Otrava Gamas
Résistant à la dictature chaviste de mon pays: Venezuela
Abonné·e de Mediapart

221 Billets

0 Édition

Billet de blog 2 mai 2018

Otrava Gamas
Résistant à la dictature chaviste de mon pays: Venezuela
Abonné·e de Mediapart

Nicaragua: comment en sommes nous arrivés là

Afin de comprendre la toile de fond de la mobilisation sociale contre le gouvernement Ortega-Murillo au Nicaragua, nous publions ci-dessous des notes complémentaires d’Oscar René Vargas à son article intitulé: «Un tournant politique et social, dans le cadre de nouveaux rapports de forces». (Réd. A l’Encontre)

Otrava Gamas
Résistant à la dictature chaviste de mon pays: Venezuela
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Par Oscar René Vargas

On pourrait dire qu’il y a plusieurs facteurs. Je vais énumérer les plus significatifs, sans les hiérarchiser.

1- Les promesses illusoires répétées vendues à la population mais jamais réalisées. En fin de compte, les citoyens et citoyennes ont cessé de croire ce que le gouvernement disait. Que ce soit à propos du Canal trans-océanique, de l’incendie de la raffinerie sur la côte pacifique, promesse depuis 2012 du lancement d’un satellite, les péripéties relatives à la construction d’une usine d’aluminium, etc. Tous ces engagements trompeurs sont devenus un problème pour le gouvernement.

2- La question environnementale et de l’eau potable. La destruction des forêts: Bosawás, Dipilto, Chinandega, Indio Maíz; la contamination de l’eau potable dans la région de Chinandega, León, Lago Cocibolca, ainsi que les lacs de Masaya, Tiscapa, Xiolá, etc. Ces problèmes ont été dénoncés au fil des ans. L’éclatement du considérable incendie qui a touché la réserve biologique Indio Maíz (située dans le sud-est du Nicaragua, en bordure du fleuve San Juan et d’une surface de 2700 kilomètres carrés), et l’impéritie du gouvernement, a fait apparaître la dégradation environnement comme un problème à l’échelle du pays et non plus local.

3- Les fraudes électorales répétées en 2016 et 2017. L’abstentionnisme des citoyens était une modalité d’expression de leur mécontentement. Le gouvernement a mal interprété le message: il pensait qu’il s’agissait d’apathie et non d’un rejet silencieux de la fraude électorale.

4- L’élection à la vice-présidence de Rosario Murillo [épouse de Daniel Ortega] a été une déclaration interprétée comme ouvrant la possibilité d’une nouvelle dynastie. C’est pourquoi cet événement inséré dans la conscience historique a rappelé l’existence de la dynastie Somoza. Le pire, c’est que Rosario Murillo a fait construire des chayopalos [des faux «arbres» décoratifs, dits «arbres de vie»] qui ont été interprétés comme une manifestation d’arrogance et de dépenses inutiles. [Ce n’est pas un hasard s’ils ont été sciés et renversés lors des dernières manifestations.]

5- La corruption, l’argent envoyé par le pouvoir vénézuélien, l’enrichissement inexplicable de nombreux fonctionnaires. L’impunité accordée à tous les cas dénoncés et rapportés par les médias. Le gaspillage de l’argent vénézuélien. Le Nicaragua a perdu une occasion historique d’effectuer un progrès dans son développement si cet argent avait été investi rationnellement.

6- Les effets des mesures économiques que le gouvernement a appliquées tout au long de la période 2007-2018 avec des conséquences qui sont devenues évidentes: chômage, emploi informel, pauvreté, inégalité sociale, concentration des richesses, etc.

7- Une stratégie erronée reposant sur la croyance qu’il suffisait d’avoir établi une alliance avec le grand capital et de placer dans une position subordonnée les dirigeants des partis faisant de la figuration et ayant un statut de parasite.

