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Billet de blog 3 nov. 2021

Etre élu, quoiqu'il en coûte ?

Six mois pour éteindre tout feu électoral qui menacerait de s'étendre: les dindons ne doivent pas arriver rôtis au bout du parcours.

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Les prémisses de la campagne présidentielle révèleraient-elles la nature du candidat à sa ré-élection ? Comme le dit récemment François Hollande dont l'expérience en la matière vaut expertise, E. Macron n'aurait pas de convictions, sinon celles qui lui permettront d'être élu. Chaque menace électorale se doit alors d'être traitée, quoiqu'il en coûte, que ce soit pécunierement ou éthiquement.

On a donc vu le "pognon de dingue" se changer en petit lait, et le gouvernement arroser consciencieusement chaque électorat susceptible de contribuer à sa ré-élection.  M. Zemmour menace-t-il d'emporter le quart de l'électorat si on ne traque pas chaque migrant au coin de son bois ? On fait savoir à l'électeur que le bras de fer est engagé avec les pays récalcitrants à la réintégration de ses ressortissants, et on organise un Calais plus blanc que blanc. En matière d'écologie, professer le contraire de ses actes passés ne semble pas non plus un problème. Un vent d'opposition se lève-t-il contre les éoliennes ? Après avoir sommé les préfets de trouver coûte que coûte des territoires pour leur installation, il faut à présent les implanter avec discernement, écarter les mauvais projets, chanter les louanges du nucléaire et, pour ceux qui ne s'y résoudraient pas, découvrir le photovoltaïque. Y. Jadot propose-t-il des jours sans chasse, entrant ainsi en résonance avec une part grandissante de la population ? Après avoir concédé à son lobby tout ce qui pouvait l'être, il devient nécessaire "d'avoir un débat", selon Mme Pompili. Si les oiseaux votaient, M. Macron interdirait la glue et installerait des perchoirs chauffés.

Mais il serait en réalité injuste de dénier à E. Macron toute forme de conviction. Déjà, les atermoiements électoraux - qui ne sont en rien des décisions - pourraient être vite passés à la trappe, sitôt l'élection achevée. Ensuite, les concessions faites ne le sont que pour assurer que les seules véritables réformes qui comptent pour le président voient le jour. Ainsi, dépenser quelques centaines de millions, bercer de quelques illusions n'est-il rien en regard du rendement des réformes que le deuxième mandat mettra en oeuvre: celles des restrictions des retraites, de l'assurance chômage, et des droits sociaux en général, dont les gains se comptent en dizaines de milliards.

Il serait bien stupide de s'en voir privé par quelque limitation de vitesse, pingrerie de chèque énergie, ou réticence à ouvrir quelques droits virtuels, quand on est le candidat qui a songé que la démagogique suppression - bientôt illusoire - de la taxe d'habitation pouvait être la mesure apte à engranger les quelques points nécessaires à une élection. Nul doute que, dans ce jeu cynique, l'expérience malheureuse du candidat et ami Sarkozy, pourtant accompagnée de l'absence de toute prévention éthique, soit une source d'inspiration pour le candidat en poste.

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