Dettes du COVID: la BCE devra absorber

L'envolée des taux à 30 ans du trésor français atteste d'une chute de la fiabilité de la dette française. Le devenir de dettes nationales européennes devenues toujours plus irremboursables en fin de crise ne peut être qu'un effacement de facto par la BCE, mais la position de l'Allemagne sera déterminante.

Taux à 30 ans des bons du Trésor français Taux à 30 ans des bons du Trésor français
Les marchés ont commencé à anticiper que le remboursement sur le long terme de la dette française pourrait devenir problématique. Pour cette raison, on a vu une brusque remontée du taux d'emprunt à long terme de l'Etat français.
L'un des enjeux des récentes déclarations de la BCE était de calmer ce début de défiance, envers la France, mais aussi envers l'Italie, qui toutes deux ont du et devront emprunter massivement pour mettre en oeuvre leurs plans économiques et sanitaires de lutte contre l'épidémie.
Reste que la question du devenir de la dette accrue de ces pays se posera à l'issue de la crise. Il est sans doute exclu que la totalité de l'accroissement de la dette puisse être effacée par des mesures nationales (même s'il ne fait peu de doute que des mesures exceptionnelles seront prises pour en résorber une partie, et qu'il est probable qu'elles tenteront d'impliquer largement les salariés). Le plus probable est que la la BCE devra s'assoir définitivement sur une partie des rachats de dettes nationales auxquels elle aura procédé, pour les conserver ad vitam aeternam. Autrement dit, l'union européenne devra faire fonctionner la planche à billets gracieusement, avec peu de risques d'inflation compte-tenu de l'utilisation de nécessité des fonds concernés, et peu de risques de dévaluation de l'Euro, considérant des politiques similaires au niveau mondial. Si l'Allemagne devait s'opposer à cette politique, ce serait possiblement la fin de l'Euro.

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