Otrava Gamas
Résistant à la dictature chaviste de mon pays: Venezuela
Abonné·e de Mediapart

221 Billets

0 Édition

Billet de blog 14 avr. 2018

Otrava Gamas
Résistant à la dictature chaviste de mon pays: Venezuela
Abonné·e de Mediapart

Venezuela infos: La faim accable les travailleurs du secteur pétrolier

La production de pétrole devrait empêcher le Venezuela de sombrer économiquement. Cependant, même dans ce secteur, l'activité a chuté à son niveau le plus bas. La compagnie pétrolière vénézuélienne Petroleos de Venezuela, propriété de l'Etat (PdVSA), ne peut plus fonctionner correctement.

Otrava Gamas
Résistant à la dictature chaviste de mon pays: Venezuela
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L'entreprise, pivot économique du Venezuela, voit sa production diminuer à cause du manque de ressources financières pour l'entretien et les réparations. Par ailleurs, Petroleos doit également faire face à une pénurie d'employés. Cependant, un autre problème accable maintenant l’entreprise : la faim parmi ses effectifs, rapporte World Oil.

Beaucoup de travailleurs sont actuellement mal nourris et n'ont plus la force de travailler.

Corruption

"Pour de nombreux employés, la recherche de nourriture pour leur famille est devenue plus importante que le travail", expliquaient les porte-paroles des syndicats vénézuéliens à la fin du mois de février. "Beaucoup d'employés démissionnent donc ou s'absentent. L'absentéisme et les démissions de masse font en sorte qu'il reste peu de personnes pour produire le pétrole qui permet à l'économie déchirée de continuer à fonctionner".

Il y a seize ans, la production de Petroleos atteignait un niveau record de 3,3 millions de barils par jour, contre 1,77 million de barils au début de cette année.

Les problèmes à Petroleos ont commencé lorsque des gestionnaires compétents ont été remplacés par des fidèles du gouvernement socialiste et lorsque des revenus ont été canalisés vers des projets secondaires et vers toutes sortes d'activités de corruption. Finalement, il n'y a plus eu assez d'argent pour maintenir le fonctionnement et l'entretien conformes aux normes.

L'entreprise semble également être dans l'incapacité d'embaucher suffisamment d'employés. Cette situation se devrait principalement au manque de nourriture parmi la population. À cause de cette pénurie d'aliments, de nombreux Vénézuéliens ne sont plus en mesure de travailler. Selon une étude réalisée par trois universités du Venezuela, l'habitant moyen a perdu 12,5 kg en 2017. Plus de 61% des répondants ont également affirmé qu'ils avaient dû rester au lit affamés au cours des trois derniers mois.

Selon un dirigeant syndical de PDVSA, dans l'Etat de Zulia, 12 travailleurs sous-alimentés se se sont effondrés en novembre et ont dû être écartés des plate-formes de forage.

Travail de rêve

Pendant des décennies, Petroleos était un travail de rêve. L'entreprise fournissait aux travailleurs des emplois financièrement et socialement intéressants et leur offrait également de bons repas dans ses restaurants. De nos jours, tout cela a disparu.

De nombreux employés sont partis travailler en tant que chauffeurs de taxi, plombiers ou fermiers. Alors que certains luttent pour rester autant qu'ils le peuvent, d'autres préfèrent émigrer. Sur les murs d'un bureau des ressources humaines, un panneau indique que la limite des démissions est fixée à cinq par jour.

"La direction retient les travailleurs afin de stopper la fuite des cerveaux", a expliqué José Bodas, secrétaire général de la Fédération unitaire des travailleurs du pétrole vénézuélien

Dans la raffinerie de Puerto La Cruz, cinq cents employés ont démissionné au cours des douze derniers mois.

En raison de l'effondrement de l'économie vénézuélienne, de nombreux habitants ruraux du pays doivent se contenter d'un régime alimentaire d'à peine 400 calories par jour. Selon les scientifiques de l'Université centrale du Venezuela, l'autorité sanitaire recommande un minimum de 2.300 calories par jour. Selon John Hoddinott, nutritionniste à l'Université Cornell, au moins 3.600 calories par jour sont nécessaires pour effectuer un travail pénible.

Les employés impliqués risquent d'être affaiblis pour pouvoir intervenir rapidement et efficacement en cas d'urgence, de sorte que le risque d'accident augmente, ont expliqué les chercheurs. En raison de l'absentéisme croissant, les employés restants ont également moins de temps pour récupérer.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — International
Coupe du monde au Qatar : le Mondial de trop
Que le Mondial de foot se joue au Qatar ou ailleurs, l’exaspération démocratique et sociale face à la crise climatique et à l’inégalité des richesses impose aux grandes compétitions de changer de modèle. Il faut documenter et dénoncer la confiscation du football par des instances sportives et politiques ultralibérales. En espérant que les prises de conscience changeront enfin le cours des événements sportifs. 
par Stéphane Alliès
Journal — Sports
Indonésie : au moins 125 morts dans l’une des pires tragédies de l’histoire du foot
Prises au piège entre des supporteurs en colère et une riposte policière disproportionnée, au moins 125 personnes sont mortes piétinées ou asphyxiées dans un stade de la ville de Malang, à Java. 
par La rédaction de Mediapart
Journal — Justice
Blanchiment d’argent : le site Winamax se brûle au jeu
Une enquête judiciaire montre que la plateforme de paris en ligne a violé plusieurs de ses obligations légales en matière de lutte contre le blanchiment d’argent. L’entreprise n’a pas fait le moindre signalement à Tracfin pendant plus de sept ans.
par Yann Philippin et Jean Letellier
Journal — Terrorisme
Ces ratés que « Kill Bil » n’a pas voulu voir
Françoise Bilancini, la directrice de la DRPP, a dénoncé devant ses ministres de tutelle puis devant la représentation nationale, les failles de son service quand il était dirigé par son prédécesseur. Mais elle a omis de leur communiquer les ratés commis depuis qu’elle est à sa tête.
par Matthieu Suc

La sélection du Club

Billet de blog
Iran - Pour tous les « pour »
Les messages s'empilent, les mots se chevauchent, les arrestations et les morts s'accumulent, je ne traduis pas assez vite les messages qui me parviennent. En voici un... Lisez, partagez s'il vous plaît, c'est maintenant que tout se joue.
par sirine.alkonost
Billet de blog
Appelons un chat un chat !
La révolte qui secoue l'Iran est multi-facettes et englobante. Bourrée de jeunesse et multiethnique, féminine et féministe, libertaire et anti-cléricale. En un mot moderne ! Alors évitons de la réduire à l'une de ces facettes. Soyons aux côtés des iranien.nes. Participons à la marche solidaire, dimanche 2 octobre à 15h - Place de la République.
par moineau persan
Billet de blog
Artistes, écrivains et journalistes iraniens arrêtés
Une traduction de la chanson « Barayé » (Pour...) du chanteur Shervin Hajipour, arrêté le 29 septembre.
par Mathilde Weibel
Billet de blog
Voix d'Iran - « Poussez ! »
À ce stade, même s'il ne reste plus aucun manifestant en vie d'ici demain soir, même si personne ne lève le poing le lendemain, notre vérité prévaudra, car ce moment est arrivé, où il faut faire le choix, de « prendre ou non les armes contre une mer de tourments ».
par sirine.alkonost