Plus que la réputation d'un homme, les profits indus de la famille Fillon auront ruiné le discours d'un chef de guerre.
En effet, quel est l'argument de l'homme politique ? Le pays est ruiné, acculé, sa compétitivité s'effondre, au sein de l'Europe, comme dans le monde. Il est aussi assailli par le terrorisme, les vagues migratoires, le communautarisme. Seul un sursaut national peut permettre de sortir de la spirale du déclin. Pour organiser ce sursaut, un effort - littéralement de guerre - est nécessaire. Comme Churchill, F. Fillon ne promettait que sang, larmes et sueur.
Ce que viennent cependant ruiner les affaires Fillon, c'est l'idée d'une contribution universelle à cet effort de guerre: là ou le peuple brittanique, en 1940, était appelé à contribuer dans son ensemble, à égalité sous les bombes, à la résistance à l'ennemi universel du nazisme, les prébenbes de la famille Fillon révèlent que les préconisations du candidat s'apparentent plutôt aux prémices de la guerre de 14, à savoir envoyer au front les masses populaires, pendant qu'une caste de privilégiés - ou de non-concernés - compte bien continuer de bénéficier des retombées économiques du conflit. Dans cette optique, B. Hamon apparaît comme le candidat de la paix, ce que ses opposants s'empressent de qualifier de naïveté.
Ce ne sera donc pas la nécessité de défendre certaines valeurs morales - qui n'auront jamais été les leurs, en témoignent les changements de nom successifs d'un parti périodiquement compromis - qui conduiront ses amis à éloigner F. Fillon, mais celle de re-crédibiliser le discours de guerre. Une seule chose retient cependant le couperet de la droite: aucun Churchill n'est jamais sorti de ses rangs.
Billet de blog 5 février 2017
Fillon: un discours de guerre
Les prébendes de la famille Fillon ruinent un discours de guerre
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