8- La goutte qui a fait déborder le vase: la contre-réforme de l’Institut national de sécurité sociale (INSS), qui impliquait une baisse des allocations pour les retraités et une augmentation des cotisations pour les salariés et les employeurs. (Managua, 25 avril 2018; traduction A l’Encontre)

https://alencontre.org/ameriques/amelat/nicaragua/nicaragua-comment-en-sommes-nous-arrives-la.html

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Justice
À Nice, « on a l’impression que le procès de l’attentat a été confisqué »
Deux salles de retransmission ont été installées au palais Acropolis, à Nice, pour permettre à chacun de suivre en vidéo le procès qui se tient à Paris. Une « compensation » qui agit comme une catharsis pour la plupart des victimes et de leurs familles, mais que bon nombre de parties civiles jugent très insuffisante.
par Ellen Salvi
Journal — Santé
Crack à Paris : Darmanin fanfaronne bien mais ne résout rien
Dernier épisode de la gestion calamiteuse de l’usage de drogues à Paris : le square Forceval, immense « scène ouverte » de crack créée en 2021 par l’État, lieu indigne et violent, a été évacué. Des centaines d’usagers de drogue errent de nouveau dans les rues parisiennes.
par Caroline Coq-Chodorge
Journal — Justice
Un refus de visa humanitaire pour Hussam Hammoud serait « une petite victoire qu’on offre à Daech »
Devant le tribunal administratif de Nantes, la défense du journaliste syrien et collaborateur de Mediapart a relevé les erreurs et approximations dans la position du ministère de l’intérieur justifiant le rejet du visa humanitaire. Et réclamé un nouvel examen de sa demande.
par François Bougon
Journal — Euro
La Réserve fédérale des États-Unis envoie l’euro par le fond
Face à l’explosion de l’inflation et à la chute de l’euro, la Banque centrale européenne a décidé d’adopter la même politique restrictive que l’institution monétaire américaine. Est-ce la bonne réponse, alors que la crise s’abat sur l’Europe et que la récession menace ?
par Martine Orange

La sélection du Club

Billet de blog
Un chien à ma table. Roman de Claudie Hunzinger (Grasset)
Une Ode à la Vie où, en une suprême synesthésie, les notes de musique sont des couleurs, où la musique a un goût d’églantine, plus le goût du conditionnel passé de féerie à fond, où le vent a une tonalité lyrique. Et très vite le rythme des ramures va faire place au balancement des phrases, leurs ramifications à la syntaxe... « On peut très bien écrire avec des larmes dans les yeux ».
par Colette Lallement-Duchoze
Billet de blog
« Mon pauvre lapin » : le très habile premier roman de César Morgiewicz
En constant déphasage avec ses contemporains, un jeune homme part rejoindre une aieule à Key West, bien décidé à écrire et à tourner ainsi le dos aux échecs successifs qui ont jusqu’ici jalonné sa vie. Amusant, faussement frivole, ce premier roman n’en oublie pas de dresser un inventaire joyeusement cynique des mœurs d’une époque prônant étourdiment la réussite à n’importe quel prix.
par Denys Laboutière
Billet de blog
Nazisme – De capitaine des Bleus à lieutenant SS
Le foot mène à tout, y compris au pire. La vie et la mort d’Alexandre Villaplane l’illustrent de la façon la plus radicale. Dans son livre qui vient de sortir « Le Brassard » Luc Briand retrace le parcours de cet ancien footballeur international français devenu Allemand, officier de la Waffen SS et auteur de plusieurs massacres notamment en Dordogne.
par Cuenod
Billet de blog
Suites critiques aux « Suites décoloniales ». Décoloniser le nom
Olivier Marboeuf est un conteur, un archiviste, et son livre est important pour au moins deux raisons : il invente une cartographie des sujets postcoloniaux français des années 80 à aujourd’hui, et il offre plusieurs outils pratiques afin de repenser la politique de la race en contexte français. Analyse de l'essai « Suites décoloniales. S'enfuir de la plantation ».
par Chris Cyrille-Isaac