N. Belloubet voit des "suggestions" dans le grand débat

Interviewée sur France Inter et interpellée par un auditeur, N. Belloubet affirme que les thématiques du grand débat ne sont que des "suggestions", et que tous les sujets seraient ouverts. Le site officiel du débat dit tout le contraire.

Les gilets jaunes veulent leur propre débat, plutôt que celui du gouvernement. Ont-ils vraiment tort ?
Avant même de passer à la délicate phase de la retranscription et de la synthèse, on ne peut qu'être frappé par la méthode, qui prétend organiser le débat selon quatre thématiques: transition écologique, fiscalité et dépenses publiques, démocratie, organisation de l'Etat et services publics. Cette méthode rappelle celle déjà employée pour cet autre grand débat qui vient de se clore: celui sur la réforme des retraites, dont la plupart des commentateurs firent et font encore l'économie d'en analyser les méthodes, ainsi que les premières synthèses et conclusions, telles qu'elle furent récemment délivrées par J-P. Delevoye.
Selon Mme Bellouvet, tous les sujets pourraient être abordés dans le grand débat, et les thématiques du gouvernement ne seraient que des "suggestions". Comme nous le reproduisons ci-dessous, et comme chacun peut s'en rendre compte en parcourant le site du gouvernement, les quatre thématiques sont impératives. Les réunions mêmes, que le site se propose de compiler et d'aider à organiser, doivent obligatoirement s'inscrire dans l'une des quatre thématiques officielles. Deux des trois prochaines grandes réformes du gouvernement (retraites, assurance chômage) ne 'rentrent' pas dans les quatre thématiques imposées. Certaines propositions des gilets jaunes non plus (en particulier le refus d'un système de retraite  par points), sans parler du contenu plus idéologique de l'appel de Commercy.
Quant aux "propositions", il s'agit proprement d'un abus de langage: seul le titre de la proposition peut être choisi, et il est hors de question d'argumenter une proposition. Tout le reste de la "proposition" n'est qu'un sondage, pas même objectivement conçu. On peut par exemple argumenter pour un "oui", mais pas forcément pour un "non". Ou bien encore, le "je ne sais pas" est une option discrétionnaire, quand cela permet de proposer une diversion supplémentaire.

Ces constatations concourent à accréditer l'idée que le grand débat n'est qu'une diversion, tandis que les réformes qui risquent d'abord un impact considérable sur le niveau de vie des français suivent imperturbablement leur cours. Espérons que cette dernière expression du mépris Macronien provoquera une autre saine colère.

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