La hargne répressive qui s'abat sur les occupants de la ZAD de N-D. des victoires a des fondements idéologiques que nous devrions nommer, car ce sont deux conceptions de la société qui s'affrontent.
D'un côté, certains zadistes prétendent être en droit de pouvoir vivre de leur seul travail, sans s'obliger à acquérir individuellement l'important capital terrien qui est habituellement celui de l'agriculture. Dans le même temps, ils contestent la production agricole traditionnelle intensive, au profit d'une production de proximité, dégagée des grands circuits commerciaux, y compris ceux des industriels de la chimie. Sont contestés aussi les notions de viabilité et de profits, pour celles de la subsistance et de la solidarité, dans le cadre de projets collectifs.
Un tel programme est une provocation pour celui qui n'a eu de cesse que de promouvoir le profit désincarné, pourvu qu'il soit susceptible d'équilibrer les comptes de la nation: fabrication et ventes d'armes à qui veut°; fabrication et vente de produits financiers sans fondements économiques ou éthiques; encensement du capital comme instrument d'exploitation d'autrui; promotion de l'opportunisme économique face aux problèmes sociétaux; promotion de l'individu "entrepreneur de soi-même"; innovation plutôt que réglementation; cécité diplomatique si le profit y trouve son compte; etc...
Les options de ce gouvernement, face à des jeunes qui prétendent faire des propositions innovantes, sont celles du vieux monde qu'il prétendait remplacer: celles de l'argent, du capital, de l'exploitation, du monopole. Ce gouvernement apparaît ici dans toute sa dimension réactionnaire, car il a déjà abandonné tout espoir de se vendre à gauche. Il lui faut maintenant capter à droite, pour durer le temps nécessaire à imposer son modèle de société. Un modèle de société que de plus en plus en plus de citoyens, et en particulier les jeunes, dénoncent comme sans valeurs et sans avenir.
(°) 15 milliards de chiffre d'affaires pour l'armement.