L'erreur économique primitive de F. Hollande (prédire, puis attendre un retournement économique qui ne viendra pas) s'interprète de deux manières orthogonales.
Dans la première - celle qui permet de continuer de donner raison au prédicateur malchanceux - il n'est question que de réglages à adapter encore, "d'édredon" à appuyer d'avantage. Dans la seconde, il serait question de faillite théorique - avec la sanction évoquée par le Président lui-même, qui ne se représenterait pas (mais, même lorsqu'il envisage les conséquences de ses erreurs, F. Hollande demeure dans l'extrapolation d'une situation 'normale'). Le problème, cependant, est qu'il se pourrait bien qu'il ne s'agisse pas simplement de deux manières de faire, mais que le problème et sa solution ne puissent se concevoir que dans l'un ou l'autre cadre: le premier que l'on peut qualifier de transformisme; le second de catastrophisme.
Comme il n'a pas échappé aux partisants du transformisme que des évolutions considérables affectaient notre monde de manière accélérée, ils ont pour certains tenté de loger l'option catastrophique dans des compartiments plus ou moins indépendants. C'est le cas de la révolution transition énergétique, dont le nom dit bien la volonté de cantonner la catastrophe à un domaine où elle n'aurait pas vocation à s'étendre. C'est aussi le cas de certains grands traités internationaux en discussion, qui aménageraient le cadre d'un capitalisme ré(trans)formable. Certains, modérément pessimistes, jugent que la catastrophe est inévitable, mais pensent qu'elle peut avoir lieu ailleurs et se trouver amortie par la distance et le morcellement: cela pètera ailleurs, en plusieurs endroits, mais pas chez nous. Dans les deux cas, "réforme" est le mot d'ordre, qui dit bien qu'il s'agit de modeler pour adapter la forme.
La plastique présidentielle est assurément transformiste: même sur ses erreurs, F. Hollande parie encore. A l'échelle présidentielle, il peut avoir raison. Ainsi, la conséquence d'un éventuel échec de sa politique pourrait n'être "que" le retour de la droite, dans un court avenir, bien que cela ne soit cependant pas assuré. A plus long terme, à l'échelle géologique des grandes données sociétales (comme celles gouvernant, par exemple, le flux des retraités, celui de la démographie, des disponibilités des matières premières, etc ...), lorsque son mandat aura été rapidement oublié, on pourra constater si le transformisme est une méthode pertinente, ou bien si elle ne colle tout simplement pas aux modes d'évolution de nos sociétés.
Billet de blog 20 août 2014
F. Hollande: un adepte du transformisme
Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.