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Billet de blog 6 avr. 2018

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Venezuela Infos: La chine s’approprie du pétrole vénézuélien

Au Venezuela, la chute de la production de pétrole, liée aux difficultés économiques du pays, et au mauvais état des installations de la compagnie pétrolière étatique, PDVSA, livre le pays au bon vouloir de ses créanciers.

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Ceux-ci pourraient profiter de cette situation pour prendre le contrôle sur une grande partie de l’industrie pétrolière du pays, affirme un think tank américain..

La production de pétrole du Venezuela s’est encore effondrée de 100 000 barils par jour en mars. PDVSA, la compagnie pétrolière d’État du Venezuela, est au bord de l’effondrement en raison des problèmes de récession, d’inflation galopante, de pénurie et de criminalité du pays. Sa production a atteint son plus bas niveau en 30 ans. L’année dernière, les installations de PDVSA, mal entretenues, n’ont tourné qu’à 20 % de leur capacité. Cette chute de la production alimente une spirale infernale pour le pays : comme les ventes de pétrole sont en baisse, les recettes sont insuffisantes pour investir et entretenir les installations, ce qui aboutit à une nouvelle baisse de la production.

Les prêteurs du Venezuela en situation d'imposer leurs conditions

Mais il y a pire : la Russie, et surtout la Chine, les créanciers historiques du Venezuela, pourraient profiter de cette situation pour prendre le contrôle de l’industrie pétrolière dont dépend l’intégralité de l’économie vénézuélienne. C’est ce qu’affirme le groupe de réflexion Center for Strategic & International Studies (CSIS), basée à Washington.

Dans son rapport, il explique que la Chine a exploité la situation désespérée du Venezuela pour le forcer à signer des accords qui lui sont surtout profitables à elle, et qui risquent d’aggraver les difficultés économiques du pays.

Au cours des 10 dernières années, la Chine aurait accordé plus de la moitié des prêts qu’elle a consentis en Amérique latine au Venezuela. Au total, ce dernier lui aurait emprunté 62 milliards de dollars (environ 50 milliards d'euros), et encore aujourd’hui, la Chine demeure le plus gros créancier du pays, qui reste lui devoir 23 milliards de dollars (environ 19 milliards d'euros). Pendant des années, le Venezuela a remboursé ses prêts en nature, avec des livraisons de pétrole. L’année dernière, par exemple, il aurait envoyé environ 330 000 barils à la Chine, pour lesquels il n’a donc rien perçu en échange.

Le mois dernier, Reuters a rapporté que la Chine commençait à perdre patience, et qu’elle avait indiqué qu’elle ne voulait plus prêter d’argent au Venezuela.

Un manque de transparence qui favorise la corruption

De plus, les circuits des prêts empruntés par la Chine sont opaques. Selon le CSIS, les capitaux transitent par Hong Kong, et sont souvent adressés à des destinations non précisées. Pour le Venezuela, un pays aux prises avec une corruption rampante, ce manque de transparence est une malédiction de plus. "La communauté internationale devrait se montrer sceptique à l’égard des arrivées continuelles de capitaux intraçables affluant dans un pays avec une histoire de corruption, de narco-trafic, et sans aucuns freins et contrepoids", écrit le CSIS dans son rapport.

Plutôt que d’acheter de la nourriture et des produits de base dont le peuple vénézuélien manque cruellement, cet argent est consacré à l’achat d’armes, ce qui explique pourquoi le Venezuela est le 21e pays le plus dépensier en armement, et même le premier en Amérique latine.

Un pays au bord du défaut de paiement

En conséquence, le pays est au bord du défaut de paiement avéré. Le CSIS affirme qu’il n’a pas honoré le paiement de ses obligations souveraines depuis septembre 2017, et qu’il serait actuellement en état de défaut sur 16 obligations souveraines pour un total de 1,81 milliard de dollars (environ 1,47 milliard d'euros). Et cela ne devrait pas s’arranger, puisque le pays doit rembourser 9 milliards de dollars de dettes (environ 7 milliards d'euros) qui tomberont à échéance cette année.

Si le pays tombe véritablement en défaut de paiement, il n’aura plus guère d’autre choix que d’accepter que ses créditeurs, au premier rang desquels la Chine et la Russie, s’emparent de la majorité de son pétrole, ne lui laissant plus que la portion congrue.

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