Certains politiques savent mieux que d'autres tirer parti de toute chose, et transformer tout plomb en or. Ce pourrait être le cas des conservateurs européens, auxquels l'ectoplasme F. Hollande semble avoir (bien imprudemment ?) tendu la main, en semblant donner des gages à cette partie grandissante de l'électorat qui lui échappe.
En annonçant de manière vague et sujette à toutes les interprétations que l'Europe ne devrait plus s'occuper de tout, pour se concentrer sur ce qui serait la préoccupation bruyamment énoncée par les électeurs, il fait possiblement le jeu des conservateurs européens, qui ne demandent qu'à exploiter les pires travers de l'Europe tout en dénonçant l'existence.
De quels travers devrait-on en effet débarrasser le continent ? De son interventionnisme en matière de politique agricole ? De son ingérence en matière d'environnement ? De ses initiatives de santé publique ? De ses préoccupations concernant la justice; la démocratie; les droits de l'Homme ?
Toutes ces choses, les conservateurs rêvent d'en débarrasser l'Europe, car elles sont, avec les droits sociaux et la réglementation du travail, des obstacles à leurs profits, lorsqu'ils sont contraints de les réaliser sur le territoire européen. Ne resterait plus alors que la facilitation de leur business, ce qui est évidemment ce à quoi aspire le citoyen européen, puisqu'il serait désireux avant tout de travail pour tous.
Non content d'avoir produit une apparition télévisuelle ectoplasmique, en réponse à la sommation des électeurs, F. Hollande accompagne de son aura enfumée de telles opportunités conservatrices en Europe. En annonçant qu'on pourrait débarrasser la France de certaines 'pesanteurs' liées au droit du travail, il devance en fait ces initiatives européennes, et montre le chemin à ceux pour qui les fumées Hollandaises pourraient avoir laissé quelque doute.
Billet de blog 31 mai 2014
Opportunisme européen: le spectre de Hollande montre la voie
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