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Billet de blog 24 novembre 2016

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Partenariat public-privé Tours-Bordeaux: une réussite signée F. Fillon

L'incroyable cafouillage du partenariat public-privé de la ligne Paris-Bordeaux

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La ligne à grande vitesse (LGV) Tours-Bordeaux, prolongeant le parcours Paris-Tours, est le premier exemple de ligne à grande vitesse réalisé à l'aide d'un partenariat public-privé, donnant lieu à une concession d'exploitation. Signé en 2011, entre Réseau Ferré de France et le groupe Vinci, la concession, approuvée par le gouvernement Fillon, devrait être opérationnelle en juillet 2017.
Financièrement, il s'agit grossièrement d'une moitié publique (Etat, collectivités locales, RFF) et d'une moitié consortium, elle-même composée d'un quart Vinci, un quart Caisse des Dépôts, et une moitié fonds d'investissement.
Si le décret validant la signature de cette concession comporte bien en annexe un exemplaire du contrat de concession, les modalités particulières d'établissement des péages supportés par la SNCF sont l'objet de l'annexe 12, qui est consultable au siège de RFF, "sous réserve du respect des secrets protégés par la loi"... Ce sont précisément ces redevances de passage gardées secrètes qui sont à l'origine de l'incroyable cafouillage de la naissance de cette ligne.
En novembre 2015, les banques supendaient les crédits à Vinci, l'argument étant celui d'une insuffisance de prévisions de trafic, qui aurait mis en péril l'équilibre financier de la ligne. En juin de la même année, ce sont les collectivités locales qui suspendaient leurs contributions, au motif similaire que les promesses de déssertes n'étaient pas au rendez-vous. C'était le cas, notamment, de Poitou-Charente.
De fait, la SNCF fait tout pour emprunter le moins possible la nouvelle ligne. Elle annonce d'ores et déjà que certains trains à grande vitesse économiques comme le Oui-Go ne pourront être mis en oeuvre sur cette ligne, du fait de la chèreté du péage. La SNCF pense aussi concentrer le flux de voyageurs et augmenter sa rentabilité en mettant en oeuvre des voitures à deux étages.
On se trouve donc dans l'incroyable situation où, seulement cinq années après la signature d'un contrat de concession, la SNCF et l'Etat semblent découvrir les implications économiques des mystérieux péages de la ligne Paris-Bordeaux.
 La SNCF tente, à présent, de circonscrire le coûteux contrat: les propositions d'horaires récemment publiés suppriment un certain nombre de déssertes, avec en particulier la substitution d'omnibus aux directs, absorbant ainsi une partie du gain de temps obtenu.

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