Le gouvernement de M. Hollande s'est inquiété des peurs des bailleurs et futurs bailleurs français, qu'on lui rapportait du monde d'en bas, au point de tempérer la loi gauchiste de Mme Duflot, dite loi ALUR. Pour l'informer un peu plus, n'ayons pas peur des chiffres et donnons un exemple:
12 000 euros de revenus: c'est ce qui exigible pour un appartement de 1000 euros, loué par 4 étudiants colocataires. C'est en effet la somme exigible, sous le régime largement majoritaire dit de la 'caution solidaire', par lequel passent un nombre grandissant d'étudiants contraints de co-louer la résidence qui les héberge le temps de leurs études. Par ce mécanisme, chaque co-locataire, s'acquittant d'un loyer de 250 euros, doit cependant se porter caution de la totalité du loyer, ce qui rend exigible un cautionnement de 3000 euros de revenus mensuels, pour chacun des locataires.
C'est un système bien évidemment absurde, où chaque locataire modeste doit néanmoins justifier de revenus considérables. Le pauvre propriétaire devra, lui, réclamer pas moins de 36 copies de documents à la maisonnée, avant de s'engager dans cette périlleuse location.
De nombreuses améliorations auraient été possible: interdire le cautionnement solidaire et imposer le cautionnement simple (par lequel chacun est responsable de sa quote-part); limiter les exigences salariales des bailleurs; imposer que ces exigences soient contractualisées à la mise en location. Mais ceci, aussi, ferait peur aux propriétaires et futurs investisseurs...