pointue et pour tout public a récemment réuni près de 5000 spectateurs dans les cinémas d'art et d' essai de Paris et de Seine Saint-Denis, l'association ChamS Collectif Syrie a eu l'occasion de prendre la parole en défense des réfugiés syriens, mais surtout  de la restituer, et de nous la transmettre via des lectures bouleversantes : qu'il s'agisse du témoignage spontané des protagonistes, encore en vie, du film d'Axel Salvatori-Sinz, les Chebabs de Yarmouk, ou de constats plus littéraires tels que les "Lettres de Syrie" de Joumana Maarrouf, qui par la voix de Laure-Mary Legay,  ce soir, témoignent de l'état d'esprit d'un peuple en guerre - depuis un an au moment des échanges épistolaires- , après quarante ans, de résistance face à la brutalité du régime.

Les Chebabs de Yarmouk : Hassan sur le toit

Samedi 10 Mai...Alors que le festival "Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient" clôturait sa 9 ème édition par une journée de projections largement consacrée à la Syrie l'émotion déborde, lorsque Nathalie Bontemps, cofondatrice  du collectif ChamS Syrie et traductrice nous lit la lettre d'une des protagonistes du film, que nous venons de voir, Les chebabs de Yarmouk, d'Axel Salvatori-Sinz.

Extrait du film les Chebabs de Yarmouk :  http://vimeo.com/63030083

L'empathie est à son comble : nous venons de passer plus d'une heure sur le toit de la maison d'Hassan avec les Chebabs, un petit groupe d'ami(e)s entre 20 et 30 ans, confrontés aux même questions existentielles que la plupart d'entre nous à leur âge : désir d'amour et de liberté, s'engager pour défendre cette liberté, ou courber l'échine, se mettre dans le rang, faire son service militaire... Rester solidaire, ou se  détacher du groupe pour atteindre  en solo des ambitions plus personnelles ? On leur envierait presque ces moments d'incertitude et de doute, qui s'étirent dans la moiteur d'un après-midi porté par une force d'inertie impalpable. Sauf qu'on comprend très vite le malaise, la trappe : les Chebabs n'ont pas le  choix(et s'ils croient encore l'avoir nous savons nous au moment de la projection que c'est fichu). Ils sont la troisième génération de réfugiés palestiniens résidents assignés au camps de Yarmouk  à quelques kilomètres de Damas, suspendus au fil d'un destin que nous découvrirons trois ans plus tard. Le plot du film se concentre sur les papiers d'identité, comment s'en procurer, comment sortir, fuir de ce territoire qu'ils ont fini par aimer où ils ont grandi, où vivent encore leurs parents ? Le film s'achève quelques mois après le début de la révolution, en 2011.

Ecoutez l'interview du réalisateur des Chababs de Yarmouk, Axel Salvatori-Sinz, sur Aligre FM  invité de l' émission Vive le cinéma : ­ http://aligrefm.org/programmes/les-emissions/vive-le-cinema/emission-du-28-avril-1624.html

L'un des Chébabs, Ala'a est parti rejoindre sa copine et poursuit  des études de cinéma au Chili, Tasneem elle, a étudié l'anglais et possède des papiers allemands, elle peut encore circuler plus ou moins librement. Hassan qui étudiait l'art dramatique a finalement choisi de faire son service militaire et de bientôt se marier. Il s'engage dans l'armée de défense "de rien du tout" comme il dit à propos de (l'unité de défense de la Palestine où le gouvernement syrien pioche les premiers appelés au casse-pipes contre Israël ou à la torture de ses concitoyens). Hassan en reviendra, il réintégrera  le camp de Yarmouk où il créera des ateliers d'écriture et de vidéo ... Mais ça c'est Nathalie Bontemps, co-fondatrice de ChamS Collectif Syrie qui nous le dit, les larmes au yeux. Le film est terminé et c'est la lettre de la petite amie d'Hassan, qu'elle nous lit, alors que nous sommes encore engourdis dans les fauteuils de L'écran à Saint-Denis : peu de temps après son retour du service militaire, Hassan revenu à Yarmouk y travaille en tant que citoyen journaliste, et conçoit  des sketchs comiques racontant la vie des habitants du camp et des conditions qu'ils doivent supporter. Hassan s'est fait arrêter lorsqu' il a tenté de sortir du camp assiégé. Depuis, sa famille et ses amis n'ont plus de nouvelle de lui. Dans la salle nous avons, senti ce vide immense : le sentiment d'avoir perdu un ami dont nous venions de partager, l'engagement pour le cinéma, le théâtre et la culture mais  aussi la séance chez le coiffeur ou la discussion avec sa bien aimée  sur le prix d'un lit. Depuis nous savons la détresse et la torture quotidienne que vivent les réfugiés du camp de Yarmouk. 

Lectures à l'institut des cultures d'Islam à Paris 

Ce soir l'auteure de "Lettres de Syrie" Joumana Maarouf
, fera sa première apparition dans le cadre d'une lecture à Paris : "Au cours des deux années écoulées, Joumana Maarouf a entretenu depuis la Syrie une correspondance avec une amie contrainte par les événements à quitter son pays. Vivant de multiples situations et amenée à côtoyer des gens de tous bords, elle a livré dans ses "Lettres de Syrie" des descriptions puissantes et émouvantes, poignantes et éclairantes, de la réalité complexe à laquelle les Syriens sont confrontés depuis le début de la révolution dans leur pays, toutes communautés confondues". Ces lettres traduites par Nathalie Bontemps, ont également été publiées sur le blog "Un Œil sur la Syrie". Elles ont fait l'objet de lectures lors du Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient le dimanche 11 Mai, à la librairie Folies d'encre à Saint-Denis.

Samedi 24 MAI à 19 H 00 : lecture et débat  autour de "Lettres de Syrie", par la comédienne Laure-Mary Legay, en présence de l'auteure Joumana Maarouf, de sa traductrice et son éditeur Jean-François Delage, des éditions Buchet Chastel. La rencontre  est modérée par Sarah Delaunay de ChamS collectif Syrie.  L’Institut des Cultures d’Islam
, 19 rue Léon, 75018.

Lundi 16 juin à 20h : Soirée "Je vous écris de Syrie" à l' Opéra Comique - Page officielle : Dominique Blanc, Charles Berling, Micha Lescot et Darina Al Joundi liront des textes écrits en Syrie depuis le début du soulèvement en mars 2011. Poèmes, extraits de romans, mails, reportages… des chroniques qui nous racontent la tragédie, la guerre, la mort mais aussi la vie, la culture et l’esprit de résistance. Inscription sur faceboook : http://on.fb.me/Sezjbr

Lire les articles de la rédaction sur le siège du camp de Yarmouk et la tragédie que vivent ses habitants : http://www.mediapart.fr/journal/international/270214/syrie-la-situation-dramatique-du-camp-de-yarmouk

Autre article très éclairant sur la situation des habitants du camp   : http://blogs.mediapart.fr/blog/stephane-m/310114/mourir-de-faim-en-syrie-des-photos-de-yarmouk

Plus d'infos : https://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/syria-yarmouk-under-siege-horror-story-war-crimes-starvation-and-death-2014

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