Homosexualité: le pape devrait plutôt s'occuper du cul de son église

Le dernier commentaire du pape, mêlant à la charité chrétienne la très naïve prescription psychiatrique, nous rappelle plutôt que, si problème sexuel il y a, il se trouve du côté de l'église.

Le dernier commentaire du pape, mêlant à la charité chrétienne la très naïve prescription psychiatrique, nous rappelle plutôt que, si problème sexuel il y a, il se trouve du côté de l'église. Les constats de milliers de cas aux Etats-unis, de milliers d'autres en Europe, indiquent qu'on ne peut considérer le problème comme l'émergence de quelque rareté du comportement. De même, les regrets maintes fois répétés, sans qu'aucune réforme de fond ne soit envisagée, n'indiquent-ils pas que l'on considère le problème comme une sorte d'accident de l'histoire ?


Le constat d'un dysfonctionnement si répandu qu'il en devient constitutif d'un système devrait appeler une telle réforme; la crise qui traverse les vocations ecclésiastiques aussi. Cette réforme pourrait être celle de la constitution d'un deuxième ordre de prêtrise, où le mariage serait autorisé, comme il l'est pour les rabbins, les imams, les diacres, les églises catholiques orientales...  L'abolition d'une contrainte absolue, qui ne repose sur aucun dogme, permettrait que s'expriment plus librement les caractères des hommes et des femmes (autre réforme souhaitable) servant l'église.

Bien sûr, de telles réformes n'élimineraient pas à coup sûr la survenance d'abus sexuels, pas plus qu'on ne pourrait les éliminer totalement des milieux au contact d'enfants. Cependant, l'instauration d'une société où la sexualité serait naturelle et diverse créerait sans doute un espace de parole, où les doutes et les craintes de chacun en cette matière trouveraient à s'exprimer plus librement.

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