Le journal Libération relate des déclarations de la députée C. Lemorton (PS), au sujet de la manifestation contre la loi travail, en cours au moment de ses déclarations.
La députée se livre à une ahurissante leçon sur la crédit qu'accorderait le gouvernement aux opposants à la loi, proportionné, selon elle, aux sacrifices consentis par la population pour ses protestations.
Disons à cette députée que ses leçons sont superflues. Nous savons la difficulté à revendiquer des conditions de travail digne, lorsque le chômage menace; qu'il sévit; que de maigres salaires dissuadent de la perte d'une journée de paie; que l'endettement qu'il faut à présent consentir pour se loger menace un précaire équilibre financier; que la raréfaction du travail et la position de force des employeurs dissuadent de poser une journée de grève; que la difficulté à s'insérer dans le marché du travail et la compétition malsaine qui s'ensuit dissuadent aussi de négliger ses études; que deux quinquenats de régressions sociales ont, années après année, étouffé les espoirs; que les dirigeants européens se donnent la main pour reprendre en choeur le sinistre refrain du "there is no alternative".
Aussi, Mme la député, gardez vos leçons. Dites nous votre opinion sur cette loi. Si, comme nous, elle vous scandalise, joignez-vous à nous. Sinon, restez où vous êtes; touchez votre confortable salaire (et bientôt la retraite qui va avec) et, surtout, taisez-vous.
"Ainsi Catherine Lemorton, la présidente de la commission des affaires sociales, «adepte des manifs dans un autre temps» estime que «la rue a son mot à dire» «A moi de me faire le relais de certaines de ses volontés», lâche-t-elle, avant de glisser sur les «limites» de la mobilisation dont elle pressent un succès en demi-teinte. «Elle s’exprime beaucoup par internet. Mais ce n’est pas 1 million de clics hostiles qui font bouger un gouvernement, c’est la rue.» Et puis, s’apercevant que cela ressemblerait presque à un appel à manifester, la députée toulousaine se reprend. «Moi je ne manipule pas les jeunes, ils font ce qu’ils veulent, mais ils devront mesurer leur audience… Les gens pensent appartenir à un collectif parce qu’ils utilisent un réseau social. Mais on n’est jamais aussi seule que derrière son écran. Le gouvernement va regarder ce que les manifestants sont capables de donner pour protester: du temps, des jours de salaire… Quand on se bat, il faut savoir donner de soi, savoir ce qu’on est prêt à perdre.» Mais l’élue le redit, «ceci n’est pas un appel à manifester».