Au laboratoire de la lenteur

Avec Les Temps Tiraillés, la chorégraphe Myriam Gourfink continue son travail sur la lenteur, le souffle et les nouvelles technologies. Le tout agrémenté d'une musique conçue en direct, sur la scène.

Avec Les Temps Tiraillés, la chorégraphe Myriam Gourfink continue son travail sur la lenteur, le souffle et les nouvelles technologies. Le tout agrémenté d'une musique conçue en direct, sur la scène.

 

Des corps qui se tirent, des muscles qui se tendent, un bras qui s'élève vers le ciel, un regard qui plonge vers le sol... Dans Les temps tiraillés, Myriam Gourfink explore la lenteur et la décomposition des mouvements. Sept jeunes femmes évoluent au centre de la scène, au coeur d'un dispositif d'écrans et de capteurs vidéo, assez futuriste, encadrées par deux ordinateurs, scrutées par une caméra. Sous la contrainte, on les sent observées, disséquées. Dans ce laboratoire de la lenteur, la musique écartèle les danseuses

 

Car il ne faut pas se méprendre : cette oeuvre n'est pas qu'une simple création chorégraphique. La musique, composée spécialement pour ce spectacle, est partie prenante de la chorégraphie. Aux manettes, le compositeur autrichien Georg-Friedrich Haas, qui jongle entre un basson, deux altos (présents sur scène) et un dispositif électronique pour concevoir des "glissanti électroniques" à vitesses variables... Cette création se veut une description du "rapport complexe entre l'écriture musicale et l'écriture chorégraphique : les temps tiraillés". Et effectivement, on ne sait qui du son ou du geste mène la danse...

 

 © © Eric Legay © © Eric Legay

 

La musique, lancinante, se reflète dans les mouvements des danseuses, d'une extrême lenteur -que Myriam Gourfink compare à l'immobilité du yoga. Tout est dans le détail, la précision, la profondeur et surtout le souffle.

 

Dans une seconde partie, la musique se fait alors plus faible. Pascal Gallois, au basson, tapote sur son instrument. Les altos s'expriment dans un long souffle. Les danseuses semblent alors respirer. Les mouvements deviennent plus coulants. Des relations se nouent entre les jeunes femmes. Des regards s'accrochent. C'est l'appaisement. Une projection vidéo des danseuses les accompagnent, interagissant avec elles.

 

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Les temps tiraillés de Myriam Gourfink (chorégraphie) et Georg-Friedrich Haas (Composition musicale)

jusqu'au 24 janvier au Centre Pompidou

 

Autres spectacles de Myriam Gourfink:

Corbeau - *Du 3 au 6 février à la MC2 - Grenoble

*Mardi 10 février à 19h et Mercredi 11 février à 20h - Théâtre de la Cité internationale

*Du mardi 26 mai au vendredi 29 mai à 19h30 - Centre National de la Danse Pantin

 

Photo : © Eric Legay

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