Avec la proposition de suppression de déductibilité de la CSG, il est à craindre que les impots ne franchissent un nouveau seuil, démontrant qu'ils quittent la logique de la proportionnalité des efforts et des moyens, pour s'apparenter désormais à "l'enrichissement sans cause", version Bercy.
Tant que nos concitoyens avaient le sentiment que l'augmentation des impôts et taxes s'opérait dans la logique mainte fois rabachée d'un effort collectif proportionné aux moyens de chacun (dans le cadre d'une "justice sociale", donc), une adhésion semblait possible. Dès lors que l'impôt semble n'avoir plus d'autre logique, pour s'étendre, que de capter les fonds partout où il se trouvent, quelque soit la situation de ceux qui les détiennent, quelqu'en soit l'origine, une telle adhésion ne semble plus possible.
La suppression de la déductibilité appartient à ce dernier cas de figure, puisqu'elle aurait pour conséquence que chacun paierait des impôts sur des revenus jamais perçus (ce qui est déjà en partie le cas, la déductibilité n'étant que partielle). Il serait faux de croire qu'elle ne toucherait que les plus gros contribuables, les petits épargnants devant actuellement s'y soumettre, ou se contenter de dividentes de leur épargne inférieurs à l'inflation de leurs dépenses contraintes (le Livret A, le LDD).
Certes, l'esthétique d'une fiscalité plus juste avait déjà beaucoup souffert de l'augmentation de la CSG et de la TVA, impôts tous deux non progressifs. Cette nouvelle mesure - si elle devait s'appliquer - contribuerait à montrer que, décidémment, le roi-collecteur d'impôts est nu.
Billet de blog 25 février 2014
Les impots franchissent-ils le mur de la logique?
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